On
se souvient encore des difficultés rencontrées
pour obtenir des tirages Cibachrome de très bonne qualité.
Les diapositives, premièrement destinées à la
projection, disposent en effet d’un contraste bien trop élevé pour
la latitude du papier photo. Le tireur était donc souvent
contraint à fabriquer des masques de contraste destinés à réduire
le contraste de l’original et de cette façon assurer
des tirages qui contiennent tout l’information de l’original.
Le procédé consiste à copier la diapositive
sur du film noir et blanc. Cette copie dispose donc des valeurs
inversées en négatif. Pour éviter a génération
d’artefacts lors de la superposition des deux films, il
fat éloigner le négatif noir et blanc de la diapositive,
rendant ainsi les contours du premier flous .Le « sandwich « résultant
est exposé comme d’habitude sous l’agrandisseur
en augmentant le temps de pose pour tenir compte de la densité supérieure.
|
Cette
technique est, comme beaucoup d’autres, utilisable dans «la
chambre claire« , le labo numérique. Car ici on
rencontre souvent des difficultés similaires pour restituer
toutes les valeurs de l’image.La capture numérique
combine en fait la latitude « théorique » du
film négatif avec l’exigence en exposition d’une
diapositive, ce qui contredit la fable de la «souplesse» du
numérique souvent colporté par les acteurs du marché photo.
Michael Reichmann de «Luminous Landscape», un site
Internet américain, conseille d’exposer « le
plus à droit possible » pour éviter trop
de bruit dans les ombres et une perte d’information dans
les hautes lumières. L’exposition est décalée
le plus à droit (dans le sens de l‘histogramme vers
les valeurs RVB élevées) en faisant attention à ne
pas écrêter des valeurs claires.
|
Pour appliquer cette
règle limpide qui s’applique
généralement à toute acquisition numérique,
scan inclus, il faut garder u œil sur l’histogramme et
surtout avoir la possibilité de faire une deuxième
prise de vue avec les valeurs rectifiées. Ceci n’est
pas souvent possible et praticable surtout pour des domaines de prise
de vues «calmes« comme la nature morte, l’architecture
etc. Un photographe de reportage peut d’office choisir un réglage
en sous-exposition de 1/3 EV à 2/3 EV pour limiter le risque
d’avoir des hautes lumières brûlées. Suivant
cette méthode, les basses lumières manquent parfois
d’information, un « prétexte » pour appliquer « le
masque de contraste numérique ». |
Le
premier avoir décrit cette technique est
Richard Pahl dans un article nommé « Digital
Contrast Masquing », paru en décembre 2000 dans
PC Photo magazine. Depuis, on trouve des articles dans « Luminous
Landscape » (Michael
Reichmann) et « Vinberg.nu » (Åke
Vinberg). Norman
Koren en parle aussi dans un article dédié qui
traite le masque de contraste avec « Picture Window Pro ».
Ci-dessous un aperçu de cette technique bien utile : |
La première étape consiste à importer l’image
dans Photoshop. Si vous travailler avec un logiciel de conversion
RAW, vous pouvez faire un « développement « en
Tiff 16 bits afin de récupérer cette image dans « Photoshop
CS » ou « Picture Window Pro ». Pour les utilisateurs
des Photoshop antérieurs et, « The Gimp » et « Photoshop
Elements », une image TIFF 8 bits sera appropriée. L’image
ci-dessus dispose des vastes zones d’ombres et était
sous-exposée d’environ 2/3 EV pour ne pas perdre l’informations
dans les immeubles de l’arrière-plan. |
Dupliquer le calque
( Calque-Dupliquer le calque). Renommer le calque. Sélectionner
le calque dupliqué et désaturer le ( Image-Réglages-Désaturation).
Ceci transforme le calque en noir et blanc. |
|
|
Il faut ensuite intervertir notre calque afin d'obtenir un
négatif noir et blanc. ( Images-Réglages-Intervertir). Raccourci
: Ctrl+I. On crée ainsi un calque pour bloquer les hautes lumières
tout en obtenant des ombres plus transparents. |
|
 |
On choisit maintenant
le mode »Incrustation » dans
la fenêtre de calque et commence à apercevoir l’effet
bénéfique dans les ombres de l’image. Mais
l’image n’est pas encore exploitable telle quelle.
Il faut éliminer les méfaits de la superposition
qui crée des artefacts sur les zones de transition de
tons. |
|
 |
Il faut maintenant appliquer
un flou gaussien au calque en question pour éliminer les contours disgracieux produits
lors de la superposition des deux calques. Ake Vinberg donne
des précieux conseils pour cette étape il est néanmoins
indispensable de faire des essais pour optimiser les résultats.
Ici, j’ai choisi une valeur de 8 pixels. |
|
 |
Il est souvent nécessaire de réduire l’opacité du
calque afin d’obtenir un résultat plus équilibré.
100% correspondent à l’application totale du masque,
0% à l’image d’origine. Ici j’ai choisi
d’un réglage de 75 %. |
|
Ayant débouché les
ombres, on peut ensuite utiliser d’autres outils pour finaliser
l’image, notamment la
commande « Amélioration du contraste local »,
les courbes, les niveaux etc. Le résultat de nos efforts
sont affichés ci-dessus : notre image finale qui présente
du détail aussi bien dans les ombres que dans les hautes lumières.
Les captures d'écran proviennent de Photoshop CS. Mais on peut facilement
adapter cette méthode à l'utilisation dans d'autres éditeurs d'images.
J'ai appliqué la même opération au sein de "Photoshop Elements" et
"The Gimp", avec succès. "Picture Window Pro" ne possède pas de calques,
il est néanmoins possible d'arriver à exécuter cette opération à l'aide
de la commande "Stack images". Apropos opération : Il est bien sûr
envisageable d'enregistrer un script pour gagner du temps ! |
Luminous
Landscape
Norman
Koren
Richard
Pahl
|