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FUJI S3- PURISTE MADE IN JAPAN
La marque Fuji est rentrée dans l’histoire comme un des précurseurs de la photographie numérique. Fuji coopère en effet depuis le milieu des années 90 avec Nikon pour l’élaboration des appareils reflex numériques. Cette coopération débouche d’abord en 1995 sur la ligne des « E quelque chose » (E2, E2N et E3), commercialisés également par Fuji (DS505, DS505A, DS560), monstres encombrants basés sur le Nikon F4. Ensuite, Fuji inaugure la gamme des Finepix S qui démarre le » temps moderne » avec le Fuji S1 Pro de l’an 2000. Celui-ci fut remplacé en 2002 par le fameux Finepix S2 Pro, lui-même finalement suivi par le Finepix S3 Pro qui arrive avec presque un an de retard. Il faut préciser que Fuji se fait écarter par Nikon de la toute haute technologie en matière de boîtiers reflex dès a marque jaune décide de fabriquer elle-même sa propre ligne d’appareils professionnels. Le résultat de cette stratégie néfaste pour la maison Fuji se manifeste par la pauvreté du S1 Pro, basé sur un boîtier argentique amateur, le Nikon F60.
Le successeur S2 Pro fait néanmoins presque jeu égal avec son concurrent Nikon D100 au niveau des performances « argentiques » et le dépasse largement au niveau de la qualité d’image. Mais on a toujours l’impression de détenir deux composantes distinctes, le boîtier argentique et la partie numérique (capteur, DSP, compartiment CF etc.), logée dans la semelle extra large de l’appareil. Le S2 pro fut acclamé par les photographes professionnels qui apprécient sa qualité d’image quasi parfaite, directement exploitable et sa possibilité de sortir des images « gonflées » à 12 Mpix. Mais il n’y a pas que des louanges. Nombreux sont les photographes qui se trouvent en panne à cause des batteries CR123 de la poignée ou qui « plantent « l’appareil suite à une incompatibilité inexplicable avec certaines cartes Compact Flash, l’appareil étant officiellement compatible qu' avec les disques durs style « Microdrive ».
Le Fuji S3 Pro, digne successeur du S2 Pro, arrive enfin en cette fin d’année 2004, avec un retard monstrueux. Cette sortie tardive est d’autant plus énervant que le paysage des appareils reflex numériques s’est beaucoup modifié ce dernier temps. A la sortie du S2 Pro, la triade Nikon, Canon et Fuji domine le marché. Mais fin 2004, sept marques se disputent ce marché devenu porteur. Un nouveau modèle doit dons disposer des qualités inédites pour pouvoir survivre. Fuji refuse de se joindre à la bagarre suicidaire qui oppose actuellement des appareils d’entrée de gamme et positionne son S3 Pro à mi-chemin entre les boîtiers reflex « grand public » et les professionnels. Un choix risqué, mais justifié par l’implantation de la marque dans le marché professionnel.
Au premier regard, le nouveau boîtier ressemble beaucoup à son aînée, surtout de ce qui concerne la partie supérieure. L’énorme semelle de l’ancien a fait place à des contours plus harmonieux et arrondis. Le boîtier est donc plus petit et la prise en main meilleure. Dès la première prise en mains on constate la forme parfaite de la poignée, revêtue d’un simili cuir anti dérapant. L’appareil est bien plus léger que les modèles professionnels de la marque Nikon et promet donc des journées de travail sans risque de lumbago….Le boîtier est, pour la première fois, entièrement fabriqué par Fuji, ce qui réduit la dépendance vis-à-vis de Nikon, dans le passé fournisseur principal des pièces du boîtier. Ce changement de stratégie industrielle se reflète dans la forme du boîtier qui donne enfin une impression d’harmonie et d’équilibre.
Le boîtier
