Capture One 4.0 - Mieux vaut tard que jamais...

La société danoise Phase One fait, depuis de nombreuses années, partie du club très fermé des fabricants de dos numériques moyen format. Bien que réservé, au début, aux dos numériques de la marque, Capture One est un des logiciels de développement RAW les plus réputés, aussi bien pour sa qualité du dématriçage que pour son interface utilisateur et son traitement multitâche – privilégiant une conversion rapide de multiples fichiers RAW. Toutefois, les six dernières années ont métamorphosé le monde du traitement d’image. La démocratisation des appareils reflex numériques et la popularité croissante du format RAW ont incité de nombreux éditeurs à concevoir de produits concurrents tout aussi performants. Les difficultés de Phase One se sont amorcées en 2004 avec le départ du développeur en chef Michael Jonsson chez Pixmantec (éditeur du logiciel RawShooter, ingurgité depuis par Adobe), puis se sont poursuivies depuis avec l’arrivée d’un nouveau type de logiciel « tout-en-un », beaucoup plus complet et prenant en charge l’intégralité du flux de travail d’un photographe – Apple Aperture et Adobe Photoshop Lightroom.


“Bulles de glace”, Canon EOS 1Ds, EF 100 mm f/2.8 Macro

En effet, les deux logiciels « tout-en-un » ont de quoi déconcerter les créateurs d’un logiciel « classique » tel Capture One et je suppose que la sortie tardive de Capture One 4.0 ait été en partie engendrée par une recherche de stratégie commerciale face aux deux géants Apple et Adobe. Vue sous cet angle, la version finale, enfin disponible en téléchargement sur le site de Phase One, déçoit quelque peu. Au lieu d’intégrer des modules pour le catalogage, l’impression et la création de pages Web, la nouvelle mouture de Capture One (qui remplace la version allégée du logiciel, Capture One LE…) se cantonne à une révision complète de l’interface utilisateur et l’ajout de quelques rares fonctionnalités néanmoins bienvenues.

Interface utilisateur

Cédant à une « nouvelle vague noire », instaurée par Aperture et reprise depuis par Lightroom, LightZone, DxO Optics Pro et Silkypix, la nouvelle interface (commune à Windows et Mac OS 10) comporte trois volets que vous redimensionnerez par un glisser/déposer, en cliquant sur la bordure de chaque volet. La fenêtre d’aperçu (Viewer) domine l’interface, suivie du panneau d’outils (que vous positionnerez au choix à gauche ou à droite de l’aperçu), puis de l’explorateur de fichiers (Browser). Le panneau d’outils se compose de dix onglets qui regroupent l’ensemble des commandes nécessaires pour sélectionner, traiter et développer ses images, d’autres outils sont accessibles à travers d’une barre d’outils située sur la partie supérieure de l’écran.
Contrairement à son aîné, Capture One 4.0 s’appuie sur de nombreux raccourcis clavier, dont certains modifient la disposition des différents panneaux dans la fenêtre : Ctrl. /Cmd +T masque ou affiche la barre d’outils, Ctrl. /Cmd + Maj. +T modifie sa position sur l’écran (gauche/droite), Ctrl. /Cmd +B masque ou affiche l’explorateur de fichiers, Ctrl. /Cmd + Maj. +B le place en bas de l’écran.

Voici quatre modes d’affichage :

L’explorateur de fichiers est ici caché (Ctrl. /Cmd +B)

Seul l’explorateur de fichiers s’affiche – vous pouvez ajuster la taille d’affichage des vignettes à l’aide du curseur Zoom, situé dans l’angle supérieur droit de la fenêtre

 



Grâce au raccourci clavier Ctrl. /Cmd +T, j’ai pu masquer le panneau d’outils

En sélectionnant quelques images (<12) dans l'explorateur de fichiers, puis en appuyant sur l'icône "Show All" (en haut à gauche), vous pouvez les afficher dans la fenêtre principale, tout en variant leur taux d'agrandissement - c'est la manière la plus simple pour trouver la meilleure image d'une série..

Métadonnées

Très souvent sous-estimées et sous-exploitées , les métadonnées (EXIF, IPTC, XMP, XML…) comportent de nombreuses informations pouvant être utilisées par certains logiciels pour cataloguer, enregistrer les réglages de manière non destructrice, ou pour corriger certaines aberrations en fonction de la sensibilité ISO (bruit) ou de l’objectif employé (aberrations chromatiques, vignetage et distorsion). Version allégée d’un logiciel à ambitions professionnelles, Capture One 4.0 n’offre qu’une gestion assez limitée des métadonnées.

