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OLDIES BUT GOLDIES - LE "VETERAN"CANON D60 |
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Le marché des appareils numériques se
comporte un peu comme celui des ordinateurs et autres composants électroniques.
Les cycles de renouvellement deviennent de plus en plus courts et les
fabricants se forcent de présenter tous les ans un nouveau modèle
plus performant que le précédent. Cette spirale souvent
purement commerciale entraîne la plupart des photographes vers
la conviction que leur appareil si cher payé est dépassé après
seulement un an de loyaux services. Et du coup, ces modèles « démodés » se
retrouvent sur le marché d’occasion dotée d’un
prix follement intéressant. Jusqu’à présent,
la dévaluation d’un appareil photo était d’une
progressivité ralentie et il n’était pas rare de
pouvoir vendre son appareil vieux de quelques années à environ
soixante pourcent du prix neuf. Cette époque est ailleurs révolue.
Un Canon D 60 ou Nikon D1X, en mentionnant que deux exemples, se négocie à environ
30% du prix original. Pour ceci il existe plusieurs raisons : |
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| Canon D60, EF 4/17-40 L USM, F11, 1s, ISO 100, RAW converti vers Jpeg |
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L’obturateur à plan focal dispose des vitesses d’obturation de la 1/4000ème de seconde jusqu’à 30 secondes, avec une vitesse synchro X à la 1/200ème de seconde. La pose B permet d’étendre le temps d’exposition davantage. Un obturateur qui pouvait, compte tenu de sa taille réduite, d’offrir davantage de vélocité, mais bon, cette remarque cible également son successeur 10D. Le viseur offre une couverture de seulement 95%, ce qui est presque scandaleux pour un reflex. Il faut le dire et redire, seule la couverture de 100% permet d’exploiter le potentiel d’un capteur. C’est aberrant de procéder à l’élimination des détails qu’on n’a pas aperçu à la prise de vue. On transforme ainsi son 6 Mpix. en 5.5Mpix. Cette négligence au niveau de la conception de l’appareil se manifeste au sein de toute la gamme semi professionnelle et même professionnelle (je pense aux Kodak DCS)…..Le viseur possède en outre une luminosité inférieure au 10D, accompagné d’un grossissement de seulement 88%. Il en résulte une certaine dépendance vis-à-vis l’autofocus, la visée ne permet guère une mise au point manuelle précise sur toute la gamme optique. Cette imprécision affecte surtout la mise au point manuelle avec les objectifs grand angle et décentrement/ bascule de la marque. Une correction dioptrique de -3 à 1 dpt. fait plaisir aux binoclards. Bref, il faut s’habituer au viseur, surtout quand on a, comme moi, goûté aux plaisirs d’une visée à 100% d’un EOS 1/n.
Le centre de contrôle du D60 |
L’autofocus est du type classique mais efficace. Trois collimateurs
alignés parallèlement assurent la détection
des sujets, assurant une plage de mise au point de -0.5EV jusqu’à 18
EV. Pour faire son travail, ces capteurs réclament un contraste
suffisant. Pour cette raison, l’éclair auxiliaire se
met souvent en route dès qu’on manque de lumière.
Mais aux cotés
d’une « prima ballerine « un peu capricieuse comme
le 10D, l’ancien brille par une efficacité et une précision
sans faute. L’autofocus du D60 est plus lent, mais lorsqu’il
accroche son sujet, il le relâche que rarement ! Son fonctionnement
est assuré même aux températures autour de 0°C,
là ou son successeur commence à « perdre la tête ».
La détectivité du collimateur central est supérieure
aux autres et je me retrouve, comme avec mes appareils argentiques, à l’utiliser
en exclusivité.
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Comme support d’enregistrement, le D60 utilise les bonnes vieilles
cartes Compact Flash I et II, ce qui signifie une compatibilité avec
les minis disques durs style Hitachi Micro drive. Ils disposent d’une
fragilité supérieure et la consommation d’énergie
de l’appareil augmente d’environ 30%. L’appareil n’accepte
pas le »nouveau « standard FAT32 ce qui lui confère
une incompatibilité avec des cartes ayant une capacité supérieure à 2
Go. L’alimentation est un point fort du boîtier. Il accepte
les accus BP511 et BP522, communs à la plupart des appareils semi
pro de la marque. Son capteur peu consommateur et la « pêche »des
accus permettent d’aligner quelques centaines de photos. Avec la
poignée BG-ED3 qui loge deux accus, on arrive à environ 400
vues. Pas mal ! Les vrais chiffres sont inférieurs aux spécifications
de Canon qui ont été élaborés dans un environnement « laboratoire » peu
réaliste. Parlons donc un peu de la partie numérique du boîtier.