Le boîtier ne se différencie pratiquement pas des autres spécimens dérivés du F80. Une molette large à gauche du prisme abritant un flash intégré à gambettes surélevées commande les modes d’exposition (P, S, A, M) ainsi que la sensibilité ISO et l’accès aux fonctions personnalisées. En dessous se trouve un sélecteur pour les modes de transport (S= vue par vue, rafale, retardateur et le mode surimpression, unique pour un appareil numérique. A droite du prisme se trouve le déclencheur, muni d’un blocage (position OFF), ainsi que les poussoirs pour la correction d’exposition en lumière ambiante et flash. Un tableau de bord fort conservateur. Sur la face avant du boîtier se trouve la molette principale, le blocage de la baïonnette en monture Nikon, un testeur de profondeur de champ et la prise synchro X. Sur l’arrière du boîtier se trouvent les deux écrans de visualisation. Le plus grand, doté d’une diagonale de 5,08 cm, sert à afficher les images prises.
Ses 235.000 pixels lui procurent une excellente définition et une bonne luminosité dans des conditions difficiles. Le deuxième écran, de contrôle, sert à l’affichage et au contrôle des paramètres »numériques » de la prise de vue (qualité et format de fichier, contraste, netteté, gamme dynamique, couleur, etc.). Cette partition en deux est finalement pratique et approuvé par les utilisateurs, elle était déjà en place sur les autres appareils de la gamme Finepix S. Autour des deux écrans se trouvent finalement que peu de boutons. On dénombre quatre, les quatre boutons de l’écran de contrôle à part, le bouton « FUNC » qui sert à la navigation à l’intérieur des menus, « PLAY »pour la visualisation des images, « BACK », bouton retour et »MENU/OK »pour afficher le menu et valider les options du menu de l’écran principal.
L’appareil est doté d’une monture Nikon F, fièrement affiché sur la face avant du boîtier. Ces dernières années, l’universalité de la monture Nikon a beaucoup soufferte par la généralisation de l’électronique dans les boîtiers qui nécessitait également l’implantation de contacts et circuits électroniques des deux cotés de la baïonnette. Les AI et AI-S ancien cédaient leur place aux AI-P, AF, AF-D, AF-G et AF-S. Un véritable cauchemar pour les fabricants de boîtiers et leurs utilisateurs ! Le nouveau S3 Pro est finalement pleinement compatible avec tous les objectifs AF (AF, AF-D, AF-S, AF-G et AF-VR). Tant mieux, on se souvient encore de l’époque ou Fuji osait de proposer un boîtier à 3000 € incompatible avec la moindre optique AF-S…..Comme le Nikon D100, D70 et le Fuji S2, le nouveau Fuji n’est guère décidé à montrer ses capacités avec un vieux AI ou AI-S. Les objectifs manuels bénéficient ni d’un automatisme d’exposition ni d’une mesure de lumière. Seul le mode manuel fonctionne »à l’aveugle », ce qui n’est pas trop grave pour un « vrai » photographe qui possède encore quelques bons PC-Nikkor ou qui travaille en studio avec un flashmètre à main ! J’ai essayé avec succès deux de mes anciens « cailloux », le 2/35 AI-S et 1.8/85 AI qui ne déméritent pas en numérique.
L’obturateur du Fuji S3 Pro est toujours le même. Avec une gamme de vitesses de 30s à la 1/4000s et une vitesse synchro X de 1/180s, il ne figure pas parmi les plus performants du marché. Un photographe social ou reporter sera facilement limité par la vitesse de synchronisation du flash, d’autant que l’appareil n’a pas adopté le nouveau mode i-TTL de Nikon. Une lacune plus au moins grave selon les attentes de l’utilisateur. La marque n’a pas non plus puisé dans les meilleures ressources de Nikon pour l’élaboration de l’autofocus. Celui-ci reste au niveau de son aînée S2 pour la réactivité des capteurs. Dorénavant, cinq capteurs couvrent une surface assez large au centre de la visée et permettent d’être commandés individuellement. L’autofocus n’est certes pas conçu pour un photographe sportif, le boîtier étant conçu pour un photographe qui couvre des sujets plus tranquilles et qui privilégie la composition et la qualité technique. Le nouveau Canon EOS 20D peut se vanter d’une excellente réactivité et un comportement véloce pour pouvoir envisager des rafales rapides, même en RAW. Le contemporain Fuji apparaît sagement pépère à ses cotés : la rafale maximale de 2.5 i/sec. n’est réalisée qu’en mode D-range/standard sur 7 images en RAW et 12 images en Jpeg. Pas de quoi s’affoler ..

