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Lightzone -PETIT SURDOUé

 

 

Il y a quelques mois de là que je découvris le logiciel Lightzone -  sans pourtant être emballés par ses fonctionnalités inédites. Ayant passé quelques années avec Adobe Photoshop et ses dérivés, ses courbes et histogrammes ainsi que son architecture particulière pour les calques et couches, j’étais considérablement perturbé par ce   nouveau logiciel conçu par  Lightcrafts, petite société située à Palo Alto/Californie. Car Lightzone dispose d’une ergonomie pourvue d’une simplicité déconcertante et se contente de quelques outils choisis là ou Photoshop assomme le chaland littéralement par la richesse des outils de retouche d’ailleurs souvent récurrents. Lightzone (à ne pas confondre avec le célèbre logiciel photo d’Adobe, toujours inachevé…), utilise tout comme Apple Aperture et Nikon Capture NX une architecture de « stack », sorte de calque de réglage simple d’emploi qui permet de superposer les modifications, les supprimer et modifier avec une facilité étonnante. Le traitement d’image est non-déstructif, l’original est donc toujours préservé et il est même possible de créer plusieurs versions d’un fichier et de les enregistrer ainsi que les réglages et leur historique dans un format propriétaire (.lzn). Lightzone lit les formats TIFF, JPEG, PNG et plusieurs formats RAW (CR2, CRW, TIF et NEF), le format RAW « universel » DNG n’est, hélas,  pas encore pris en charge.

Installer Lightzone

Lightzone est disponible pour Macintosh et Windows dans deux versions, Lightzone et Lightzone Retouch Edition (RT), la dernière version ne dispose ni navigateur ni convertisseur RAW et s’intègre dans des logiciels tel Phase One Capture One, Apple Aperture, Bibble etc. Je vous présente ici que la version complète que vous pouvez acquérir directement sur le site (pour 149,95 USD), vous pouvez télécharger une version d’évaluation, parfaitement opérationnelle  pendant 30 jours. Lightzone a réservé une politique particulière aux utilisateurs d’une plateforme Linux. Anton Kast, collaborateur de Lightcrafts, propose deux versions du logiciel, avec ou sans environnement Java, aux amis du pingouin, les versions tarball (.tar.gz) nécessitent aucune installation proprement dite (il suffit de décompresser le dossier et de le copier vers le répertoire de votre choix), ce qui rend l’application compatible avec toute sorte de distribution Linux -  bien vu ! N’oubliez pas de créer un dossier (/usr/share/color/icc), puis d’y copier les fichiers ICC de votre choix pour pouvoir utiliser la gestion des couleurs du logiciel pour l’export et l’impression – par défaut le logiciel propose uniquement le profil sRVB…
Pour Windows et Macintosh, le logiciel est très simple d’installation, un installateur s’acquitte de cette tache.
Lightzone demande un processeur G4, G5 ou Intel Mac, accompagné d’un système Mac OS 10.4.3 ou plus récent et  Java 1.5. L’éditeur recommande pour Windows un processeur de 2.0 GHz ou mieux, pourvu de 1 Go de RAM ou davantage. Comme toute application moderne, le logiciel requiert un équipement récent, sans lequel vous subissez des lenteurs ennuyeuses !
Basé sur le langage Java (à ne pas confondre avec Java Script !), le logiciel possède une apparence et des fonctionnalités identiques, quelque soit le système d’exploitation.

Lightzone et les formats RAW

Une des raisons pour lesquelles je n’étais pas du tout convaincu du logiciel lors de mes premiers essais avec ses versions 1.1 et 1.2 était la qualité médiocre du développement des fichiers RAW. L’éditeur utilisait (et utilise toujours) la bibliothèque et une partie des algorithmes mises à disposition par Dave Coffin. DCRaw dont il s’agit, doit être considérablement amélioré avant de délivrer une qualité acceptable. Lightcraft l’a compris et livre dorénavant ( dans sa version 1.5) pour les appareils compatibles un profil ICC ainsi qu’un jeu de correction personnalisé qui comprend une correction des couleurs (RAW Color) et/ou une correction des zones de densité (RAW Tone Map). Les deux calques de réglage s’affichent par défaut à chaque ouverture d’un fichier RAW. Effectivement, ces efforts améliorent la qualité de conversion RAW au point de rejoindre (enfin) les ténors du marché.

