La société danoise Phase One fait, depuis de nombreuses années, partie du club très fermé des fabricants de dos numériques moyen format. Bien que réservé, au début, aux dos numériques de la marque, Capture One est un des logiciels de développement RAW les plus réputés, aussi bien pour sa qualité du dématriçage que pour son interface utilisateur et son traitement multitâche – privilégiant une conversion rapide de multiples fichiers RAW. Toutefois, les six dernières années ont métamorphosé le monde du traitement d’image. La démocratisation des appareils reflex numériques et la popularité croissante du format RAW ont incité de nombreux éditeurs à concevoir de produits concurrents tout aussi performants. Les difficultés de Phase One se sont amorcées en 2004 avec le départ du développeur en chef Michael Jonsson chez Pixmantec (éditeur du logiciel RawShooter, ingurgité depuis par Adobe), puis se sont poursuivies depuis avec l’arrivée d’un nouveau type de logiciel « tout-en-un », beaucoup plus complet et prenant en charge l’intégralité du flux de travail d’un photographe – Apple Aperture et Adobe Photoshop Lightroom.
“Bulles de glace”, Canon EOS 1Ds, EF 100 mm f/2.8 Macro En effet, les deux logiciels « tout-en-un » ont de quoi déconcerter les créateurs d’un logiciel « classique » tel Capture One et je suppose que la sortie tardive de Capture One 4.0 ait été en partie engendrée par une recherche de stratégie commerciale face aux deux géants Apple et Adobe. Vue sous cet angle, la version finale, enfin disponible en téléchargement sur le site de Phase One, déçoit quelque peu. Au lieu d’intégrer des modules pour le catalogage, l’impression et la création de pages Web, la nouvelle mouture de Capture One (qui remplace la version allégée du logiciel, Capture One LE…) se cantonne à une révision complète de l’interface utilisateur et l’ajout de quelques rares fonctionnalités néanmoins bienvenues. Interface utilisateur Cédant à une « nouvelle vague noire », instaurée par Aperture et reprise depuis par Lightroom, LightZone, DxO Optics Pro et Silkypix, la nouvelle interface (commune à Windows et Mac OS 10) comporte trois volets que vous redimensionnerez par un glisser/déposer, en cliquant sur la bordure de chaque volet. La fenêtre d’aperçu (Viewer) domine l’interface, suivie du panneau d’outils (que vous positionnerez au choix à gauche ou à droite de l’aperçu), puis de l’explorateur de fichiers (Browser). Le panneau d’outils se compose de dix onglets qui regroupent l’ensemble des commandes nécessaires pour sélectionner, traiter et développer ses images, d’autres outils sont accessibles à travers d’une barre d’outils située sur la partie supérieure de l’écran. Voici quatre modes d’affichage :
L’explorateur de fichiers est ici caché (Ctrl. /Cmd +B)
Grâce au raccourci clavier Ctrl. /Cmd +T, j’ai pu masquer le panneau d’outils
Métadonnées Très souvent sous-estimées et sous-exploitées , les métadonnées (EXIF, IPTC, XMP, XML…) comportent de nombreuses informations pouvant être utilisées par certains logiciels pour cataloguer, enregistrer les réglages de manière non destructrice, ou pour corriger certaines aberrations en fonction de la sensibilité ISO (bruit) ou de l’objectif employé (aberrations chromatiques, vignetage et distorsion). Version allégée d’un logiciel à ambitions professionnelles, Capture One 4.0 n’offre qu’une gestion assez limitée des métadonnées.
Les métadonnées EXIF, enregistrées par l’appareil photo, sont affichées dans l’onglet Metadata (sections EXIF-Camera et EXIF-Exposure), puis préservées lors de la conversion du fichier RAW au format TIFF, DNG ou JPEG. Vous pouvez ajouter une légende ainsi qu’un copyright à chaque image – les données sont enregistrées dans un fichier à l’extension. cos (compatible.XMP), lui-même enregistré, au sein du sous-dossier PhaseOne>Settings, dans le dossier d’images. Format DNG Conçu par Adobe comme un format ouvert d’archivage des fichiers RAW, le format DNG est déjà pris en charge par plusieurs dizaines d‘éditeurs de logiciels, dont Extensis, Canto, Apple et iView. Certains fabricants de matériel photo (Hasselblad, Leica, Ricoh, Pentax et Samsung) proposent, quant à eux, des appareils directement compatibles avec ce format. Le nouveau « format RAW universel » peine encore à s’imposer auprès des fabricants plus importants (Canon, Nikon, Sony), mais il peut être intéressant d’enregistrer une copie de ses fichiers RAW au format DNG pour « garantir » l’accès durable aux photographies archivées. Basé sur les spécifications TIFF 6.0, le format DNG n’est qu’un simple « conteneur à contenu variable » qui peut contenir soit les données brutes d’un appareil, soit un fichier Bitmap dématriçé.
