Nikon D70 - Premières impressions |
On se
souvient encore de l’arrivée du premier boîtier reflex
au-dessous de la barre de 1500 Euros. Son accueil était tellement enthousiaste
que tout le monde ou presque croyait Nikon relégué au rang d’une
marque de deuxième zone. C’est vrai, le Canon EOS 300D possédait
et possède toujours plein de qualités qui en font un boîtier
convivial, léger et bon marché mais personne ne peut nier son
aspect bridé et « cheap » par rapport à son grand
frère, le 10D. On a l’impression que sa sortie était précipitée
par Canon pour occuper rapidement le secteur le plus porteur, celui des amateurs.
Sans concurrence pendant six mois, le Canon 300D cannibalisait les ventes du
10D, qui, après des problèmes de certains appareils de faire
la mise au point là où il faut, est devenu presque introuvable…
Nikon D70, AF-S3.5-5.6/24-120 VR, F8, 1/125s, 200 ISO, NEF converti vers Jpeg La première prise en main est positive. Le boîtier est petit, ergonomique, toutes les commandes tombent sous les mains. Les boutons et molettes ressemblent à ceux du D100, dont l’appareil reprend les principales caractéristiques. Il ressemble donc beaucoup aux Fuji S2 et Kodak DCS 14n / Pro SLRn avec lesquels le D70 partage la base du Nikon argentique F80. Mais au lieu d’avoir laissé les commandes pour la sensibilité ISO et la qualité d’image (choix des formats de fichier) sur la grande molette PSAM, le D70 offre désormais deux boutons d’accès rapide. Une bonne idée. Le petit dernier est prêt à faire des images tout de suite après la mise en marche du boîtier. C’est extraordinaire même pour un reflex numérique, les autres nécessitent souvent jusqu'à quelques secondes pour se réveiller, tel l’EOS 300D. Il n’y a rien de plus frustrant que de rater une belle image parce que l’appareil n’est pas prêt ! Nikon a vraiment travaillé là-dessus ; je constate la présence d’un « buffer « costaud qui élimine la latence inter images. Enfin il est possible de disposer à n’importe quel moment un boîtier paré pour la prochaine photo. Bravo !
Nikon D70, AF-S3.5-5.6/24-120 VR, F5.6, 1/250s, 200 ISO, NEF converti vers Jpeg L'autofocus du D70 n'est malheureusement pas plus performant que celui du D100 ce qui laisse toujours quelques photos floues mais c'est malheureusement "normal" pour un appareil de cette trempe. Seul le D2 H vendu pour quatre fois plus cher fait mieux. Continuons avec les détails qui fâchent : Le viseur surtout. Il est trop étriqué pour mon goût (je suis porteur de lunettes comme beaucoup de gens aujourd’hui) et n’offre qu’un grossissement trop faible. Cette faiblesse entraîne le photographe à faire souvent confiance à l’autofocus, pas fiable à 100 %. J’arrête de râler, le viseur n’est certes pas un modèle du genre mais à coté d’un viseur électronique, répandu dans des « bridges » coûtant le prix du D70, on est heureux de l’avoir. Rien ne peut remplacer une visée reflex avec sa clarté et sa possibilité d’observer la profondeur de champ. Ouf !! Le système de mesure par contre est carrément génial. Il est pratiquement impossible de le piéger. Contre-jour, Open-Flash, Fill-In, peu importe la technique employée, les algorithmes de mesure hérités du F5 livrent toujours des images bien exposées avec un histogramme parfait. Il est possible de choisir Adobe RGB 1998 ou sRGB comme espace de travail ce qui permet de modifier le rendu des couleurs de modéré à moyennement saturé. La sensibilité du D70 va de 200 ISO jusqu’à 1600ISO sans offrir les sensibilités customisées du D100 ( 3200 et 6400 ISO ), franchement inutiles car inutilisables. C'est donc une limitation bien sage pour le D70. Nikon intègre enfin l'option « RAW+Jpeg », malheureusement limité au Jpeg Basic, juste assez bon pour la visualisation rapide et le Web ! Dommage, Nikon aurait du proposer un « Raw+Jpeg fin » à la place. Sinon le Tiff persiste, aujourd’hui devenu « accessoire » car trop lourd ! Nikon propose le D70 aussi en kit avec un objectif AF-S DX 3.5-4.5/18-70 D, équivalent d’un 28-105 très universel, qui dispose d’une allure presque professionnelle lorsqu’il se trouve à coté d’un malheureux 18-55 style « playmobil» de chez Canon. L’objectif dispose en effet d’une vraie baïonnette en métal et d’une « vraie » bague de mise au point proposé à un tarif « dérisoire » lorsqu’il est vendu avec le boîtier. L’objectif se monte d’ailleurs sur tous les reflex numériques en monture Nikon et munis d’un capteur taille « APS ». Coté objectifs, le nouveau venu profite de l’offre de Nikon en optiques « numériques » et « argentiques ». Avec sa série DX Nikkor, la marque est jusqu’ici la seule présente ayant développé un système cohérent pour optimiser les performances optiques dans les courtes focales. Les « DX » couvrent le format APS et disposent ainsi des meilleures performances et des focales plus courtes que des optiques traditionnelles. Le DX Nikkor 12-24, par exemple, exploite l’angle de champ d’un 17-35 mm en argentique. Les contraintes « historiques » des reflex numériques sont en train de disparaître !