L'interface - simple et bien organisée

L’interface de Lightzone apparaît bien (trop) simple à l’ouverture du logiciel. En effet, le logiciel sépare les interfaces Navigateur et Editeur, la dernière est uniquement accessible lorsque vous sélectionnez une image ( Clic sur une vignette), puis cliquez sur le bouton Editor, situé en haut à droite de la fenêtre. L’interface Navigateur emprunte l’explorateur de fichiers du système (à gauche), puis affiche les informations de l’image sélectionnée (EXIF, TIFF et propriétaire, ici Canon) et réserve une grande partie de la fenêtre à l’affichage des vignettes, qui peuvent être affichées en trois tailles différentes.

Une barre d’outils permet de naviguer jusqu’aux dossiers récemment consultés (flèches gauche/droite), choisir le mode d’affichage de vos fichiers (vignettes, liste), lancer une recherche parmi les images selon plusieurs critères (nom de fichier, données EXIF…), effectuer une rotation de vos images (+/-90°) ainsi qu’agrandir ou réduire la taille des vignettes.
Lightzone permet la gestion de plusieurs versions du même fichier. Dès que vous créez des modifications et vous les enregistrez dans un fichier Lightzone (.lzn), le logiciel affiche le nombre de ces versions via un chiffre ( 1, 2, 3…) sur fond rouge et marque ainsi le « fichier original ».

Un grand regret : Lightzone manque toute fonctionnalité pour organiser, cataloguer et  trier vos photos, il est également impossible de gérer ou modifier les métadonnées de vos fichiers (IPTC ou EXIF). Le logiciel se concentre ainsi à la retouche d’image, il vous est toujours indispensable de garder un logiciel de catalogage et gestion d’image (I View Media Pro, Extensis Portfolio etc.) ! Passons donc à l’essentiel de Lightzone, ses uniques outils de retouche.

L'interface de retouche

L’interface de retouche est accessible dès que vous cliquez sur une des vignettes. Là encore, le même constat : ce logiciel paraît trop simple pour être complet ! Mais, détrompons-nous. N’ayant pas l’opulence de certaines applications (nous pouvons citer Photoshop, Bibble ou Nikon Capture NX), Lightzone dispose d’outils astucieux qui, après un bref apprentissage, s’avèrent très précis et puissants.

Les outils de gauche à droite :

  1. Zone Mapper. Pièce maîtresse du logiciel, ses fonctions sont expliquées par la suite.
  2. Contrast Mask. Permet de réduire un contraste excessif.
  3. Sharpen. Un outil d’accentuation agissant sur deux paramètres, Amount et Radius
  4. Gaussian Blur. Pour appliquer un effet de flou à l’image entière ou à une partie de l’image.
  5. Hue/saturation. Modifiez la teinte (suivant  une axe magenta/vert), la saturation et la luminosité de votre sujet.
  6. Color Balance. Modifiez la balance des couleurs.
  7. Color Cast. Neutralisez les gris à l’aide d’une pipette.
  8. White Balance. Modifiez la balance des blancs via deux curseurs Temperature et Teinte.
  9. Channel Mixer. Le Mélangeur de couche, outil connu des utilisateurs de Photoshop.
  10. Noise Reduction. Le réducteur de bruit est malheureusement beaucoup moins efficace que l’outil proposé par Photoshop CS2.
  11. Clone. Le tampon permet de nettoyer les tâches de poussière, éternel souci des utilisateurs d’appareils reflex numériques.
  12. Hide Previews. Cache les onglets optionnels Zone Finder, Sampler ou Histogram.
  13. Show the Crop Tool. Affiche l’outil de recadrage.
  14. Show the Rotate Tool. Affiche l’outil Rotation.
  15. Show the original image/Show the final image. Permet de basculer entre les images avant/après modification.
  16. Draw ploygon regions. Permet d’appliquer un tracé vectoriel du type polygone.
  17. Draw Spline regions. Permet d’appliquer un tracé vectoriel du type spline (polynôme)
  18. Draw Bezier curve regions. Permet d’appliquer une courbe Bézier.
  19. Zoom out. Sert à retrecir l’affichage de  l’aperçu image.
  20. Zoom in.  Sert à agrandir l’affichage de l’aperçu image.
  21. Hide regions. Cacher les séléctions
  22. Versions. Accédez aux différentes versions d’un même fichier (enregistrées au format .lzn)
  23. Browser. Passez à l’interface Explorateur
Les outils - mode d'emploi

