Adobe Lightroom Bêta 4.1

Deux mois seulement après  l’entrée spectaculaire d’Apple dans le cercle très fermé des éditeurs de logiciels dédiés aux photographes professionnels en novembre 2005, Adobe présentait Lightroom, un concurrent très sérieux d’Aperture. Le logiciel ayant été lancé dans une version encore inachevée, la tentation est grande d’imaginer qu’Adobe a voulu barrer la route aux ambitions d’Apple… Lightroom est né il y a environ deux ans, sous le nom de code « Shadowland ». Les progrès réalisés depuis ont abouti à une véritable alternative au flux de travail avec Adobe Photoshop CS2, Bridge et Camera Raw.
Lightroom s’adresse exclusivement aux photographes numériques et remplace à lui seul les fonctionnalités associées de Bridge et de Camera Raw : toutes les étapes de travail, de l’importation jusqu’à l’impression des images numériques, sont couvertes par le logiciel.

Plume, Saint Brevin. Canon 1Ds, EF 1.4/50 mm.

La version bêta 4 présentée ici donne un premier aperçu de la version finale à venir. Certes, elle souffre encore de quelques petits bugs, et l’interface générale ainsi que les outils subiront certainement encore quelques améliorations mineures, mais force est de constater que le logiciel présente d’ores et déjà une vraie alternative au couple Photoshop/Camera Raw. N’hésitez donc pas à découvrir Lightroom, que vous pouvez télécharger gratuitement sur le site qui lui est dédié : http://labs.adobe.com/technologies/lightroom/ Les captures d’écran reproduite dans ce chapitre sont issues d’une version Mac, encore publiée en anglais.


La version bêta actuelle (4.1) est utilisable jusqu’à fin février 2007 ; à cette date, vous devrez acquérir la version finale dont le prix d’achat n’a pas encore été communiqué.

L’interface graphique de Lightroom


Lightroom place l’image au centre de son interface, approche entièrement nouvelle pour Adobe. L’interface graphique comporte cinq modules qui gèrent chacun des tâches particulières.


Le module Library (Bibliothèque) reprend les fonctionnalités de Bridge (dans Photoshop CS2) et de l’Organiseur (dans Photoshop Elements). L’explorateur de Lightroom répertorie uniquement les fichiers importés au sein de son catalogue, ce qui est similaire au fonctionnement de l’Organiseur mais qui diffère de celui de Bridge. Dans Library, plusieurs alternatives permettent de sélectionner des photos ou de limiter l’affichage à une sélection d’images ; il est également possible d’en afficher deux côte à côte pour faciliter leur comparaison. L’onglet Quick Develop du module Library propose des outils de développement plus basiques que ceux du module Develop.


Le module Develop (Développer) est un véritable laboratoire de développement dédié aux fichiers RAW (bien que vous puissiez utiliser nombre de ses outils pour retoucher aussi vos fichiers JPEG ou TIFF). Il reprend l’intégralité des outils de Camera Raw et partage avec lui son moteur de développement. Vous y trouverez également quelques outils de Raw Shooter, notamment les outils Fill light et Vibrance, car son éditeur danois Pixmantec a très récemment rejoint le géant Adobe.


Une fois vos images ajustées, vous pouvez les exporter (par une conversion des fichiers bruts vers un des formats TIFF, JPEG ou DNG), créer des diaporamas (module Slideshow), imprimer (module Print) ou créer des galeries d’images pour Internet (module Web).


Gérer des images dans la bibliothèque de Lightroom


Lightroom dispose de plusieurs modes d’affichage, identiques pour chaque module. Vous pouvez les sélectionner via la barre des menus (Window>Screen Mode) ou les faire défiler un par un à l’aide du raccourci F.
Lightroom est encore incapable de tirer profit de deux écrans – une lacune qui sera sans doute comblée dans sa version finale. Le mode Normal affiche l’interface dans sa propre fenêtre qui n’exploite pas toute la surface de l’écran (Ctrl/Cmd + Alt + F).
Le mode Full Screen étend Lightroom sur toute la surface de l’écran. Si vous souhaitez laisser la barre de menus apparente, choisissez l’option Full Screen [homogénéiser écriture avec plus bas] with menu bar. Pour pouvoir concentrer votre regard sur l’aperçu sélectionné, l’option Full Screen and Hide Panels (raccourci Ctrl/Cmd + Maj + F) élimine les panneaux à la gauche et droite de l’image. Notez que les quatre petits triangles situés près des bords de l’écran permettent d’élargir l’espace d’affichage de l’aperçu : il suffit de cliquer sur un d’eux pour replier/déplier le panneau correspondant.