 

 

Le capteur

 

Fuji S3, Nikon AF 2.8/60 D Micro, 400 ISO, F8, 1/60s, Jpeg Fin, 12Mpix.
Le nouveau capteur du Fuji S3 a fait couler beaucoup d’encre. Depuis quelque temps déjà, la marque s’investit dans l’élaboration de ses propres capteurs, les Super-CCD, maîtrisant ainsi toute la partie numérique du boîtier. Au lieu d’intégrer des pixels carrés, les ingénieurs de Fuji ont opté pour des pixels octogonaux. Ce choix doit, selon Fuji, restituer une résolution dans les axes horizontaux et verticaux supérieure à celle de l’axe diagonale. Cette particularité et un traitement spécial des données lors du dématriçage ont amené le fabricant à se vanter d’une résolution de 12 Mpix. pour un capteur disposant que de 6 millions de photosites. Il s’agit en réalité que d’une interpolation interne bénéficiant de l’architecture particulière du capteur. Il est clair que les images ainsi obtenues ne peuvent pas rivaliser celles issues d’un vrai 11 Mpix. comme le Canon EOS 1DS, mais le gain est néanmoins perceptible. Cette-fois ci, Fuji a encore innové. Au lieu de porter la résolution à 12 MP. réels, l’amélioration se base sur une augmentation de la dynamique du capteur. Quelle idée farfelue ! On constate que la publicité des appareils numériques se limite souvent à un simple comptage de pixels au lieu d’évoquer le vrai potentiel d’un appareil. Mais non. Fuji ose, sur ce marché très concurrentiel, de brandir le drapeau de la qualité d’image et de se dissocier des sempiternels débats infantilisants qui ont déjà bien pénétré l’esprit des photographes. Soyons clairs, le nombre de pixels n’a jamais fait une belle image.
Une image d’un dos numérique, même plus faible en nombre de pixels, sera toujours supérieure à une image en provenance d’un appareil reflex numérique, taille du capteur et puissance du traitement oblige ! Mais, regardons de près ce nouveau capteur. Le capteur Super-CCD de quatrième génération de type SR utilise 6.17 millions de photosites de type « S » et un nombre identique du type « R ». Ces pixels de type « R » contribuent à une augmentation de la gamme dynamique. Ils assurent la restitution des hautes lumières en ajoutant une dynamique supplémentaire de 2 bits/ couche. Il en résulte une gamme dynamique de 14 (12+2) bits/couche. On devrait donc remarquer une bien meilleure restitution dans les extrêmes de la courbe de restitution, évitant ainsi des ombres bouchés et des hautes lumières « grillées ». Une meilleure dynamique provoque également une gestion du bruit amélioré car celui-ci se trouve accentué par l’insuffisance de la gamme dynamique. Le capteur mesure 23x15.5 mm, ce qui implique un facteur de conversion de focale égale à 1.5, identique aux appareils Nikon, Pentax et Konica – Minolta. La taille d’image est 3024x2016 pixels (6Mp) ou 4256x2848 pixels (12Mp.), on trouve aussi les définitions 2304x1536 (3Mp.) et 1440x960( 1Mp.).

 

Cette image et ses deux extraits à 100% démontrent l'excellente qualité du capteur en mode standard et format Jpeg. L'absence de moiré, de bruit et de "blooming" est évidente.... Photo prise avec Nikon AF 2.8/60D, 100ISO, mélange de lumière flash / tungsten, F8, 1/3s.

