COMPRENDRE LE FORMAT RAW -2- BIEN EXPOSER VOS FICHIERS RAW (1)
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Les formats JPEG et RAW mènent aujourd’hui une coexistence de plus pacifique au sein des réglages de nos boîtiers reflex numériques. De nombreux photographes utilisent l’enregistrement simultané des deux pour obtenir un fichier « prêt à consommer » (JPEG) et un deuxième (RAW), facilitant par ses réserves en qualité une éventuelle postproduction, même intensive. Cependant il n’est pas facile de rendre justice aux deux formats pour ce concerne une exposition approprié car les deux formats nécessitent là un traitement différencié.
Le format JPEG généré par l’appareil est en réalité qu’un fichier RAW, pour lequel le dématriçage est effectué par le processeur d’image interne, avec pour but de créer une image immédiatement exploitable. L’appareil procède à l’interpolation couleur (l’interprétation des données obtenues à partir de la matrice Bayer employée dans la plupart des appareils), à la compensation du gamma (de 1.0 vers 2.2), à une conversion des données colorimétriques du profil ICC natif vers un espace de travail (sRVB ou Adobe RVB 1998) ainsi qu’à l’application d’un certain nombre de paramètres (netteté, contraste, saturation…) afin d’obtenir une image aussi attractive que possible. Parallèlement, le processeur d’image convertit les 4096 niveaux par couche (pour une image RAW codée sur 12 bits) en 256 niveaux (8 bits) par couche d’un fichier JPEG. Il est évident qu’on perd au passage un certain nombre d’informations. Le fichier ainsi généré ne dispose que d’un potentiel limité pour la postproduction. Il est par exemple illusoire d’effectuer des modifications importantes de la balance des blancs ou de l‘exposition sans que le résultat final en souffre, le JPEG n’est pas fait pour être retravaillé, utilisez-le tel quel ! Son exposition s’apparente à celle d’un film inversible. Comme avec ce dernier, une surexposition se soldera par des hautes lumières grillées et irrécupérables, une sous-exposition risque de transformer vos ombres en une agglomération noire, sans détail. Vous devez donc impérativement prévisualiser le résultat final lorsque vous appuyez sur le déclencheur, ce qui nécessite de solides connaissances en photo…. Le format RAW que vous récupérez sur votre ordinateur, n’a subi point de modification dans l’appareil et préserve tout son potentiel, afin d’être développé dans un logiciel de conversion spécialisé, qui offre souvent des outils très perfectionnés pour « sculpter » votre image selon vos goûts. Le fichier possède donc une grande richesse en informations (il est toujours codé en 12 bits/couche), le logiciel de conversion travaille lui souvent en 15 ou 16 bits/couche et dans un espace colorimétrique intermédiaire, linéaire et large (le gamut d’un appareil numérique haut de gamme dépasse largement celui de l’espace Adobe RVB 1998), ce qui favorise la qualité finale. L’exposition du fichier RAW est donc beaucoup moins critique que pour le format JPEG et tolère une surexposition d’environ 1 à 1.5 EV, tout en préservant davantage de détails dans les basses lumières. Cette tolérance du format RAW pourrait nous amener à le considérer comme un négatif (couleur) numérique, qui est comme son homologue argentique très tolérant vis-à-vis d’une surexposition, mais moins face à une sous-exposition. Mais ne rêvons pas, le format RAW est encore loin de la fabuleuse souplesse d’un film négatif couleur, coqueluche de nombreux photographes.
Cette particularité du format RAW peut nous amener à considérer ses fichiers tels des « bruts de scan ». Ces derniers doivent enregistrer toutes les nuances de l’original (du sujet photographié), le photographe décidera lors de la conversion quelles informations il souhaite garder. Nous nous éloignons donc de l’esprit du film diapositive, le RAW doit être capable d’enregistrer un maximum d’information avec la meilleure qualité possible.
La plupart des photographes ont intériorisé qu’il vaut mieux pas surexposer une image, les zones ainsi écrêtées étant irrécupérables. Une sous-exposition modérée s’avère souvent efficace pour éviter un écrêtage éventuel des hautes lumières. Mais je suis intimement convaincu que cette stratégie s’avère plutôt contre-productif lorsque vous utilisez le format RAW. Voici les deux arguments pour vous faire changer d’avis :
Il est donc nettement plus intéressant de surexposer ses images autant que possible, sans pourtant écrêter les hautes lumières. Vous pouvez ainsi optimiser la dynamique du capteur et minimiser le bruit, avec des résultats parfois spectaculaires. Une image prise à une sensibilité ISO 800 et bien exposée (cela veut dire exposée correctement) possède souvent un niveau de bruit inférieur à une autre, sous-exposée et prise à ISO 200….. Toute la difficulté repose donc dans l’exposition de nos chers fichiers RAW. Vu les progrès constatés sur les afficheurs LCD de nos appareils reflex récents, on pourrait penser que ce contrôle d’exposition se fait « en direct », en consultant l’image sur l’écran arrière de l’appareil. Et non, ce n’est pas une stratégie adapté : malgré leur aspect flatteur, ces aperçus ne sont pas suffisamment fidèles pour afficher les couleurs, la luminosité ou le contraste de nos images ! La seule façon de contrôler l’exposition reste actuellement l’histogramme, outil trop souvent encore caché dans les profondeurs du menu utilisateur. Pourtant, l’histogramme est capable de donner de précieux renseignements quant à la distribution des pixels de l’image et il affiche souvent les hautes lumières grillées (écrêtées) via un affichage clignotant desdites zones. L’histogramme se réfère à une image finalisée dans l’appareil et affiche ainsi l’aspect visuel et la répartition des pixels d’un fichier JPEG codé en 8 bits/couche. On distingue deux types d’affiche pour cet histogramme :
Pour le format RAW, sa précision devient toute relative et vous devez interpréter ses données en tenant compte des particularités de votre capteur. Certains appareils permettent une récupération aisée des zones surexposées (par exemple les Canon 1D Mk2, 1DS et 1Ds Mk2), d’autres sont intransigeantes et ne permettent de récupérer qu’une très légère surexposition….
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