Le capteur possède la taille de 22.7x15.1 mm avec 2160x1440 pixels
ce qui correspond à un 6.3 Mpix. La taille de chaque photo site
est de 7.4µm, une valeur avantageuse qui privilégie un bon
ratio signal/bruit. Le facteur de conversion de focale est de 1.58 x. Le
capteur est à tout point identique à celui qui équipe
les 10D/300D sauf que le D60 ne bénéficie pas encore du processeur
DIGIC censé d’améliorer la vitesse de traitement et
la gestion du bruit. L’appareil propose les formats d’enregistrement
Jpeg et RAW, fait donc l’impasse sur le TIFF, une généralité chez
Canon. |
Imaginez le temps d’enregistrement d’un fichier
de 18 Mo et vous comprenez tout de suite le manque d’intérêt
du Tiff comme format d’enregistrement. Trop lourd, trop lent et pas
vraiment meilleur que le Jpeg fin, le TIFF manque aujourd’hui d’arguments.
Le Jpeg se décline en trois paliers (3072x2048, 2048x1360 et 1536x1024
pixels) ainsi que deux facteurs de compression pour chaque palier. Il n’existe
malheureusement pas de RAW+Jpeg, cette option est cachée au sein
du fichier .THM qui n’abrite rien d’autre qu’un fichier
Jpeg de taille moyenne ! Coté connectique, le D60 n’est pas vraiment à la hauteur ! Il utilise une connexion USB 1.1 pour la liaison directe et le transfert des images. Vraiment trop poussif. Le travail avec une application comme « Remote Capture » ou « Capture One » est ralentie par un délai d’environ 12s pour l’affichage sur l’ordinateur et le transfert sera beaucoup plus rapide avec un lecteur carte CF en Firewire (IEEE-1394) ou USB2. Le câble USB fourni par l’appareil est propriétaire, une aberration ! Le D60 « brille » par un contact synchro flash pour des flashs type torche ou flashs studio. Mais prudence. Les vieux Balcar ou autre Bowens et Norman peuvent endommager les circuits de l’appareil à cause d’une tension trop forte transmise à l’appareil. La polarité est également inversée avec certains flashs. On passe idéalement par un émetteur IR pour déclencher les flashs studio ! |
L’appareil propose une sensibilité ISO
minimale de 100 ISO, variable jusqu’à 1000 ISO. Cette diminution
de la sensibilité maximale par rapport au D30 (1600 ISO) s’explique
par la taille plus réduite de chaque photo site (7,4µ, D30
: 10,5µ). L’exposition de l’appareil est difficile
de tromper, il fournit presque toujours des résultats parfaits,
même
en flash avec le 550 EX. Pensez à télécharger le
dernier micro logiciel 1.4 sur le site Canon…Mon appareil est légèrement
calé vers la surexposition ce qui risque souvent de "cramer" les
hautes lumières. Pour cette raison, une correction permanente
d’environ
-1/3 EV s’avère parfaite pour préserver du détail
partout. |
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Le D60 dispose d’un seul menu déroulant, très
pratique et quasi identique au menu du 10D. Les options s’activent à l’aide
de la grande molette du dos et du bouton central de validation. L’appareil
dispose de 15 fonctions pour paramétrer le boîtier selon ses
goûts et besoins. Les fonctions les plus utiles : |
Fn.02- permet de transformer la touche de mémorisation d’exposition (*) en touche d’activation de l’AF. Dans ce cas, une demi pression sur le déclencheur mémorise l’exposition. Fn.03- verrouillage du miroir pour minimiser les vibrations en pose longue et sur pied. Fn.04- permet de varier l’incrémentation de l’exposition et de la correction d’exposition entre +/- 1/3 ou +/-1/2 EV.
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Grâce à son age avancé (le D60 fait presque figure de « Mathusalem » dans le mode de la photo numérique), le format RAW du D60 (CRW) peut être lu et traité par un grand nombre de logiciels. Ci-joint les plus importants : |
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Adobe Camera Raw ( Photoshop CS) Phase One Capture One ( +SE, LE) Scott Professional Photostudio Vuescan etc...