Interface de la bibliothèque (Library) en mode Full Screen


Le mode Lights Out  offre une fonction unique pour réduire la luminosité des menus et barres d’outils (Window>Lights out>Lights Dim). Vous pouvez les rendre invisibles (Window>Lights out>Lights off) ou seulement les atténuer selon le pourcentage indiqué dans les préférences du logiciel (Lightroom>Preferences>Lights out>Dimlevel). Le raccourci L aide à naviguer parmi les modes disponibles.
Les trois icônes positionnées en bas de l’aperçu permettent de choisir entre différents modes d’affichage. Lorsque vous sélectionnez le mode Grille (View>Grid View, ou raccourci G), vous pouvez faire varier la taille d’affichage des vignettes en cliquant sur un des lettres XS, S, M, L ou XL. Le mode Loupe (View>Loupe, ou raccourci E) affiche une seule image. Il est également possible de comparer deux images préalablement sélectionnées à l’aide du mode d’affichage Compare (View>Compare, ou raccourci C).

Library comporte trois dossiers qui contiennent la totalité des images répertoriées par Lightroom (All Photographs), une collection en accès rapide (Quick Collection) ainsi que les dernières images importées (Previous Import). La collection en accès rapide vous permet d’effectuer un premier tri parmi vos images importées ; il suffit pour cela d’y ajouter les images choisies (raccourci B), puis afficher cette collection (Library>Show Quick Collection, ou raccourci Ctrl/Cmd + B). Un effacement de la collection rapide (Ctrl/Cmd + Maj + B) ne fait disparaître que l’attribution du tag, pas les images.
Sachez que vous pouvez utiliser les outils de la rubrique Filters pour délimiter l’affichage aux seuls fichiers disposant un certain nombre d’étoiles (Rating) ou dont les métadonnées contiennent un mot-clé inséré dans le champ Text. Lightroom distingue également Shoots (Prises de vue) et Collections : dans le premier cas, vos photos sont importées dans un dossier physique portant le nom de votre prise de vue (qui, lui, est renseigné lors de son importation) ; dans le second cas, les fichiers ne sont pas déplacés mais « taggués ». Les collections vous aident ainsi à regrouper et à retrouver des images issues de prises de vues différentes mais partageant le même sujet.


Les outils de classement du module Library.


Lorsque vous avez importé  les fichiers d’une prise de vue via la boîte de dialogue Import Photos (présentée plus loin), vous devez effectuer [pourquoi ce temps de conjugaison ? que voulez-vous dire ? précisez SVP] un premier tri pour séparer les photos réussies des photos médiocres ou ratées. Lightroom emprunte à Bridge et iView Media Pro un système de notation qui attribue des notes allant d’une à cinq étoiles (option Photo>Set Rating, ou raccourcis claviers de 1 à 5). Un dossier temporaire (Quick Collection) accueille les images retenues lors d’un premier tri efficace effectué à l’aide du raccourci B.


Importer des fichiers RAW dans Lightroom


À première vue, la commande Import Photos (File>Import) , ou raccourci Ctrl/Cmd + Shift + I) semble complexe, mais ses nombreuses options s’avèrent rapidement indispensables pour éditer vos photos avant même de les avoir importées dans Lightroom. Le logiciel est capable de détecter l’insertion d’une carte mémoire dans le lecteur de carte, il permet aussi de spécifier un dossier (Watch Folder) à partir duquel de nouvelles images seront automatiquement importées.


La boîte de dialogue Import Photos.