Nikon D70, AF-S3.5-5.6/24-120 VR, F8, 1/1600s, 200 ISO, NEF converti vers Jpeg Le D70 n’est plus vraiment compatible avec les optiques superbes de la gamme AI ou AI-S car il n’autorise ni la mesure ni l’autofocus avec ces objectifs. Pour les photographes de studio cette limitation n’est pas contraignante puisqu’ils utilisent souvent le flashmètre pour déterminer le bon couple diaph-vitesse. Les autres doivent brader les « vieux cailloux » pour en acheter des plus récents en monture AF-D. Sur ce point le D70 ne fait pas mieux que le D100.Coté flashs on retrouve le même tableau : Seul sont compatibles le SB-800 et le nouveau SB-600. Heureusement Nikon a gardé la compatibilité Compact Flash et Microdrive sinon j’aurais éclaté en sanglots..
Nikon D70, AF-S3.5-5.6/24-120 VR, F5.6, 1/640s, 200 ISO, NEF converti vers Jpeg Nikon a choisi de garder l'accu Li-Ion du Nikon D100, un bon choix. Comme je suis assez paresseux j’ai chargé l’accu à fond sans emporter le chargeur, poids mort et élément « perturbateur ». Et malgré l’emploi plutôt intensif de l’appareil l’affichage du boîtier indiquait « batterie pleine » après deux jours de prise de vue. Phénoménal. Le Nikon consomme vraiment peu d’énergie. Les prises de vue laissent conclure une très bonne qualité d'image. Sans vouloir ici remplacer un test plus profond (il aura lieu un peu plus tard), je peut vous annoncer une qualité en hausse par rapport à son grand frère Nikon D100 qui partage le même capteur. Les résultats en NEF montrent une bonne fidélité des couleurs et une texture d’image plus photographique que celle produite par son concurrent 300 D. Le bruit est très discret à 200 ISO et augmente que très lentement au-delà. J’ai constaté juste une légère dominante jaune vert et des rouges un poil trop saturés. Mais ceci peut venir d’une « immaturité » de Nikon Capture 4.1( hélas pas livré avec le boitier) utilisé pour la conversion des fichiers RAW du D70. Le Camera Raw Plug-In dans Photoshop CS n’offre actuellement pas de possibilité d’ouvrir les images du nouveau boitier, il faut passer par le NEF Plug-In fourni par Nikon Capture. Le Canon EOS 300D retrouve enfin avec le D70 un adversaire digne et même supérieur. Avec le nouveau Nikon on se pose la question de ce qui reste aux boitiers plus chers tel les D100, 10D et Olympus E-1. Le D100 disparaitra bientôt pour faire place à un successeur puisque face au D70 il commence à manquer d’arguments. Le Konica-Minolta annoncé trouvera acquéreur qu'aux alentours de 1500 €...dure loi du marché. Actuellement c'est Nikon qui propose l'appareil le plus intéressant dans ce créneau autour de 1300€, situation nouvelle qui inverse le rapport de force Canon-Nikon.... |