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Performances techniques |
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Zadar, EOS D60, EF 1.4/50 USM, F18, 1/250s, ISO 100, RAW |
Les mesures suivantes ont été effectués avec la
version beta 1.5.13 de l’excellent logiciel Imatest,
développé par Norman Koren. Ce logiciel offre une alternative
abordable au logiciel « DxO Analyzer » de la société française « DO
Labs », basé à Boulogne. « Imatest » devrai
sortir fin Août 2004. |
Fidelité des couleurs
( Imacheck ) |
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Le D60 n’a aucune raison de se cacher derrière
son successeur. Il dispose d’une restitution des couleurs au
moins aussi fidèle
que le 10D. Les valeurs Delta-E sont même un peu plus proches de
l’idéal. (D60 : 6.59 vs. 10D : 7.82). Excellent. Comme je
travaille majoritairement en RAW, les fichiers RAW ont été convertis
vers le Jpeg dans C1Pro 3.5 en effectuant la balance des blancs sur le
patch du gris moyen. Les deux boitiers disposent d'une légère
dominante magenta, perçu comme plutôt agréable ( le D100
affiche une dominante verte, beaucoup moins acceptable !). Remarquable :
La saturation des couleurs quasi parfaite des deux boitiers, juste un tout
petit peu plus élévé que 100%. |
Bruit |
D60 |
10D |
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| 100ISO | ![]() |
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| 200ISO | ![]() |
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| 400ISO | ![]() |
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| 800ISO | ![]() |
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1000 /1600ISO |
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Le D60 accuse ici son age, sans être inférieur
au 10D dans les basses sensibilités. L’avantage du 10D commence à apparaître à partir
de 400 ISO. Le bruit à 800 ISO est aussi élevé que
celui du 10D à 1600 ISO. Le processeur « DIGIC » fonctionne
donc comme prévu….Reste que le D60 est parfaitement utilisable
jusqu’à 400 ISO, les sensibilités de 800 et 1000
ISO sont là pour sauver des photos autrement irréalisables. |
SFR ( Résolution du couple capteur-objectif ) |
D60 |
10D |
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Les réglages différents
pour le renforcement interne à part
(Oversharpen, ici négatif, Undersharpen), les deux boîtiers
affichent quasiment les mêmes performances au niveau résolution
( valeurs MTF 50 de 1298 et 1304 LWPH ). Les deux ont donc le même
capteur sous le capot et ne diffèrent que par la gestion du bruit
! Les mesures ont été etablies avec un EF 1.4/50 USM à F11 pour assurer
un rendement homogène sans diffraction notable. Les deux appareils sont
ailleurs peu sujet au moirage. |
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Canon D60, EF 4/70-200 USM L, F9, 1/250s, ISO 100, RAW |
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Canon D60, EF 2/100 USM, F3.2, 1/1200s, ISO 400, RAW |
Objectifs |
Avec son facteur de conversion de 1,58x, le D60 est beaucoup moins exigeant au niveau des objectifs. On utilise la partie centrale du cercle d’image ce qui améliore en général la homogénéité des résultats. Reste ce facteur de conversion qui contraint à investir dans des optiques très onéreux pour atteindre le très grand angle. Le recours au 14 mm (inaccessible chez Canon, plus raisonnable chez Tamron et Sigma) est nécessaire pour atteindre l’équivalent d’un 22 mm. Les photographes de sport ou animaliers trouveront leur compte avec les focales augmentées. On ne peut pas tout avoir…Ci-joint la liste des objectifs que j'aime et qui procurent de très bons résultats avec le D60:
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Conclusion |
+ |
- |
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Il était peut être un peu tard
de présenter aujourd'hui le
Canon D60 sorti en 2002, mais mon but est de démontrer
que même des appareils « vieux » de deux ans sont encore
capables de produire du bon travail. A quelques mois de la sortie réelle
du nouveau EOS 20D, remplaçant du 10D muni d’un capteur
8Mpix., la valeur marchande des appareils 6Mpix. de la marque baissera
davantage
et rendra ces boîtiers performants intéressant comme deuxième
appareil de secours ou premier appareil numérique pour se faire
la main. |