Canon EOS 1Ds, EF 100 mm f/2.8 Macro Onglet Library (Bibliothèque) N’espérez pas trouver un module de gestion d’images et catalogage aussi sophistiqué que celui de Lightroom. Cependant, Capture One offre tout de même quatre méthodes pour accéder aux fichiers stockés sur disque(s) dur(s) : Notez qu’il n’est plus nécessaire de créer une nouvelle session (qui comprend les trois sous-dossiers de l’onglet Application Folders ) pour importer et développer ses images – les utilisateurs du Mac, confrontés à cette gestion assez contraignante et surtout déroutante des anciennes versions du logiciel, peuvent donc enfin souffler. Cependant, la suppression des sessions a un prix : dès que vous développez un fichier RAW, le logiciel place dans le dossier source un dossier CaptureOne qui contient les fichiers cache nécessaires pour mémoriser les modifications et pour stocker les vignettes générées par le logiciel … Instantanés et Piles
Pour créer un instantané ( variant), il suffit de cliquer sur l’icône New Variant, située dans la partie supérieure gauche de l’écran ou de sélectionner, dans la barre de menus, l’option Image>New Variant (raccourci F7). Pour dupliquer un instantané, vous pouvez choisir l’option Image>Clone Variant. Appliquer les réglages à plusieurs images à la fois Capture One nous y a habitués et il serait tout à fait déroutant de ne pas trouver, dans cette dernière mouture tout ce qu’il faut pour traiter un grand nombre de fichiers facilement et rapidement. Outre un développement bien plus véloce (sur mon ordinateur PC à processeur bi cœur Core2Duo doté de 3 Go de RAM, un fichier RAW 11 Mpix. est converti en moins de 10 secondes…), Capture One simplifie l’application d’un jeu de paramètres à plusieurs fichiers : après avoir appliqué une ou plusieurs corrections à une image, il suffit de copier les paramètres (Adjustments>Copy Adjustments ou Cmd./Ctrl.+Maj+C), puis d’appliquer ces mêmes paramètres aux images sélectionnées dans l’explorateur de fichiers ((Adjustments>ApplyAdjustments ou Cmd./Ctrl.+Maj+V). Onglet Quick (Traitement rapide) L’onglet Quick regroupe les principaux outils pour traiter les fichiers RAW ou DNG (vous avez bien entendu, bien que C1 affiche les fichiers TIFF et JPEG, il ne parvient pas pour autant à les modifier !). L’histogramme, qui s’affiche également dans la partie supérieure des onglets Exposure, Color et Composition, montre la répartition des valeurs de luminosité pour les trois couches couleur (Rouge, vert et bleu) et offre également une représentation « composite » d’une moyenne des trois couches. Bien que l’histogramme affiche toutes les modifications en temps réel et tient compte d’un éventuel recadrage, il n’offre (pas encore) l’interactivité de l’histogramme de Lightroom – dommage ! Toutefois, il vous informe des valeurs RVB d’un pixel ainsi que de sa position sur l’histogramme dès que vous passez le curseur de votre souris sur l’aperçu image. Le panneau Base Caractéristiques (Paramètres de base) permet de choisir le profil ICC pour l’appareil photo (profil d’entrée). Sachez que l’appareil est automatiquement reconnu par le logiciel qui lui attribue automatiquement le profil par défaut. Bien que rarement nécessaire, il est parfois intéressant de sélectionner un autre profil d’entrée parmi ceux proposés par le logiciel, si ce n’est que pour adapter le profil d’entrée au type d’éclairage utilisé lors de la prise de vue (exemple : Olympus E-1 tungsten ) ou pour compenser l’emploi d’un filtre spécifique (exemple Leica M8 generic UV-IR). Le logiciel classe les profils par marque (Canon, Epson, Fuji, Leica…), puis par type d’appareil – il n’est plus nécessaire de fouiller dans les entrées pléthoriques de votre dossier système. Sous Effects, vous trouverez des profils élaborés pour transformer votre image en noir et blanc, puis pour créer des virages monochromes (sépia, bleu), l’onglet Other répertorie d’autres profils ICC situés dans le dossier système – il est ainsi possible d’utiliser un profil personnalisé. Sous Curve on retrouve différentes courbes de transfert modifiant la distribution tonale, bien utiles pour réduire l’étendue des zones sous-ou surexposées : Le panneau Exposure (Exposition), reproduit dans l’onglet du même nom, comprend les quatre curseurs des outils Exposure, Contrast, Brightness et Saturation. L’outil Exposure sert à ajuster le point blanc d’une image. En cliquant sur l’icône Exposure Warning (située juste au-dessus de l’icône Quick) ou via le raccourci clavier Cmd/Ctrl. +E, vous pouvez activer simultanément l’affichage des zones écrêtées dans les hautes (en rouge) et basses lumières (en bleu). L’outil Exposure (Exposition) éclaircit ou assombrit l’ensemble des pixels d’une image, contrairement à l’outil Brightness(Luminosité) qui affecte, lui, en priorité les tons moyens. Outils Niveaux et Courbe
Toutefois, un photographe (et retoucheur) expérimenté y trouvera l’essentiel des qualités d’un logiciel de développement RAW : une qualité d’image vraiment excellente accompagnée de tous les outils vraiment indispensables à la correction globale de la tonalité et des couleurs.