Adoptant le format XML, les fichiers de réglages de Capture One sont, hélas, incompatibles avec ceux des logiciels Adobe

Les métadonnées EXIF, enregistrées par l’appareil photo, sont affichées dans l’onglet Metadata (sections EXIF-Camera et EXIF-Exposure), puis préservées lors de la conversion du fichier RAW au format TIFF, DNG ou JPEG. Vous pouvez ajouter une légende ainsi qu’un copyright à chaque image – les données sont enregistrées dans un fichier à l’extension. cos (compatible.XMP), lui-même enregistré, au sein du sous-dossier PhaseOne>Settings, dans le dossier d’images.

Format DNG

Conçu par Adobe comme un format ouvert d’archivage des fichiers RAW, le format DNG est déjà pris en charge par plusieurs dizaines d‘éditeurs de logiciels, dont Extensis, Canto, Apple et iView. Certains fabricants de matériel photo (Hasselblad, Leica, Ricoh, Pentax et Samsung) proposent, quant à eux, des appareils directement compatibles avec ce format. Le nouveau « format RAW universel » peine encore à s’imposer auprès des fabricants plus importants (Canon, Nikon, Sony), mais il peut être intéressant d’enregistrer une copie de ses fichiers RAW au format DNG pour « garantir » l’accès durable aux photographies archivées. Basé sur les spécifications TIFF 6.0, le format DNG n’est qu’un simple « conteneur à contenu variable » qui peut contenir soit les données brutes d’un appareil, soit un fichier Bitmap dématriçé.
Ne sachant décrypter et enregistrer que les fichiers RAW – DNG, Capture One préserve l’état « brut » des fichiers lors de l’enregistrement – contrairement à d’autres logiciels qui effectuent un dématriçage, tout en appliquant les réglages du logiciel – ce qui est parfait lorsqu’on souhaite enregistrer une copie conforme de ses fichiers au format RAW « universel » d’Adobe.

Canon EOS 1Ds, EF 100 mm f/2.8 Macro

Onglet Library (Bibliothèque)

N’espérez pas trouver un module de gestion d’images et catalogage aussi sophistiqué que celui de Lightroom. Cependant, Capture One offre tout de même quatre méthodes pour accéder aux fichiers stockés sur disque(s) dur(s) :
• Grâce à l’onglet Application Folders (Dossiers de l’application) vous accèderez directement aux trois dossiers composants le dossier Session, détesté par de nombreux utilisateurs du logiciel : le dossier Move-To folder reçoit les images lors de l’importation à partir d’une carte ou d’un appareil photo, Output Folder les fichiers développés et Trash folder les images supprimés à l’aide de la commande Delete (Supprimer).
• L’onglet Albums permet la création de dossiers virtuels, qui, tout comme les collections de Lightroom, regroupent des images de différentes origines (dossiers ou disques durs) selon des critères personnelles. Contrairement à un dossier physique, il n’est pas nécessaire d’y copier les images pour qu’ils apparaissent dans un album — seul le chemin d’accès est mémorisé par le logiciel. Pour créer un album, faites un clic droit sur la cartouche Albums, sélectionnez la commande New Album parmi les entrées du menu contextuel, puis faites glisser les images sélectionnées à partir de l’explorateur de fichiers sur l’onglet Albums.
• L’onglet Favorite Folders permet de mémoriser vos dossiers d’images favoris.
• L’onglet Folders reproduit l’arborescence des fichiers sur vos disques durs.

Notez qu’il n’est plus nécessaire de créer une nouvelle session (qui comprend les trois sous-dossiers de l’onglet Application Folders ) pour importer et développer ses images – les utilisateurs du Mac, confrontés à cette gestion assez contraignante et surtout déroutante des anciennes versions du logiciel, peuvent donc enfin souffler. Cependant, la suppression des sessions a un prix : dès que vous développez un fichier RAW, le logiciel place dans le dossier source un dossier CaptureOne qui contient les fichiers cache nécessaires pour mémoriser les modifications et pour stocker les vignettes générées par le logiciel …

Instantanés et Piles


Introduit par le défunt RawShooter, le concept de la copie virtuelle a été repris depuis par Lightroom (qui hérite d’autres fonctionnalités de RawShooter) et apparait maintenant dans la quatrième version de Capture One. Il s’agit en fait de copies virtuelles d’un fichier existant, dont les réglages ne sont pas appliqués et enregistrés dans un nouveau fichier, mais émulés grâce à un fichier annexe qui répertorie les modifications par rapport au fichier maître. Cela permet d’obtenir plusieurs versions d’un même fichier, sans pour autant encombrer les disques durs – un seul de ces fichiers texte ne pesant que quelques kilooctets.