Trois options différentes permettent d’importer les photos :


Move files to Lightroom Library : cette option importe directement les images dans la bibliothèque de Lightroom ; elle est particulièrement intéressante lorsque vous ne possédez que peu de photos et que vous souhaitez les gérer et les stocker avec ce logiciel, mais elle est encore un peu dangereuse à utiliser compte tenu du stade de développement du logiciel (plusieurs utilisateurs ont ainsi perdus leurs fichiers…) ;


Copy to Lightroom Library : bien plus sûre, cette option respecte votre système de sauvegarde et de catalogage habituel mais elle vous imposera de posséder un ou plusieurs disques durs de capacité importante ;
Copy as Digital Negative (DNG) : cette option permet la création d’une copie de sauvegarde au format DNG.


Pour afficher les fichiers dans son module Library, puis dans tous ses autres modules, Lightroom peut générer des vignettes lors de l’import des images (option Render Standard Previews) ou utiliser celles qui sont enregistrées avec les fichiers à la prise de vue (option Use embedded and Sidecar Previews). Il offre aussi une troisième option, Library›Render 1:1 Previews, accessible une fois l’importation achevée. Sachez que chacune de ces options a ses avantages et ses inconvénients : les vignettes fournies par l’appareil sont de qualité médiocre, la fonction Render Standard Previews est très longue à s’exécuter, quant aux vignettes en haute résolution, elles occupent rapidement tout l’espace disque de votre ordinateur – c’est pourquoi Lightroom offre de les supprimer (commande Preferences>Automatically Discard 1:1 Previews).
Le panneau Importation permet aussi d’ajouter un jeu de métadonnées à tous les fichiers importés (option Metadata) – par exemple ajouter un copyright aux images –, ou d’appliquer une partie des réglages habituellement effectués au sein du module Develop. Sur la capture précédente, le jeu de réglages appliqué avait pour but d’optimiser le rendu des couleurs d’un Canon 1Ds ; il a été déterminé à l’aide de la méthode décrite dans le chapitre 5 de "Développer ses fichiers RAW" (à la section « Étalonner votre boîtier avec Camera Raw »).
Lors de l’importation, vous pouvez également insérer des mots-clés communs qui faciliteront une recherche rapide de vos photos dans Lightroom (insérez le mot dans le champ Filters du module Library), dans Bridge ou dans toute application de catalogage sachant lire les informations IPTC.


Développer des fichiers RAW dans le module Develop


Le module Develop est le cœur du laboratoire photographique qu’est Lightroom. Au fil des versions bêta consécutives, le logiciel s’est enrichi d’outils multiples et en propose aujourd’hui bien plus que Camera Raw. Bien qu’il dispose des routines de développement et profils ICC de ce dernier, ses paramètres et fichiers Sidecar en format .xmp demeurent encore incompatibles : les fichiers RAW ajustés à l’aide de Camera Raw doivent être corrigés de nouveau dans Lightroom pour retrouver une apparence irréprochable…



Le module Develop, véritable  centre de contrôle du traitement des fichiers RAW.


Le module Develop partage l’interface générale du logiciel : vous pouvez faire disparaître les deux panneaux situés à gauche et à droite de l’aperçu afin d’afficher celui-ci en mode Plein écran (Window>Panels>Toggle all side panels). Les réglages suivants permettent un réglage encore plus précis de l’interface :
appuyez sur la touche Espace pour un agrandissement de 100 % (un pixel de l’écran correspondra à un pixel de l’image) ; si vous cliquez avec la loupe sur un détail de l’image, celle-ci sera centré et agrandi à 100 % ;
le logiciel offre depuis sa version bêta 3 un mode comparaison qui affiche une version avant et une version après modification dans Lightroom ; le raccourci clavier Y aligne les deux versions pour une disposition gauche/droite, la touche U les place l’une au-dessus de l’autre ;
depuis le menu Navigateur situé sur le panneau de gauche, vous pouvez ajuster la taille d’affichage de l’aperçu en choisissant entre les options FIT (afficher toute l’image), FILL (remplir l’écran) ou deux taux d’agrandissement (à 100 et 400 %).


