L'edition en 16 Bits

Canon EOS D60, EF 4/70-200 LUSM, 100ISO, RAW converti vers Jpeg

En photographie numérique on rencontre souvent la notion de codage en bits par couche.Ce terme est abondamment exploité par les fabricants de scanners et dos numériques qui associent souvent le codage supérieurà 8 bits par couche à une densité maximale impressionante. Mais cette densité maximale est théorique dans la mesure ou l'apparition d'un bruit limitant l'exploitation de l'image finale n'est pas prise en compte. Toute revendication d'un fabricant est donc à vérifier par un test dans des conditions réelles...Un nombre important d'applications professionnelles permet l'édition en 16 bits : logiciels de Scan ( Vuescan, Nikon Scan et Silverfast ), Logiciels de Conversion ( Capture One DSLR, Nikon Capture , Breeze Browser, etc. ) et logiciels comme Photoshop, Paint Shop Pro et Picture Window. Dans le cas d'un appareil numérique ou celui d'un scanner incapable de saisir directement en 16 bits/couche ( rassurez -vous, c'est la majorité des appareils ) , le logiciel s'occupe de l'échantillonage vers 16 bits.

Exemples de codage natif

Appareil
Codage en bits/couche
APN grand-public
8
Appareil réflex numérique
12
Scanner Minolta Dimage Scan Multi
12
Scanner Nikon Coolscan LS-4000
14
Scanner Nikon Coolscan LS-5000
16
Dos numérique Phase One H25
16

P.S : les appareils numériques pas chers peinent souvent à accéder au 8 bits/couche réels.

Codage en bits
Nombre de valeurs
8
256
10
1024
12
4096
14
16384
16
65536

 

Les avantages des informations codées à plus de 8 bits/couche sont évidents. Là ou l'appareil numérique bas de gamme arrive tout juste à 256 niveaux par couche, les images codées en 16 bits/couche contiennent un peu plus de 65.000 niveaux par couche de couleur. Les plus sceptiques d'entre nous remarqueront que ce n'est pas grave car l'impression jet d'encre et offset n'arrivent même pas à exploiter correctement ces 256 niveaux. C'est vrai : après le proccessus d'édition et de conversion en CMJN il ne restera peut-être que 200 couleurs mais nous voulons tous que ces couleurs-là soient les "bonnes". Et pour ne pas perdre bêtement des couleurs essentielles il faut s'assurer de garder le maximum d'informations possible. Le codage en 16 bits par couche permet donc d'importer dans Photoshop une image doublement plus lourde en poids de fichier mais infiniment plus souple pour toute modification ultérieure. Un "flux de travail" ( workflow" ) cohérent implique donc de travailler en RAW à la prise de vue au lieu d'abîmer son image en Jpeg ou TIFF. Pour les scans, il suffit d'enregistrer ses images en TIFF 16-bits, le scan étant effectué en RAW natif. L'image ainsi éditée arrive dans Photoshop pour la suite. Sachons quand-même que Photoshop ne permet pas d'effectuer toutes les operations en 16 bits mais il n'y a aucune excuse à ne pas exploiter tout ce qu'il est offert dans cette application. Dans Photoshop 7, on accède ainsi aux opérations réglages ( Courbes, Niveaux, etc. ), Recadrage, Rotation et outil tampon. L'accentuation n'est possible qu'en mode manuel. Photoshop CS va plus loin en permettant l'utilisation des calques ainsi que des filtres de renforcement "automatiques" ( plus net, encore plus net, contours plus net ). Une fois ces opérations effectuées il ne vous reste qu'à effectuer une conversion en 8 bits ( Mode- 8 bits/couche ). Mais comme la plus grande partie des modifications s'effectue sur une image ayant plus de 65.000 variations, ces opérations destructrices pour l'image le seront beaucoup moins !

La preuve par exemple

Canon D60, EF 3.5/24 TSE-L, 100 ISO, CRW converti vers Tiff .

Cette image RAW , convertie quasiment sans modification vers le Tiff dans Capture One DSLR, avait besoin de quelques améliorations dans Photoshop pour restituer l'ambiance d'un matin d'hiver au long de la Seine...

L'histogramme du départ.

 

 

Résultat

Image après correction des niveaux et un léger réchauffementà l'aide de la courbe bleue.

 

Image en 8 bits/couche
Image en 16 bits/couche

Un traitement identique sur des photos en 8 et 16 bits ne produit pas le même histogramme ! On aperçoit ici un histogramme en "peigne" indiquant une perte de données de l'image. Il y a des valeurs manquantes. L'histogramme à droite issu de l'image codée en 16 bits a su garder toutes les informations....Quod erat demonstrandum !

P.S Il est pourtant pas possible de départager les deux fichiers visuellement. Ils ont apparement une qualité identique, mais la suite de la chaîne de traitement prouvera la supériorité du fichier issu d'une image en 16 bits !