La philosophie de Lightzone est proche de celle de Apple Aperture et Nikon Capture NX. Le traitement destructif est assure par l’architecture  de type « stack », qui permet de superposer autant de calques d’outils que vous souhaitez, sans conséquence pour la qualité de l’image finale. Il est donc possible d’utiliser plusieurs fois le même outil, l’ordre de leur déploiement n’a aucune importance, il est néanmoins possible de les déplacer pour une meilleure organisation par un simple Glisser/déposer. Tels les calques de réglage de Photoshop,  les outils de Lightzone comportent tous plusieurs modes de fusion qui incitent à l’expérimentation, puisqu’on peut apercevoir le résultat instantanément, ainsi qu’un réglage de l’opacité via un curseur , opérationnel entre les valeurs 0 et 100, sans pourtant afficher les valeurs de pourcentage.

Pour enlever un outil du « stack » (pile d’outils) et ainsi  annuler son effet, il suffit de cliquer sur la petite croix située en haut de la boite d’outil en question, la flèche donne accès aux options supplémentaires de l’outil pour déplier/replier la ou les palettes d’outil ainsi que pour enregistrer les paramètres employés.

 

Les outils en action

Disons-le d’emblée : si vous avez l’habitude de modifier vos images via des curseurs pour l’exposition et des outils Courbe et Niveaux, Lightzone vous donnera des maux de tête légers – aucune de ces fonctions n’est présente au sein du logiciel. L’éditeur nous propose le Zone Mapper (Tools › Zone Mapper), fortement inspiré du Zone System d’Ansel Adams, pour ajuster vos images. Zone Mapper représente les zones de densité de votre fichier via une échelle de gris (16 zones, espacées chacune d’un demi-diaphragme, la latitude est donc de huit diaphragmes). 

Le Zone Mapper  permet d’ajouter des points en cliquant entre deux zones. Pour supprimer les points, il convient de cliquer sur le carré jaune correspondant. Comme tous les outils de Lightzone, qui agissent tels des calques de réglage, le Zone Mapper offre plusieurs modes de fusion (Blend) et une variation de l’opacité ainsi que d’une inversion du masque (icône située en bas à droite de la fenêtre).

Pour modifier le contraste et la densité de l’image affichée, il convient de cliquer sur une zone du Zone Mapper, puis étirer la zone vers le haut (éclaircir) ou le bas (foncer) de l’échelle. Ainsi vous compressez ou étirez les zones voisines. Utilisez le Zone Finder (Ctrl. +1)  afin de faciliter le repérage des zones de densité, ce dernier visualise les zones de densité de votre photo, il convient de passer votre souris sur le Zone Mapper pour afficher la zone parcourue dans le Zone Finder.

Le Zone Finder permet de visualiser une zone de densité précise pour faciliter son édition.

Alternativement au Zone Finder vous pouvez afficher l’histogramme (Ctrl. +3), qui n’est ni interactif ni capable d’afficher les zones écrêtées (sur ou sous-exposées). Son rôle et donc d’informer plutôt que de faire partie des outils de retouche. Dommage ! 

L’histogramme, malheureusement pas interactif…

Comme tout cela peut vous sembler trop abstrait, je vous montre l’intérêt du Zone Mapper à travers quelques exemples :

Modifier la luminosité

Il est souvent indispensable de pouvoir ajuster la luminosité de vos images.  Le Zone Mapper remplace le curseur mis à disposition par d’autres logiciels. Notez que l’ajustement proposé affecte uniquement les zones moyennes et claires, la gamme des tons plus sombres que la zone sélectionnée n’est pas modifiée !  

Canon 1DS, EF 2/100 USM, 1250 ISO

  • La photo prise à la sensibilité ISO maximale de l’appareil est toujours sous-exposée. Pour l’éclaircir, déterminer une zone moyenne dans le Zone Mapper et tirer celle-ci vers le haut.

  • Le résultat est toujours loin de me satisfaire, car le bruit est beaucoup trop présent.

Après ajustement à l’aide du Zone Mapper

  • Je décide alors une transformation N&B via l’outil Channel Mixer (voir plus loin),  suivi d’une légère réduction du bruit (Noise Reduction)  et une accentuation finale (Sharpen).
  • Le résultat final ressemble à une photo N&B traditionnelle, saisie sur une pellicule 400 ISO « poussée de quelques diaphragmes »…

  • Notez que pour assombrir une photo, il suffit de créer un point de contrôle au milieu de la gamme tonale du Zone Mapper, puis le tirer vers le bas (vers les basses lumières).