L’histogramme (Histogram)

L’histogramme de la version bêta 4 de Lightroom est divisé en quatre zones qui apparaissent dès que vous déplacez votre souris sur l’histogramme ou sur une des quatre commandes de l’onglet Basic qui les héberge. Il indique ainsi les zones affectées et contrôlées par les commandes Blacks (Point noir), Fill Light (Ombres), Exposure (Tons moyens) et Recovery (Hautes lumières).
L’histogramme est devenu véritablement interactif : pour corriger les tons moyens d’une image, cliquez avec la souris sur une gamme de pixels moyens de l’histogramme, puis faites-la glisser vers la gauche (pour assombrir l’image) ou la droite (pour l’éclaircir). Notez que cette opération déplace simultanément le curseur correspondant (ici, le curseur Exposure).

Les petits carrés situés en haut à gauche et à droite de l’histogramme contrôlent l’affichage des valeurs écrêtées dans les hautes et basses lumières. Leur fonctionnement rappelle la gestion de l’affichage de Raw Shooter – ce qui n’est guère surprenant vu l’acquisition récente de Pixmantec par Adobe. Le simple fait de cliquer sur un des carrés change le mode d’affichage et permet de choisir un affichage automatique des pixels écrêtés ou un affichage assujetti au passage de la souris sur l’un des carrés. Dans les deux cas, les zones sous-exposées apparaissent en bleu et les zones surexposées en rouge.


Les réglages de base (onglet Basic)


Une partie des réglages de base de Lightroom est identique à ceux qui figurent dans l’onglet Réglages de Camera Raw 3.x (reportez-vous à la section « Contrôles de l’image avec Camera Raw » de "Développer ses fichiers RAW" ). Pour cette raison, nous nous limiterons ici à la présentation des outils inédits de Lightroom qui font de ce logiciel un outil bien plus sophistiqué que son aîné.


Ne vous laissez pas désorienter par l’appellation « onglet Basic », les outils y sont bien plus recherchés qu’il y paraît. Les utilisateurs peu à l’aise avec le fonctionnement d’une courbe y trouveront tout ce qu’il faut pour corriger la tonalité de leurs fichiers d’image.

 

White Balance (Balance des blancs) : le fonctionnement de cet outil est identique à celui de l’outil intégré dans Camera Raw.
L’option Auto Adjust Tonality correspond à l’ajustement automatique des quatre paramètres Exposition, Tons foncés, Luminosité et Contraste de Camera Raw. Ce réglage donne souvent un premier affichage très avantageux de vos images au format RAW, mais comme tout correcteur automatique, il a ses limites. Par ailleurs, notez que si vous avez choisi de cocher puis de décocher cette option, les curseurs ne reviennent pas pour autant sur leur position de départ. L’option History (Historique) est donc souvent la seule alternative pour annuler une correction automatique ratée…
La commande Exposure (Exposition) éclaircit ou assombrit tous les pixels d’une image pour définir le point blanc. Il est également possible de l’utiliser conjointement avec l’outil Brightness (Luminosité) pour réparer un écrêtage des hautes lumières. Cette technique, déjà proposée par Camera Raw, se voit voler la vedette par la commande Recovery, plus facile à utiliser et encore plus efficace.
La commande Recovery (Récupération des hautes lumières) n’exige plus en effet que l’image soit assombrie (valeurs négatives du curseur Exposition) pour permettre de récupérer du détail dans les hautes lumières brûlées d’une photo surexposée. Il suffit de faire glisser le curseur Recovery vers la droite (valeurs positives) pour faire apparaître une partie des détails perdus, la limite étant la dynamique du capteur de votre appareil. Pour afficher les zones écrêtées pendant que vous déplacez le curseur Recovery, appuyez sur Alt/Option (les utilisateurs de Camera Raw connaissent déjà cette astuce qui fonctionne également avec les commandes Exposure et Blacks).
Fill Light est une commande fortement inspirée de l’outil Tons foncés/Tons clairs de Photoshop, de D-Lighting (Nikon Capture) ainsi que de ses homonymes chez Bibble et Raw Shooter. Elle permet d’éclaircir les basses lumières, sous-représentées par la nature linéaire des fichiers RAW. Bien que particulièrement efficace, la linéarité des fichiers RAW conduit justement à l’utiliser avec précaution – évitez d’employer des valeurs supérieures à 50 et scrutez attentivement votre fichier pour repérer l’apparition de cassures (banding), très fréquentes.
Comme la commande Tons foncés de Camera Raw, la fonction Blacks définit le point noir de l’image .
Les commandes Brightness (Luminosité) et Contrast (Contraste) contrôlent la répartition des valeurs de pixels entre les ombres et les hautes lumières. Contrairement à la commande Exposition qui modifie tous les pixels d’une image, Brightness n’affecte que les tons moyens. C’est donc l’outil privilégié pour éclaircir ou assombrir une photo sans écrêter les valeurs extrêmes. La commande Contrast agit comme une courbe en S, fonçant les pixels plus sombres et éclaircissant les plus clairs. Encore une fois, elle agit surtout sur les pixels foncés.