Pour créer un instantané ( variant), il suffit de cliquer sur l’icône New Variant, située dans la partie supérieure gauche de l’écran ou de sélectionner, dans la barre de menus, l’option Image>New Variant (raccourci F7). Pour dupliquer un instantané, vous pouvez choisir l’option Image>Clone Variant.
Le logiciel permet d’empiler plusieurs versions, en cliquant sur la petite icône située dans l’angle supérieur gauche du fichier “maître” (numéro 1), les différentes versions étant toutes numérotées de 1 à… Pour choisir la version au sommet de la pile (c’est-à-dire celle qui s’affiche lorsque les versions sont empilées), il suffit de la faire glisser sur l’image “maître” (le numéro 1).

Appliquer les réglages à plusieurs images à la fois

Capture One nous y a habitués et il serait tout à fait déroutant de ne pas trouver, dans cette dernière mouture tout ce qu’il faut pour traiter un grand nombre de fichiers facilement et rapidement. Outre un développement bien plus véloce (sur mon ordinateur PC à processeur bi cœur Core2Duo doté de 3 Go de RAM, un fichier RAW 11 Mpix. est converti en moins de 10 secondes…), Capture One simplifie l’application d’un jeu de paramètres à plusieurs fichiers : après avoir appliqué une ou plusieurs corrections à une image, il suffit de copier les paramètres (Adjustments>Copy Adjustments ou Cmd./Ctrl.+Maj+C), puis d’appliquer ces mêmes paramètres aux images sélectionnées dans l’explorateur de fichiers ((Adjustments>ApplyAdjustments ou Cmd./Ctrl.+Maj+V).

L’onglet Adjustments affiche les paramètres à transférer, son menu déroulant permet de copier l’ensemble des paramètres (Select All), seulement le dernier paramètre appliqué (Select Adjusted) ou d’annuler la copie (Select None).

Onglet Quick (Traitement rapide)

L’onglet Quick regroupe les principaux outils pour traiter les fichiers RAW ou DNG (vous avez bien entendu, bien que C1 affiche les fichiers TIFF et JPEG, il ne parvient pas pour autant à les modifier !). L’histogramme, qui s’affiche également dans la partie supérieure des onglets Exposure, Color et Composition, montre la répartition des valeurs de luminosité pour les trois couches couleur (Rouge, vert et bleu) et offre également une représentation « composite » d’une moyenne des trois couches. Bien que l’histogramme affiche toutes les modifications en temps réel et tient compte d’un éventuel recadrage, il n’offre (pas encore) l’interactivité de l’histogramme de Lightroom – dommage ! Toutefois, il vous informe des valeurs RVB d’un pixel ainsi que de sa position sur l’histogramme dès que vous passez le curseur de votre souris sur l’aperçu image.


Le panneau Base Caractéristiques (Paramètres de base) permet de choisir le profil ICC pour l’appareil photo (profil d’entrée). Sachez que l’appareil est automatiquement reconnu par le logiciel qui lui attribue automatiquement le profil par défaut. Bien que rarement nécessaire, il est parfois intéressant de sélectionner un autre profil d’entrée parmi ceux proposés par le logiciel, si ce n’est que pour adapter le profil d’entrée au type d’éclairage utilisé lors de la prise de vue (exemple : Olympus E-1 tungsten ) ou pour compenser l’emploi d’un filtre spécifique (exemple Leica M8 generic UV-IR). Le logiciel classe les profils par marque (Canon, Epson, Fuji, Leica…), puis par type d’appareil – il n’est plus nécessaire de fouiller dans les entrées pléthoriques de votre dossier système. Sous Effects, vous trouverez des profils élaborés pour transformer votre image en noir et blanc, puis pour créer des virages monochromes (sépia, bleu), l’onglet Other répertorie d’autres profils ICC situés dans le dossier système – il est ainsi possible d’utiliser un profil personnalisé.