 

Connectique et supports de stockage
Le Fuji S3 utilise une double-conectique firewire (IEEE-1394) et USB 2 pour la transmission des photos vers un ordinateur. Une bonne solution. Mais la marque st la première à avoir adopté un connecteur firewire en 4 pins (la norme pour les PC portables) coté appareil. Ce choix, pourtant logique pour créer de la place pour la prise USB2, entraîne une certaine fragilité pour la liaison avec l’ordinateur. Les possesseurs du Fuji S2 savent ce que je veux dire. Rares sont ceux qui n’ont pas déjà perdu du temps pour établir la liaison pour la prise de vue connecté (« tethered mode »). Il est d’ailleurs incompréhensible que Canon fasse la même erreur sur leur nouveau boîtier EOS 1DS MK 2. A suivre….
Pour les supports de stockage, Fuji poursuit sa stratégie « double », avec deux slots pour cartes mémoire. Le premier compartiment sert à accueillir une carte CF Type I ou II ou Microdrive. Cette fois-ci, l’utilisation des cartes Compact Flash est encouragé par le fabricant, qui cachait dans le passé les problèmes de fonctionnement répétitifs du S2 Pro avec ces supports par un « rideau de fumée « de désinformation. Le deuxième compartiment accepte des cartes XD, œuvre de la collaboration de Fuji et Olympus afin de proposer un standard de plus dans la jungle des supports de stockage. Bon, restons sérieux, les cartes XD sont plus chères et certainement plus fragiles que les supports du type CF I/II. Leur intérêt est donc plutôt limité.

 

Nombre de vues par carte (source Fujifilm)
Nombre de pixels 4256 x2848     3024 x2016 2304 x1536 1440 x960
Mode RAW-Wide RAW-Std. Jpeg F Jpeg N Jpeg F Jpeg N Jpeg F Jpeg N Jpeg F Jpeg N
Taille de l'image en Mo
25
13
4.7
2.4
3.0
1.5
1.7
0.880
1.0
0.520
Carte 32 Mo 1 2 6 13 10 20 17 35 30 59
Carte 64 Mo 2 4 13 26 21 42 36 72 61 120
Carte 128 Mo 5 9 26 53 42 84 72 144 122 241
Carte 256 Mo 10 19 53 107 85 169 146 290 245 484
Carte 512 Mo 20 39 107 214 170 339 292 580 491 967
Carte 1Go 41 81 220 437 349 698 597 1173 995 1932
Carte 2Go 82 163 440 875 698 1396 1195 2346 1990 3864
                     

 

Menus de l'appareil
Bravo pour la bonne logique et lisibilité du menu.

 

 

Sur le terrain

Images prises en mode Noir et Blanc, Jpeg et avec option gamme dynamique étendu.

 

 

 

Mesures avec Imatest

Restitution des couleurs

Les tests à l’aide du logiciel « Imatest » et la mire « Colorchecker » sont concluants : le Fuji S3 Pro possède une excellente restitution des couleurs avec des couleurs subtiles, justes et tirant légèrement vers les tons chauds. Les images prises en mode Adobe RGB 1998 disposent d’une justesse que je n’ai pas encore vue sur un boîtier reflex et ceci en mode Jpeg. Les résultats en mode sRVB standard ne déméritent pas non plus est restent très proches de l’idéal. La saturation des couleurs est avec 102,6% (Adobe RVB 1998) et 103,2% (sRVB) quasi parfaite. Les modes de simulation film F1 et F2 n’ont pas été testés, il s’agit des rendus sRVB simulant des films négatifs couleur (F1) et diapo (F2).