Les réglages de l’onglet Tone Curve (Courbe de tons)

L’onglet Tone Curve regroupe la fonction Courbe de Lightroom ainsi que des commandes très évoluées pour modifier la répartition des tons. Cet onglet a subi d’importantes modifications au fil des versions bêta successives et présente aujourd’hui l’approche la plus intuitive et la plus puissante des logiciels de conversion de cette fin d‘année 2006. Comme pour l’histogramme, Lightroom « découpe » la courbe en quatre zones, respectivement appelées (de gauche à droite) « Shadows » (Ombres), « Darks » (Tons foncés), « Lights » (Tons clairs) et « Highlights » (Hautes lumières). Moyennant quatre petites flèches situées en bas de l’affichage, vous pouvez attribuer une étendue plus ou moins large à chacun des quatre segments. Mais vous pouvez aller encore plus loin.



Quatre curseurs qui reprennent les appellations des quatre zones mentionnées permettent d’infléchir la courbe afin de modifier le contraste dans chacune de ces zones (dont l’étendue est, rappelons-le, déterminée par les quatre flèches). Les commandes Highlights, Lights, Darks et Shadows sont toutes situées par défaut sur la valeur 0 ; vous pouvez augmenter le contraste de la zone correspondante en tirant le curseur vers la droite (valeurs positives et courbe en S) ou le diminuer en déplaçant le curseur vers la gauche (valeurs négatives et courbe en S inversée). Sachez qu’il est également (et tout simplement) possible de cliquer sur un point de la courbe, puis de le déplacer sur un axe vertical. Cliquez sur un détail de votre aperçu et l’histogramme affichera sa position sur la courbe.


Dans l’onglet ACR Curve, vous pouvez choisir la courbe employée par Lightroom. Par défaut, c’est la courbe moyenne (Medium Contrast) qui est sélectionnée, mais la courbe linéaire (Linear Contraste) est probablement un meilleur point de départ pour la plupart des images au format RAW. Le panneau Presets affiche les courbes préenregistrées, génériques ou personnalisées.
Le potentiel des outils d’ajustement de Lightroom est extrêmement impressionnant ; faute de place, nous n’avons pu qu’en effleurer ici une toute petite partie, mais nul doute qu’un ouvrage dédié sera un jour le bienvenu.


Pour un confort de travail optimal

Si vous avez un moniteur de dimension moyenne, les curseurs du module Develop risquent d’être trop petits pour une manipulation aisée. Augmentez votre confort de travail et surtout la précision de vos mouvements de curseur en cliquant sur le bord intérieur du panneau d’outils ; faites glisser le panneau vers l’intérieur de l’écran, puis lâchez la souris dès qu’il aura atteint la largeur idéale.


Onglets Detail, Lens Corrections et Camera Calibration


Ces trois onglets vous amènent sur un terrain connu, puisque Lightroom y récupère les fonctionnalités déjà utilisées par Camera Raw.