Sous Curve on retrouve différentes courbes de transfert modifiant la distribution tonale, bien utiles pour réduire l’étendue des zones sous-ou surexposées :
• la courbe Film standard, sélectionnée par défaut, est une courbe aplatie aux extrémités avec un excellent équilibre entre les ombres et les hautes lumières.
• Film extra shadow procure un rendu beaucoup plus clair et détaillé dans les basses lumières, ce qui est avantageux pour éclaircir les ombres sans toucher aux tons moyens et aux hautes lumières.
• Film High contrast imite le rendu d’un film diapositive du type Velvia 50 ou Ektachrome 100 VS.
• Linear response n’est pas aussi linéaire que laisse supposer son nom trompeur : bien qu‘éloignée d’une réponse linéaire (dont le gamma est égal à 1), elle vous aide à mieux restituer les hautes lumières d’une image surexposée.

Le panneau Exposure (Exposition), reproduit dans l’onglet du même nom, comprend les quatre curseurs des outils Exposure, Contrast, Brightness et Saturation. L’outil Exposure sert à ajuster le point blanc d’une image. En cliquant sur l’icône Exposure Warning (située juste au-dessus de l’icône Quick) ou via le raccourci clavier Cmd/Ctrl. +E, vous pouvez activer simultanément l’affichage des zones écrêtées dans les hautes (en rouge) et basses lumières (en bleu). L’outil Exposure (Exposition) éclaircit ou assombrit l’ensemble des pixels d’une image, contrairement à l’outil Brightness(Luminosité) qui affecte, lui, en priorité les tons moyens.
Le nom de la commande Contrast (Contraste) parle de lui-même, un déplacement du curseur vers la droite applique à l’image une courbe en S, un déplacement à gauche une courbe en S inversé. L’outil Saturation adopte malheureusement un mode de fonctionnement linéaire, bien loin des atouts de l’outil Vibrance qui rend de si fiers services aux utilisateurs de Bibble, Raw Shooter, Camera Raw et Lightroom.
Le panneau White Balance (Balance des blancs) offre le désormais « classique » duo de curseurs pour la température des couleurs (Kelvin) et la teinte (Tint), neuf préréglages tiennent compte de la balance des blancs saisie par l’appareil (shot), puis de différents types d’éclairage (daylight, cloudy, tungsten, fluorescent, flash, shade), et proposent des réglages automatiques (auto) et personnalisés (Custom) que vous mémoriserez via le petit “+ “, situé au-dessus de la pipette d’échantillonnage.

Outils Niveaux et Courbe


Nous l’avons déjà dit : Capture One ne possède ni la souplesse des outils de Lightroom ni la puissance de LightZone pour la correction locale.

Toutefois, un photographe (et retoucheur) expérimenté y trouvera l’essentiel des qualités d’un logiciel de développement RAW : une qualité d’image vraiment excellente accompagnée de tous les outils vraiment indispensables à la correction globale de la tonalité et des couleurs.

Héloïse. Canon D60, Sigma EX 28-70 mm f/2.8. J’ai “uniformisé” le fond noir en déplaçant le curseur point noir vers la droite


Les commandes Levels (Niveaux) et Curve (Courbe) bénéficient en outre d’améliorations par rapport à la version précédente : les trois petits curseurs de la commande Levels permettent un ajustement intuitif et rapide des points noirs, points blancs et du gamma, la nouvelle pipette d’échantillonnage de la commande Curve (Pick Curve point ou raccourci clavier Cmd/Ctrl. + U) ajoute des points d’ancrage sur la courbe – en cliquant sur un détail dans l’aperçu image.

High Dynamic Range

Fallait-il utiliser jusque-là la courbe Linear Response et un ajustement très précis de la courbe pour récupérer des hautes lumières écrêtées, Capture One offre désormais deux curseurs ( Shadow et Highlight) permettant de recouvrer certaines informations de vos images sous – ou surexposées. Les algorithmes mis en œuvre sont d’ailleurs aussi efficaces que ceux employés par le moteur de conversion de Camera Raw (intégré à Photoshop, Photoshop Elements et Lightroom) – seule la récupération des régions sous-exposées est un peu trop prononcée, puisqu’elle affecte un peu trop les tons moyens.