Ajuster le contraste d’une image

Comment faire pour ajuster le contraste sans l’outil Courbe qui se montre particulièrement doué pour cette mission ? Avec le Zone Mapper, en toute simplicité !

Je souhaitais augmenter le contraste dans le sable afin de mieux ressortir sa texture

  • Ouvrez d’abord votre image à traiter et affichez le Zone Finder (Ctrl. +1)
  • Ouvrez l’outil Zone Mapper.
  • Délimitez la zone à contraster à l’aide d’un premier point sur la zone la plus claire, puis via un deuxième point pour la zone la plus sombre – le Zone Finder vous y assiste.

Avant


Tirer maintenant le point supérieur vers le haut et le point inférieur vers le bas, mouvement qui entraîne une augmentation du contraste. Observez votre aperçu image pour doser l’effet.

  • Le Zone Mapper résultant montre cet étirement des zones situées entre les deux points de contrôle :

Après

  • L’image résultante est bien plus attractive. La texture du sable ressort maintenant tout en améliorant la lisibilité des détails dans la robe de la méduse échouée. Passez votre souris sur l'image pour comparer avec l'image d'origine.

Canon EOS 1DS, EF 4/17-40 L USM

 

Nos avons vu que le Zone Mapper offre beaucoup de souplesse et puissance pour améliorer vos images numériques. Mais n’oublions pas que l’utilisation des masques vectorielles, très facile à mettre en œuvre, vous offre encore davantage de liberté ! Nous y reparlerons !

Travailler une image zone par zone- premier exemple

Canon EOS 1DS, Nikon AI Micro-Nikkor 3.5/55mm sur adaptateur Nikon AI/Canon EF

Les tracés vectoriels ne représentent pas toujours le seul et unique moyen pour rendre une photo plus attrayante. Les fonctions de Lightzone, appliquées sur l’image entière, mais bien ciblées sur des zones spécifiques aboutissent à des résultats similaires à ceux possible à travers l’outil Courbe de Photoshop et Cie.

J’ai d’abord employé le Zone Mapper (secondé par le Zone Finder) pour augmenter le contraste global de la scène et pour compresser (foncer) les tons moyens de l’arrière-plan, puis appliqué une augmentation de la saturation des couleurs, réservé aux valeurs moyens (les pétales de la fleur). Le résultat final est nettement plus intéressant :

Passez votre souris sur l'image pour comparer avec l'image d'origine.

Travailler une image zone par zone- deuxième exemple

Canon EOS 1DS, Canon EF 4/17-40 L USM


Cette photo de paysage, soigneusement exposée pour éviter des hautes lumières écrêtées (détails dans les nuages), fut (presque) correctement interprétée par Lightzone, preuve que le logiciel est devenu performant pour traiter les fichiers RAW. Il manquait juste davantage de séparation pour ressortir toutes les nuances de la baie de St.Michel. Les réglages suivants ont été utilisés pour rendre justice à l’ambiance sans s’égarer dans des masquages sans fin :

L’image sort de cette exercice fortifiée ! Passez votre souris sur l'image pour comparer avec l'image d'origine.

Utiliser les tracés vectoriels  pour des retouches plus pointues

En unifiant les atouts du Zone Mapper et de ses camarades avec ceux  des tracés vectoriels de Lightzone vous pouvez limiter l’étendue de vos retouches à des zones bien précises. Commencez toujours par vous poser la question de l’effet souhaité ainsi que de l’outil adapté. Sélectionnez ensuite l’outil souhaité (vous générez ensuite un nouveau calque), puis le type de tracé vectoriel. J’ai ici utilisé le tracé polygonal (idem lasso polygonal de Photoshop) pour faire des sélections.
L’image suivante pourrait gagner de l'intérêt grâce à une conversion noir et blanc, mais le résultat par défaut est bien trop terne.

Cancale, Canon EOS 1DS, EF 4/17-40 L USM


J’ai utilisé le procédé suivant pour en ressortir les détails et ajouter une ambiance particulière :

  • Il faut traiter le ciel séparément du premier plan afin qu’il ne devienne pas tout blanc. J’ai ouvert un calque Channel Mixer et ajusté la tonalité pour le premier plan – l’image se transforme en noir et blanc. Une sélection du premier plan permet d’y limiter la transformation. Mais il fallait agrandir d’abord le plan de travail (diminuer la taille d’affichage de l’aperçu) avant de pouvoir tracer la sélection. Attention, les sélections effectuées par Lightzone comportent toujours une zone extérieure et une intérieure, dont il fallait ajuster la distance pour permettre une transition invisible. Pour supprimer la zone intérieure (pour effectuer des sélections plus franches), il convient de tirer le tracé vers le tracé extérieur.

