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NIKON D200 - MENS SANA IN CORPORE SANO*

*un ésprit sain dans un corps sain

Dures, dures, ces dernières années pour les  photographes « nikonistes ». Il leur a fallu des nerfs d’acier, une discipline prussienne et une fidélité sans faille pour ne pas abandonner leur marque chouchou en basculant dans le camp de l’ennemi : Canon. Précurseur de la photo numérique puisque le Nikon D1 était le premier « vrai » appareil reflex numérique et non pas un appareil à film ayant subi la greffe d’un capteur comme c'était le cas des DCS et E quelque chose, la marque se fait depuis talonner, voir dépasser par son éternel rival.  Le Nikon D100, premier appareil reflex numérique Nikon « accessible », apparut en 2002 et poursuivit sa carrière jusqu’à l’arrivée du D200, nouvelle offre excitante pour les semi-professionnels et amateurs avertis. Certes, trois ans représentent une petite éternité dans l’univers numérique et le D100 était déjà largement dépassé, ses ventes cannibalisées par les D70 et D70s. Le D200 tombe donc à pic et arbore un nouveau capteur CCD 10 Mpix., fabriqué par Sony.


Il est d’ailleurs curieux que Nikon réserve ses  capteurs CMOS, développés et produits par la société, à ses seuls appareils professionnels, D2X et D2Hs – il est évident que les capteurs CMOS bénéficient de certains avantages (niveau de bruit, consommation d’énergie) bien décisifs….
Ce nouveau capteur, qui équipera également les modèles haut de gamme chez Pentax et Sony, dispose donc de 10,92 mégapixel (10,2 Mpix. effectifs) sur 15.8 x23, 6 mm (taille APS-C). Avec son facteur de conversion de 1.5 x il reste donc dans la norme des appareils Nikon et nécessite des objectifs spécifiques (DX-Nikkor) pour pouvoir aborder le très grand angle.


Mais parlons d’abord de l’appareil. Et là, la première prise en main fut très agréable. Le boîtier est agréablement léger (je suis habitué à trimballer un EOS 1DS – gros monstre lourdaud…) tout en restant compact -  en prime il transmet une forte sensation de robustesse grâce à un habillage en alliage de magnésium. En fait, le D200 rappelle un certain F100, modèle argentique très réussi, aujourd’hui disparu et très proche des caractéristiques de l’éminence F5. Le D200 m’a été livré sans poignée alimentation MB-D200, je ne peux donc me prononcer sur cet accessoire, à priori fort pratique. Quoi qu’il en soit, le boîtier pèse 830g sans accu et carte mémoire ce que lui procure un poids idéal.


Nikon a toujours su garder une ergonomie spécifique à ses appareils, malgré des concessions faites pour les photographes appréciant les appareils d’en face (notamment la molette arrière… Nous retrouvons donc ce que fait la force et la faiblesse de Nikon : une multiplication de commandes qui procure à la fois  à l’appareil une (fausse) impression de complexité, mais qui permet d’accéder aux fonctions vitaux (sensibilité, format d’enregistrement, balance des blancs) d’une façon très simple : appuyez sur le bouton correspondant (QUAL, WB, ISO, BKT) et faites tourner simultanément une des deux molettes avant/arrière pour modifier les paramètres. C’est finalement rapide et intuitif. La partie argentique ne déroute d’ailleurs aucun utilisateur Nikon, toutes les commandes se trouvent là ou on les attend. Coté fonctions photographiques, nous sommes en présence d’un obturateur très performant qui dispose d’une gamme de vitesses entre 30 et 1/8000s ainsi que la pose B, et une vitesse synchro X d’une 1/250 s. Les vitesses peuvent être incrémentés de 1/3, ½ ou 1IL, la correction d’exposition s’étend sur +/- 5 diaphragmes et 1/3, ½ ou 1 IL. L’appareil propose les maintenant « classiques » modes P, S, A et M et plusieurs modes de mesure qui dépendent notamment de la présence de puces dans les objectifs compatibles. Et là, bonne nouvelle : avec le D200, Nikon propose enfin un appareil compatible avec les anciens objectifs Ai et Ai-S, les anciens appareils permettaient le montage de ces « oldtimer » sans proposer la moindre mesure d’exposition. Leur intégration avec le D200 est de plus poussée. Non seulement, l’appareil offre enfin les modes de mesure pondérée centrale et spot, mais également la mesure matricielle couleur, piloté par un capteur RVB de 1005 photosites. Certes, cette mesure matricielle est moins sophistiquée que les deux autres modes « matricielle couleur  II » (objectifs avec microprocesseur)  et « matricielle couleur 3D » (objectifs G et D), mais elle est bigrement efficace et satisfaisante dans 95% des cas. Le D200 permet également le contrôle de la mise au point avec ces objectifs manuels ce qui est indispensable  pour effectuer une mise au point précise – bien vu. Sachez que dès lors que vous communiquez au boîtier la focale et l’ouverture maximale de votre vieux caillou, ces informations seront inscrites parmi les métadonnées EXIF et l’ouverture de travail s’affichera correctement sur le panneau LCD de l’appareil.
Le D200 possède un flash interne de faible puissance (NG 12), mais pratique pour déboucher des ombres à faible distance et assure une compatibilité ( hélas exclusive) avec les flashs de la série SB600 et 800 (mode i-TTL). Les utilisateurs ont généralement conscience qu’ils détiennent là un système de mesure très sophistiqué et performant qui fait des jaloux du côté des canonistes.