L’onglet Detail (« Détail » dans Camera Raw) regroupe les trois commandes pour accentuer (Sharpen) ainsi que pour corriger le bruit de luminance (Smooth) et le bruit coloré (De-noise). Contrairement à Camera Raw, Lightroom ne permet pas d’activer l’accentuation pour l’unique affichage de l’aperçu. Pour simplifier l’évaluation de netteté d’un fichier, il vous faudrait donc accepter une accentuation par le logiciel – option bien peu réjouissante, l’unique curseur ne pouvant en aucun cas rivaliser avec la commande Accentuation de Photoshop qui agit sur trois paramètres... Je vous conseille donc de la désactiver (curseur sur la position 0) pour effectuer chaque accentuation dans Photoshop. Pour toute précision sur l’utilisation des deux curseurs de réduction de bruit, reportez-vous au chapitre 5 de mon ouvrage "Développer ses fichiers RAW" (« La réduction du bruit avec Camera Raw »).
L’onglet Lens Corrections (onglet « Objectif » dans Camera Raw) offre de corriger les aberrations chromatiques et le vignetage. Le chapitre 5 vous donnera là aussi davantage d’informations.
L’onglet Camera Calibration dispose d’outils puissant mais assez complexes à utiliser. Les curseurs destinés à modifier la saturation et la teinte des trois couches couleur autorisent notamment une correction pointue de la restitution des couleurs de votre capteur et permettent de jouer avec des « filtres noir et blanc ». Les préréglages de Camera Raw, bien qu’identiques, ne sont pas encore compatibles avec ceux de Lightroom ; il faut donc rentrer les valeurs manuellement, puis enregistrer un nouveau jeu (Add) qui apparaîtra ensuite parmi les préréglages du panneau Presets. Les préréglages de Lightroom sont enregistrés dans nom_utilisateur/Bibliothèque/Adobe Lightroom/Develop Presets (sous Mac Os X) ou dans C:\Documents and Settings\nom_utilisateur\Application Data\Adobe\Lightroom\Develop Presets (sous Windows XP).


À l’adresse http://www.volkergilbertphoto.com/goodies.html, vous trouverez sous peu des préréglages de calibration dédiés pour Lightroom.


Des images sans (trop) de couleurs


En plus des préréglages que nous venons de mentionner – et dont vous trouverez une présentation détaillée dans le chapitre 5 (« Les filtres noir et blanc de Camera Raw ») –, Lightroom offre une multitude d’options pour aborder la transformation noir et blanc des fichiers RAW.



Brise-lames, Saint Herbain. Canon 1Ds, objectif EF 2.0/100 USM.


Le mélangeur de couches (Greyscale Mixer) est un peu plus souple que son alter ego dans Photoshop CS/CS2 (Image>Réglages>Mélangeur de couches) puisqu’il propose de modifier [« de… » complétez avec un verbe] les couches CMJ en plus des couches RVB. Pour transformer une image en noir et blanc, il vous faut tout d’abord désaturer l’image (via l’option Greyscale de l’onglet Basic).

L’option Auto effectue ensuite un premier réglage noir et blanc qui peut être affiné en déplaçant un des curseurs. Pour densifier un ciel bleu, vous pouvez par exemple déplacer le curseur Blues vers la gauche (valeurs négatives) ; un mouvement du curseur Reds vers la droite éclaircira les teintes chair d’un portrait ; quant au curseur Magentas, il peut permettre de foncer la couleur du rouge à lèvres d’un modèle (déplacement vers les valeurs négatives).

Si le résultat procuré par le mélangeur de couches ne vous convient qu’à moitié, vous pouvez peaufiner le résultat à l’aide des commandes dédiées à la correction de la température de couleur (Temperature) et de la teinte (Tint), ainsi qu’avec l’intégralité des outils qui permettent de modifier la tonalité (dans les onglets Basic et Tone Curve).
Cependant, Lightroom n’est pas confiné au monochrome noir et blanc : vous pouvez également effectuer des transformations sépia ou cyan, grâce aux deux préréglages du même nom dans le panneau Presets, ou faire appel à un troisième préréglage, Antique Greyscale. Vous pouvez également effectuer vos propres réglages et les enregistrer à l’aide du bouton Add. L’image suivante a été développée en utilisant le préréglage Antique Greyscale.



Photo prise avec un Canon 1Ds, objectif EF 2.0/100 USM.