  • Un nouveau Channel Mixer, accompagné d’une sélection du ciel, transforment toute l’image : 

  • Une étape Zone Mapper densifie le ciel :

  • Une deuxième étape Zone Mapper renforce le contraste du premier plan

Le premier plan séléctionné

  • L’augmentation du contraste local (méthode approuvée dans Photoshop  qui, à l’aide de la commande Accentuation, renforce le peps d’une image numérique) fonctionne avec Lightzone-vous pouvez  même  utiliser les valeurs conseillées pour Photoshop (20/50) !!

L’image finale ne ressemble guère à l’image de départ :

Passez votre souris sur l'image pour comparer avec l'image d'origine.

Nous avons vu que la démarche photographique de Lightzone, proche du fonctionnement d’un tireur traditionnel, se prête particulièrement bien à la retouche d’image intuitive. Les photographes, qui ne bénéficient pas souvent  d’une solide formation de Photoshop, peuvent démarrer avec Lightzone presque immédiatement, d'autant qu'ils connaissent déjà le Zone System, leitmotif à l'origine du logiciel.   

Le masque de contraste

Le masque de contraste (Tools › Contrast Mask) est un autre outil fort astucieux pour corriger une répartition tonale perfectible dans votre image. Photoshop livre une procédure un tantinet complexe, décrite ici, ainsi que l’outil Tons foncés/tons clairs, fort utile pour éclaircir un premier plan trop sombre (effet « fill-in ») ou pour compenser un contraste trop fort.

Lors de l’ouverture il offre souvent déjà un réglage convenable, le mode de fusion par défaut est Soft Light, l’opacité est réglée par défaut sur 50 %.  L’exemple suivant montre l’intérêt du masque de contraste, un ajustement intuitif et rapide :

Avant/Canon EOS 1DS, EF 4/17-40 L USM, Canon Speedlite 550 EX, 100 ISO

  • Malgré l’emploi d’un flash électronique pour déboucher le plumage de ce goéland saisi en contre-jour et contre-plongée, les détails sont encore un peu sombres et peu lisibles. L’outil Contrast Mask, employé avec les paramètres suivants, améliore le rendu :

Passez votre souris sur l'image pour comparer avec l'image d'origine.

Un deuxième exemple :

Avant/Canon EOS 1DS, EF 4/17-40 L USM, 500 ISO

J’ai modifié légèrement les réglages par défaut afin d’éclaircir les ombres de cette scène, prise à l’intérieur de la cathédrale de Freiburg/Allemagne.

Bien que restant assez subtile, cette modification parvient à  mieux équilibrer les valeurs de cette photo.

Passez votre souris sur l'image pour comparer avec l'image d'origine.

Channel Mixer – mélangeur de couches spécialiste du Noir et blanc

Channel Mixer (Tools › Channel Mixer) est, tout comme son alter ego dans Photoshop, particulièrement adapté à la transformation noir et blanc.

Le Channel Mixer, offre, tout comme les autres outils de Lightzone, des paramètres par défaut, dont la somme est proche de 1. Notez que parmi les modes de fusion proposés seul le mode Normal résulte en une image monochrome, tous les autres livrent des interprétations variées en couleur…

Canon EOS 1Ds, EF 4/17-40 L USM

Ces paramètres (dont la somme des valeurs est égale à 0,48 + 0,68 = 1,16…)  livrent l’interprétation monochrome suivante :

Astuce : Afin de pouvoir utiliser la plupart des modes de fusion proposés vous pouvez d’abord transformer votre photo en noir et blanc via l’outil Hue/Saturation (faites glisser le curseur du paramètre Saturation à -100), puis employez le Chanel Mixer pour peaufiner le résultat !

Accentuer vos images à l’aide de l’outil Sharpen

Même si que l’outil Sharpen manque le paramètre Seuil qui permet de doser l’accentuation in fine, les deux principaux paramètres Amount (Gain) et Radius (Rayon) permettent d’appliquer l’accentuation à des parties d’images ( via un tracé vectoriel) ou à l’image entière. Blend cache  une autre option intéressante pour imiter le  fonctionnement du filtre Netteté optimisée de Photoshop CS 2 : créer pour cela deux couches de l’outil Sharpen, tout en attribuant à la première le mode de fusion Mid+Highlights (pour limiter l’accentuation aux seuls détails dans les tons moyens et les hautes lumières) et à la deuxième le mode de fusion Shadows pour affecter uniquement les détails dans les basses lumières. Jouez aussi sur l’opacité pour dosser l’effet finement (mettez-vous pour cela en mode affichage taille réelle (View›Actual Pixels ou raccourci Ctrl. +Alt+0) !