Adobe RVB 1998
sRVB

 

Bruit

Ces derniers mois on a pu assister à des progrès époustouflants dans la suppression du bruit par le traitement du DSP des appareils numériques. Fuji ne s’est pas non plus reposé sur ses lauriers et nous propose un appareil encore plus performant que le S2 Pro, déjà un des meilleurs de sa catégorie. Le bruit n’évolue que très lentement au-delà de sa sensibilité nominale de 100 ISO et même la sensibilité maximale de 1600 ISO reste parfaitement utilisable. Grâce à la dynamique plus étendue de son capteur, le bruit ne devient jamais nuisible. Les mesures dans Imatest témoignent également d'un bruit chromatique bien discret. Les courbes « noise spectrum » extraites du logiciel démontrent un traitement musclé du bruit de la part du processeur interne de l’appareil, sans que celui-ci puisse détruire des détails par un lissage excessif. Un bon travail !! J'ai fait des images de test dans des conditions difficiles (F5.6/1/2s) pour comparer le Fuji S3 au Canon EOS 1D MK II à la sensibilité de 100 ISO. Le Fuji est sorti vainqueur grâce à un niveau de bruit plus faible dans les ombres (test effectué en RAW avec conversion dans Phase One C1 Pro 3.6 ).

100 ISO
200ISO
400ISO
800 ISO
1600 ISO

Résolution du capteur

Au niveau de la résolution du capteur, le Fuji se bat honorablement contre la concurrence. Le résultat pour 6 Mpix est excellent, meilleur que celui des Canon 10 D et Nikon D 100. C’est à sa taille interpolée de 12 Mpix que le capteur brille par une très bonne résolution et une quasi absence de moiré (MTF 50 à la fréquence Nyquist très faible). Sa résolution est comparable à un bon 8 Mpix du type Canon EOS 1D MK II, hélas sans pouvoir rivaliser avec les performances d’un vrai capteur 11Mpix comme celui du Canon EOS 1DS. Les mesures SFR ont été établies à l'aide du Micro Nikkor 2.8/60 à sa meilleure ouverture F5.6 et à 100 ISO (1.4/50 EF USM pour les appareils à monture Canon).

 

Appareil
MTF 50
MTF Nyquist
Canon 10D
1374
0.106
Fuji S3Pro 6 Mpix.
1432
0.193
Nikon D100
1344
0.205
Canon 1DS
2135
0.266
Kodak SLRc 14 Mpix.
2219
0.245
Kodak SLRc 6 Mpix.
1460
0.275
Kodak SLRc 3 Mpix.
1278
0.375
Fuji S3 Pro 12 Mpix.
1880
0.103
Canon 1DS MK2
2498
0.337

 

Canon D60 Jpeg L
Fuji 6 MP Jpeg fin
Fuji 12 MP Jpeg fin
Test grandeur nature pour le Fuji S3 et mon D60 dorénavant considéré comme ancien dans l’hiérarchie des reflex numériques. Le Fuji fournit des images plus piquées, plus détaillées que le D60 et ceci en configuration de base Jpeg « F « pour le Fuji, Jpeg « L » pour le Canon. F8, 1/125s pour les deux boîtiers, AF2.8/60 D Micro sur le Fuji et 1.4/50 EF USM sur le Canon.

 

Mesures effectuées avec Imatest de Norman Koren

Logiciels

 

Fuji Finepix Viewer

 

Fuji Raw File Converter LE

 

Triste à pleurer, les logiciels Fuji livrés avec le boîtier sont d’une austérité et simplicité accablante. « Finepix Viewer », pollué par la publicité et un lien vers un labo en ligne Fuji, n’apporte strictement rien au photographe professionnel, selon la marque cible principale de l’appareil. Et « Raw File Converter LE » fait une conversion toute bête, sans intérêt et sans pouvoir exploiter le potentiel de l’appareil en CCD-RAW. Le fait qu’il soit à la date d’aujourd’hui le seul outil capable de décoder le RAW du Fuji S3 Pro, n’arrange rien. Fuji ferai bien de mettre un exemplaire de la fameuse « Hyper Utility Software » (comprenant le « Raw File Converter EX » et un soft pour le pilotage direct du boîtier par câble IEE-1394) dans le carton de l’appareil. Mais je parie que la version 3 du logiciel n’est pas encore prête….