Bien que son mode de fonctionnement soit bien différent de celui du mode Bichromie de Photoshop, la commande Split Toning permet d’obtenir des résultats assez proches et surtout très flatteurs. Bien que vous pouvez utiliser la technique de Split Toning avec tout type de photo, couleur ou noir et blanc, les résultats les plus intéressants sont obtenus à partir des   images déjà transformées en noir et blanc.

Comme son nom l’indique, la commande Split Toning sépare les tons clairs des tons foncés et permet ainsi de déterminer une teinte et de contrôler la saturation pour chacune des deux gammes de tons. Pour la photo d’architecture suivante, j’ai opté pour une teinte bleue pour les tons foncés et pour une teinte jaune pour les lumières (nuages). L’effet demeure assez discret grâce à une saturation modérée (inférieure à 50 %) pour les deux gammes de tons.


Ces réglages de la commande Split Toning ont été appliqués à la photo suivante.



Mont-Saint-Michel. Canon 1Ds, objectif EF 4/17-40 L USM.


 Exporter des images avec Lightroom


Une fois que tous les réglages ont été déterminés, il faut envisager la destination des photos. L’esprit « tout en un » du logiciel permet de produire de multiples versions des fichiers RAW, que ce soit pour des planches-contacts, des épreuves de contrôle, des galeries Web en format HTML ou Flash, un diaporama pour votre ordinateur ou tout simplement des fichiers destinés à la post-production dans Photoshop. Dans ce livre, je ne traite pas des modules Slideshow, Print et Web ; je vous recommande donc la lecture d’un ouvrage dédié à Lightroom pour vous familiariser avec toutes les options non abordées ici.
L’exportation des images et leur enregistrement en format de fichier universel sont pris en charge dans la boîte de dialogue Export, accessible via le menu File>Export ou simplement par le raccourci clavier Ctrl/Cmd + Shift + E. Lightroom est bien évidemment capable de développer simultanément un grand nombre de fichiers, il suffit pour cela de sélectionner plusieurs fichiers avant d’ouvrir la boîte de dialogue Export. Cette dernière abrite un grand nombre de paramétrages détaillés ci-dessous.
[à côté fig L14]Dans Export Location>Destination Folder, vous pouvez sélectionner un dossier d’accueil pour vos fichiers convertis. L’option Put in Subfolder crée un sous-dossier File Naming qui vous permet de choisir un nom pour les fichiers convertis ; dans l’exemple présenté ici, on a choisi un « nom universel » composé du type d’appareil utilisé, de la date de prise de vue ainsi que d’un numéro séquentiel à trois chiffres qui démarre ici à 001 (First Sequence Number).
Lightroom permet l’enregistrement aux formats JPEG, PSD, TIFF et DNG. Les formats PSD et TIFF proposent une profondeur de 8 bits ou 16 bits/couche. Le format DNG est le format RAW créé par Adobe ; pour des raisons évoquées au chapitre 1 (section « Le format DNG »), je vous déconseille d’enregistrer au format DNG sans préserver vos « originaux » au format CR2, NEF, ORF, etc., contrairement à ce que vous suggère  la commande Convert Photos to DNG : supprimer vos fichiers RAW propriétaires une fois leur conversion en format DNG effectué…. Cependant, l’archivage simultané de fichiers Raw « propriétaires » (CR2, NEF etc.) et « universels » (DNG) , bien qu’accompagné de lourdes conséquences pour votre espace disque, multiplie vos chances de pouvoir lire (et exploiter) vos fichiers RAW dans un futur pas si lointain.



Lightroom bénéficie comme tous les logiciels de conversion d’un espace de travail linéaire de dimensions généreuses, bien utile pour préserver la grande qualité des fichiers bruts. Le logiciel utilise le moteur de conversion colorimétrique de Photoshop (ACE) qui convertit vers un l’espace Pro Photo RVB, Adobe RVB ou sRVB lors de l’export des images. (Notez que Camera Raw proposait un quatrième espace de travail, Color Match RVB, qui ne suscite plus aujourd’hui grand d’intérêt.) Je vous conseille d’utiliser l’espace Pro Photo RVB pour les photos destinées à la post-production sous Photoshop (en mode 16 bits/couche) et l’impression offset, Adobe RVB pour les impressions jet d’encre et sRVB pour vos tirages sur papier photo et vos illustrations Web.