Nettoyer les taches sur le capteur à l’aide de l’outil Clone

Bien que les fabricants commencent à prendre conscience de ce véritable fléau affectant les appareils reflex numériques (les Olympus, le Sony Alpha et le nouveau Canon EOS 400 D à part), les taches disgracieuses sur vos images numériques nécessiteront toujours un outil Tampon efficace. Les utilisateurs de Nikon Capture NX et Adobe Lightroom ont d’ailleurs  toujours besoin de Photoshop, (un outil dédié n’est simplement introuvable), mais Lightzone, ce David face aux Goliath Nikon et Adobe y a pensé !

L’outil en action. Cliquez sur une zone à traiter, le logiciel dépose un point cible (croix) que vous pouvez déplacer par un simple Glisser/déposer ainsi qu’une sélection que vous adaptez à la « zone à problème ». La poussière devient invisible. Cliquez sur le bouton Hide Regions pour apprécier la correction.

Exporter, enregistrer et imprimer

Lightzone est finalement beaucoup moins sophistiqué pour ses fonctions annexes, très limitées. Le logiciel n’inclut (actuellement) guère d’outils pour créer des diaporamas ou des  pages HTML. Il n’est pas non plus prévu de se connecter à un site par FTP ni d’envoyer ses images par Mail.

Le logiciel offre tout juste un dialogue d’impression  avec gestion des couleurs et la possibilité d’exporter le fichier finalisé en format TIFF (8 ou 16 bits/couche, avec ou sans compression LZW), PNG et JPEG. Il est également possible de modifier la taille en pixels du fichier final. Sachez que les deux commandes Save as (Ctrl. +Majuscule+S) et Save (Ctrl. +S) démarrent un enregistrement du fichier en cours en format .lzn, qui est lui très léger puisqu’il contient que les instructions (en format XML) nécessaires au logiciel pour afficher le fichier tenant compte de toutes les modifications. Le .lzn est donc proche du fichier « sidecar » de Photoshop CS 2 et vous faites bien de le stocker côte à côte avec le fichier d’origine…

 

Un bilan : Points forts et points faibles

Le logiciel a bel et bien évolué depuis ses débuts pas très lointains. En fait, le plus gros défaut de Lightzone est sa jeunesse : la stabilité de l’application n’est pas toujours a rendez-vous et la richesse de ses fonctionnalités est encore toute relative. Côté faiblesses, on pourrait citer le manque d’outils pour interpoler, corriger les aberrations chromatiques et distorsions, faire des sélections par gamme de couleur, faire des diaporamas et pages Web, copier/coller des « stacks » entre différentes images. Il est également impossible de lancer un traitement par lot de plusieurs fichiers et lorsque vous créer un nouveau fichier .lzn, ce dernier est uniquement affiché via la commande New Window (Ctrl. +N). L’interface Navigateur est beaucoup trop simpliste pour pouvoir remplir le rôle d’un catalogueur ou gestionnaire d’images. L’emploi parallèle d’un vrai catalogueur (par exemple iView Media Pro, ou F-Spot) reste donc indispensable – c’est bien dommage…
Mais Lightzone remplit bien son rôle d’éditeur photo pour les photographes car il intègre de bien bonnes idées (emploi d’un espace non-linéaire en 16 bits/couches, traitement non destructeur, architecture des masques, Zone Mapper) et le travail avec Lightzone est contagieux, fait  assez rare pour le souligner ! Les Linuxiens n'ont plus à hésiter - les logiciels vraiment professionnels développés pour les distributions diverses du pinguin sont rares. Au-delà de Bibble, The Gimp, Cinepaint, UFRaw, F-Spot et Lightzone, point de salut...Lightzone est un logiciel encore très jeune mais destiné à évoluer -vu l’élan des développeurs, photographes passionnés, je suis sur que ce sera dans la bonne direction ! A suivre, donc …

Liens intéressants

Site de Lightzone

Page dédiée à la version gratuite pour Linux

Les tutoriaux de Fabio et Lars

L'article d'Uwe Steinmueller