Avant…

...puis après le déplacement du curseur Highlight : l’ambiance hivernale est mieux restituée

Contrairement à d’autres logiciels, Capture One semble bien maitriser la récupération de détails sur plus d’une couche couleur. En plus, je n’ai pas vu les artefacts si caractéristiques d’une récupération trop poussée – ici, point de coloration magenta !

Accentuation et suppression du bruit

Vous trouverez dans l’onglet Details tout ce dont vous avez besoin pour accentuer la netteté et pour supprimer le bruit, à la fois monochrome (Luminance) et coloré (Color). Contrairement à l’ancienne version qui n’affichait qu’un détail de l’aperçu agrandi à 100 % au sein de l’onglet Mise au point, la nouvelle version offre un agrandissement progressif grâce au curseur Zoom (avec toutefois deux préréglages, 100 % et adapté à la taille de la fenêtre Aperçu) – la fenêtre de navigation au sein de l’onglet Détail ne sert alors qu’à vous déplacer dans l’image.
Il n’existe pas de règle passe-partout pour le renforcement. Une image issue d’un capteur à matrice Bayer pourrait facilement supporter un renforcement de 150/0 pour être imprimée sur une imprimante jet d’encre. Ne connaissant pas toujours la finalité d’une image, il reste plus sage d’effectuer qu’une première étape de “préaccentuation” dans Capture One, puis d’utiliser des techniques d’accentuation locales (consultez pour cela l’excellent livre de Bruce Fraser) dans Photoshop. Avec ses trois paramètres, l’accentuation de Capture One est plutôt sophistiquée, mais elle intervient sur l’ensemble des trois couches couleur. Notez que le logiciel permet de désactiver l’accentuation, à l’aide de l’option Sharpening>Disable de l’onglet Output ou en sélectionnant l’option No Sharpening parmi les préréglages de l’onglet Details.

Capture One applique toujours une suppression du bruit puisqu’elle est ancrée dans les algorithmes de dématriçage (très performants pour lisser le bruit sans trop affecter le rendu des détails. Le bruit coloré est d’office réduit à un niveau raisonnable, au point de décevoir certains photographes qui trouvent le rendu un peu trop « plastique », un peu trop propre. Les réglages par défaut (25 % pour le bruit de luminance, puis une valeur variable suivant l’appareil et la sensibilité ISO) fonctionnent plutôt bien, il est plutôt rare d’y intervenir (sauf pour rendre à l’image un soupçon de “granularité” ou pour traiter des images très sous-exposées). Pour bien évaluer l’étendue des corrections, n’oubliez pas d’agrandir l’aperçu jusqu’à 100, voire 200 %.

Onglet Output

Votre image est désormais prête à être convertie vers un format plus largement reconnu. Voici le détail des paramètres et outils de l’onglet Output :

• Format. Vous pouvez choisir entre le format JPEG, le format TIFF (8 ou 16 bits par couche) et le format DNG. Suivant le format choisi, vous disposez de plusieurs options supplémentaires, pour la compression JPEG (valeurs entre 0 et 100), la compression TIFF (choix entre les algorithmes LZW, Zip), le profil ICC, la résolution et le taux d’interpolation du fichier développé (options non proposées pour le format DNG).

• Sous Sharpening, vous pouvez désactiver l’accentuation, sous Open With, choisir l’application qui ouvre le fichier développé.
• Sous Output Naming, vous pouvez choisir le nom du fichier (Format, plusieurs gabarits sont proposés), puis le dossier dans lequel le logiciel enregistre le fichier finalisé.
• Process Summary affiche un rappel des options sélectionnées.
• Cliquez sur le bouton Process pour démarrer le développement, l’onglet Batch affiche alors une liste de fichiers en cours de développement, l’onglet History répertorie l’ensemble des fichiers convertis, permettant au besoin de répéter le développement en utilisant les mêmes paramètres.

Ce que Capture One ne sait pas faire…


Nous l’avons déjà dit, Capture One est un logiciel dédié à développer vos fichiers RAW. Bien que vous puissiez importer vos images, les noter, en créer de copies virtuelles, les corriger et exporter vers un format plus couramment utilisé, Capture One ne possède ni module d’impression, ni générateur de diaporamas, ni corrections sélectives ; et le « module » Web n’offre que peu d’options, générant une galerie Web plutôt fruste. Il est impossible d’y corriger les distorsions optiques (aberrations chromatiques, distorsions, vignetage) et les défauts de géométrie. Complétez-le donc avec d’autres logiciels : LightZone, Photoshop Elements, PT Lens, Acolens, LensFix….