High Dynamic Range Fallait-il utiliser jusque-là la courbe Linear Response et un ajustement très précis de la courbe pour récupérer des hautes lumières écrêtées, Capture One offre désormais deux curseurs ( Shadow et Highlight) permettant de recouvrer certaines informations de vos images sous – ou surexposées. Les algorithmes mis en œuvre sont d’ailleurs aussi efficaces que ceux employés par le moteur de conversion de Camera Raw (intégré à Photoshop, Photoshop Elements et Lightroom) – seule la récupération des régions sous-exposées est un peu trop prononcée, puisqu’elle affecte un peu trop les tons moyens.
Avant…
Contrairement à d’autres logiciels, Capture One semble bien maitriser la récupération de détails sur plus d’une couche couleur. En plus, je n’ai pas vu les artefacts si caractéristiques d’une récupération trop poussée – ici, point de coloration magenta ! Accentuation et suppression du bruit Vous trouverez dans l’onglet Details tout ce dont vous avez besoin pour accentuer la netteté et pour supprimer le bruit, à la fois monochrome (Luminance) et coloré (Color). Contrairement à l’ancienne version qui n’affichait qu’un détail de l’aperçu agrandi à 100 % au sein de l’onglet Mise au point, la nouvelle version offre un agrandissement progressif grâce au curseur Zoom (avec toutefois deux préréglages, 100 % et adapté à la taille de la fenêtre Aperçu) – la fenêtre de navigation au sein de l’onglet Détail ne sert alors qu’à vous déplacer dans l’image. Capture One applique toujours une suppression du bruit puisqu’elle est ancrée dans les algorithmes de dématriçage (très performants pour lisser le bruit sans trop affecter le rendu des détails. Le bruit coloré est d’office réduit à un niveau raisonnable, au point de décevoir certains photographes qui trouvent le rendu un peu trop « plastique », un peu trop propre. Les réglages par défaut (25 % pour le bruit de luminance, puis une valeur variable suivant l’appareil et la sensibilité ISO) fonctionnent plutôt bien, il est plutôt rare d’y intervenir (sauf pour rendre à l’image un soupçon de “granularité” ou pour traiter des images très sous-exposées). Pour bien évaluer l’étendue des corrections, n’oubliez pas d’agrandir l’aperçu jusqu’à 100, voire 200 %. Onglet Output Votre image est désormais prête à être convertie vers un format plus largement reconnu. Voici le détail des paramètres et outils de l’onglet Output : • Format. Vous pouvez choisir entre le format JPEG, le format TIFF (8 ou 16 bits par couche) et le format DNG. Suivant le format choisi, vous disposez de plusieurs options supplémentaires, pour la compression JPEG (valeurs entre 0 et 100), la compression TIFF (choix entre les algorithmes LZW, Zip), le profil ICC, la résolution et le taux d’interpolation du fichier développé (options non proposées pour le format DNG). • Sous Sharpening, vous pouvez désactiver l’accentuation, sous Open With, choisir l’application qui ouvre le fichier développé. Ce que Capture One ne sait pas faire…
Une conclusion…provisoire
Formats RAW pris en charge
Configuration requise Windows Mac
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