L’export sous forme de Photo Binder

À l’aide de la commande Export Photos as Photo Binder, vous pouvez exporter un dossier d’images entier (c’est-à-dire toutes les photos et leurs réglages sous forme de fichiers XMP) afin de pouvoir les récupérer dans une autre installation de Lightroom. Cette option est très pratique (et s’avère finalement indispensable) pour tout utilisateur disposant de deux ordinateurs – soit la majorité des photographes « sérieux ».


Imprimer avec Lightroom


Le gestionnaire d’impression est incontestablement une des plus belles réalisations du genre. Son interface sobre et élégante vous incite à utiliser votre imprimante bien plus souvent que réellement nécessaire. Faites attention : votre porte-monnaie ressentira les conséquences de chaque recharge de cet or liquide qu’on appelle plus prosaïquement cartouche d’encre !



L’utilitaire d’impression de Lightroom (Print).


Le logiciel intègre de nombreux gabarits d’impression (template) qui vous permettent d’imprimer des planches-contacts variées, plusieurs images sur une feuille ou simplement votre plus belle réalisation dans les formats proposés par votre imprimante. Le logiciel offre une grande souplesse pour la mise en page et même l’impression de certaines métadonnées (Photo Information) ainsi que des marques de coupe, du folio des pages, etc.
Lightroom possède des réglages plus transparents que Photoshop pour la gestion des couleurs. La gestion des profils ICC est prise en charge par le logiciel lui-même (dans ce cas vous devez désactiver la gestion des couleurs dans le pilote de votre imprimante) ou déléguée à l’imprimante (option Managed by Printer). Pour la résolution d’impression (Print Resolution), Lightroom suggère 240 dpi, réglage que vous pouvez modifier selon vos besoins et habitudes de travail. L’accentuation pour l’impression, l’une des trois étapes d’accentuation préconisées par Bruce Fraser (voir la Bibliographie dans l’annexe de ce livre), est enfin possible grâce à trois réglages dédiés et accessibles sous Print Sharpening. Cette accentuation finale vise à compenser la perte de netteté due aux procédés d’impression (jet d’encre laser ou sublimation thermique) et n’affecte pas votre image : elle est uniquement appliquée « on the fly », pour l‘impression.


Créer des galeries Web avec Lightroom


Déjà disponible au sein de Photoshop et de Photoshop Elements, la création de galeries Web intéresse nombre de photographes. Là encore, Lightroom livre un outil à la fois très efficace et simple d’utilisation. Bien qu’il ne propose encore que deux modèles (une galerie HTML « classique »  et une galerie en Flash), le module Web évoluera rapidement grâce à l’expertise réunie de Macromedia (Flash, Dreamweaver, Shockwave) et d’Adobe. Notez que vous pouvez dores et déjà personnaliser les deux gabarits de base à l’aide des nombreuses options ou avec un éditeur WYSIWYG , comme Dreamweaver ou GoLive. Lightroom possède même un module FTP pour vous aider à placer vos pages sur un serveur.



Une galerie HTML produite avec Lightroom et affichée dans le navigateur Web Safari
.


Notez que les fonctionnalités de la galerie Web peuvent être contournées pour convertir une série d’images en vignettes pour le Web – Lightroom se charge ainsi également d’une conversion du profil ICC, par défaut vers le  profil sRVB.

Lightroom bêta 4 – fiche pratique


Systèmes d’exploitation et configuration minimale 


Windows XP SP2, Pentium IV, 1Go de RAM ou davantage conseillés.
Macintosh Mac OS 10.4 ou plus récent, processeurs G4 ou G5, Intel Core Duo à fréquence d’horloge de 1GHz ou davantage, 1 Go de RAM ou plus conseillés.


Appareils photo reconnus

tous les appareils pris en charge par Camera Raw.


Tarif

encore inconnu, la version bêta 4 est utilisable gratuitement jusqu’à fin février 2007.


Trouvez les raccourci pour Lightroom ici

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