 

Autres logiciels de conversion RAW

 

Adobe Photoshop CS Camera RAW ( ACR v.2.5, à venir)

cPicture *

Phase One Capture One 3.6 ( version Mac disponible, version PC prévu pour fin décembre)

Bibble 4.1 ( la version 4.2 sera compatible)

dcRAW X *

Helicon Filter *

Raw Drop *

Silverfast DC Pro*

 

* selon disponiblité de la bibliothèque dcRaw

 

Conclusion
+
-
  • appareil de bonne construction
  • bonne exposition
  • intégration au sein du système flash Nikon
  • excellente résolution
  • double -connectique IEEE-1394 et USB 2
  • support double carte (CF/MD et XD)
  • colorimétrie juste, subtile
  • Adobe RVB 1998 et sRVB
  • sensibilités ISO jusqu'à 1600 ISO
  • AF assez véloce et précis
  • excellent rapport signal/bruit
  • excellente dynamique de 14 bits/couche
  • bonne gestion des artefacts
  • "buffer" large
  • deuxième écran avec paramètres numériques de prise de vue
  • très bonne qualité des fichiers Jpeg
  • accus LR6 /NiMh offrant une autonomie de plus de 350 photos
  • Mode" Noir et Blanc"

 

 

 

  • ancien système flash D-TTL
  • pas tropicalisé
  • pas de RAW+Jpeg
  • viseur étriqué
  • synchro X 1/180s
  • offre logicielle très pauvre
  • petit contacteur firewire 4p peu fiable
  • rafale limité à 2.5 images/s
  • cher par rapport au D70 et 20D

 

 

 

 

 

 

 

 

La dynamique
Depuis la sortie de mon article j’ai pu apercevoir sur des forums photo et de la part des photographes beaucoup de questions concernant la dynamique du capteur, selon Fuji bien améliorée par rapport aux autres boîtiers numériques. Avec ses 2 bits/couche supplémentaires, le gain devra surtout être visible sur des photos qui disposent des zones de fort contraste. Un deuxième test publié sur le site de Michael Reichmann, « Luminous Landscape », était plutôt sceptique quant à la comparaison des fichiers avec ceux prises avec un Canon EOS 20D. Il était alors temps d’effectuer un test dans des conditions qui favorisent un fort contraste.
J’ai attendu un de ces rares jours de beau soleil pour sortir le Fuji S3 Pro. Mon test représente uniquement des photos prises en mode Jpeg. Les images prises en mode RAW ne sont pas modifiées par les réglages du boîtier en mode étendu (Auto, Wide1, Wide2) puisqu’on exploite le signal brut du capteur et je n’ai pas pu voir des différences entre les bruts 12 bits et 14 bits/couche….

 

Premier exemple

 

Fuji S3 Pro, AF-D 2.8/28, 100 ISO, Jpeg Dynamique Standard

 

Histogrammes de l'image ci-dessus
Dynamique Standard
Wide auto
Wide 1
Wide 2
Les histogrammes de cette image démontrent l’efficacité du gain de dynamique et surtout du traitement interne du DSP de l’appareil générant les fichiers Jpeg analysés ici. Le bord droit de l’histogramme de l’image « standard » montre une petite montagne au bout, signe d’un écrêtage assez léger des hautes lumières. En mode « wide », cette zone disparaît et fait place à une longue pente douce sans aucune perte de détail détectable. Les valeurs de l’histogramme sont très légèrement décalées vers la gauche, il existe une compression des valeurs moyennes.

 

Deuxième exemple
Fuji S3 Pro, AF-D 2.8/28, 100 ISO, Jpeg Dynamique "Wide 2"

 

Wide 2 (400%)
Standard
Différence très visible au niveau des hautes lumières. Les allégations de Fuji vantant une restitution plus photographique, plus proche de l’argentique sont confirmées. Sur les fichiers Jpeg au moins, le Fuji délivre une qualité remarquable, proche des dos numériques au niveau rendu. Je me pose la question de la nécessité de faire du RAW avec ce boîtier et c’est plutôt grave- suis-je un fervent apôtre du format RAW-à suivre......