Une conclusion…provisoire


La disparition récente de deux logiciels aussi populaires qu’accessibles (RawShooter Essentials et Premium) a laissé un vide, rapidement comblé par d’autres logiciels (notamment SilkyPix Developer Studio et Bibble). Phase One devait réagir pour sauver la version allégée de Capture One – en intégrant de nouvelles fonctionnalités (Instantanés, Récupération des zones écrêtées, création de pages Web…) et en améliorant sa vitesse de traitement.
Certes, Capture One 4.0 est encore loin de satisfaire tout le monde (les logiciels « tout-en-un » y réussissent beaucoup mieux…), mais la nouvelle architecture du logiciel perpétue ce qui ont toujours été les points forts de C1 : offrir à la fois une très bonne qualité de dématriçage (une colorimétrie « juste » et un excellent équilibre entre bruit et netteté), une interface limpide et un développement en arrière- plan très efficace. Proposé à 99 € (hors TVA, égale à 25 % du montant), le logiciel rivalise avec Bibble, SilkyPix et RawDeveloper, et je vous suggère de télécharger une version d’essai de chaque logiciel avant d’arrêter votre choix sur un des logiciels.
En ce qui me concerne, Capture One 4.0 m’a déjà séduit : utilisateur de Capture One depuis huit années, j’ai toujours apprécié la philosophie « puriste » du logiciel.
Stable et rapide, la quatrième mouture de Capture One n’a pas dit son dernier mot – bien que je reste sceptique quant au succès de la future version Pro du logiciel. Sans un gros effort tarifaire, Capture One Pro peinera à s’imposer face à une concurrence très rude et de très haut niveau (notamment Lightroom et Aperture) !
Préférant travailler avec plusieurs logiciels de développement RAW (chacun possède sa propre « signature » en matière de rendu…), Capture One 4.0 fait partie de ma panoplie d’outils depuis sa première version bêta. J’espère seulement que les développeurs deviennent plus réactifs quant aux mises à jour et à l’ajout de nouvelles fonctionnalités. À suivre…

Formats RAW pris en charge

  • Phase One: P 45+, P 30+, P 25+, P 21+, P 20+, P 45, P 30, P 25, P 21, P 20, H 25, H 20, H 10, H 101, H 5, LightPhase
  • Canon: 1Ds Mark III, 1D Mark III, 1D Mark II N, 1Ds Mark II, 1D Mark II, 1Ds, 1D, 5D, 40D, 30D, 20D, 10D, 400D/Rebel XTi, 350D/Rebel XT, 300D/Rebel, D60, D30, Pro 1, G6, G5, G3, G2
  • Epson: R-D1s, R-D1
  • Fuji: S5 Pro, S3 Pro, S2 Pro
  • Konica Minolta: Alpha 5 D / Maxxum 5 D / Dynax 5 D, Alpha 7 D /Maxxum 7 D / Dynax 7 D, A1, A2
  • Leica: M8, Digilux 3, Digital Module R pour appareils R8 et R9
  • Nikon: D3, D2Xs, D2X, D2Hs, D2H, D1X, D1H, D300, D200, D100, D80, D70s, D70, D50, D40X, D40
  • Olympus: E-3, E-510, E-410, E-500, E-1, E-10, E-20, E-330, E-300, E-400, C-7070, C-8080
  • Pentax: K10D, K100D, *istDL2, *istDL, *istD, *istDS2, *istDS, (uniquement les fichiers du format PEF)
  • Sony: Alpha DSLR-A100, DSC-R1
  • Adobe: DNG (uniquement les fichiers RAW au format DNG)

Configuration requise

Windows
• Intel Pentium 4 ou equivalent
• RAM 768 MB
• espace disque disponible au moins 1 GB
• Ecran calibré d’une résolution d’au moins 1280 × 800 pixel et 24 bits.
• Windows XP SP2 ou Windows Vista
• Capture One nécessite la version 3.0 de Microsoft .NET

Mac
• Processeurs Intel, G4 ou G5
• RAM 768 MB
• espace disque disponible au moins 1 GB
• Ecran calibré d’une résolution d’au moins 1280 × 800 pixel et 24 bits.
• Mac OS X 10.4.11 ou plus récent
• Liaison Internet pour activer le logiciel.