Nikon D200, AF-S DX 2.8/17-55, ISO 100


Côté AF, rien de foncièrement révolutionnaire mais là encore, Nikon détient une technologie qui fonctionne très bien. Loin des hésitations du système AF de chez Canon, les 11 zones de mesures font leur boulot et délivrent une mise au point très précise, rapidement. Vous pouvez choisir entre une plage large ou une plage étendue ou vous pouvez choisir votre zone de mise au point parmi sept zones différentes. Un commutateur sur la face droite de l’appareil  permet de choisir entre C (pour continuous = suivi AF), S (pour single = vue par vue) et M (pour désactiver la mise au point automatique). Un testeur de profondeur de champ, placé également proche de la monture de l’objectif, permet de fermer le diaphragme au diaphragme de travail.
Parlons donc du viseur. Celui-ci offre une image nette et lumineuse, en net progrès par rapport aux D100 et D70(s), sans pourtant pouvoir se frotter au grossissement d’un viseur «full frame » d’un EOS 5D et 1DS. Mais bon, ne râlons pas, la confirmation de M.A.P pour les objectifs manuels est une (faible) consolation. Le viseur offre l’affichage optionnel d’une grille quadrillée (excellent pour éviter les horizons « ivres ») ainsi qu’une multitude d’informations en prime : sensibilité ISO, images restantes, buffer etc. Le viseur est donc un poste de pilotage très efficace.
L’écran arrière, composé de 230.000 pixels disposés sur une diagonale de 2,5 pouces, est très lumineux et bien défini, bien que toujours peu lisible lorsque la lumière ambiante est forte. Là, les écrans de certains appareils compact font nettement mieux. L’affichage est par défaut trop lumineux et les commandes du menu  pour baisser la luminosité ne sont pas assez fines. Il ne faut donc pas se fier à l’image affichée sur l’écran de l’appareil – litanie que je répète depuis un certain temps. Vous l’avez peut-être déjà compris, l’utilisateur d’un tel appareil devrait faire l’effort de comprendre l’affichage de l’histogramme, bien plus informatif que l’aperçu image, d’autant plus que le D200 offre là un spécimen  d’une beauté rarement rencontrée, un histogramme RVB particulièrement lisible.

Si vous travaillez en format RAW (ce que je vous conseille vivement) l’histogramme ne donne qu’un aperçu très conservateur pour ce qui est ombres et hautes lumières écrêtées. Lorsque l’histogramme n’affiche que peu de zones surexposées (l’aperçu clignote que timidement), cela signifie que vous possédez encore une petite marge côté surexposition – le RAW  est donc bien plus tolérant…
L’appareil vous offre le choix entre le format RAW (NEF et NEF compressé) et le format JPEG en plusieurs tailles et taux de conversion, il est naturellement possible de bénéficier d’un enregistrement  simultané en RAW + JPEG qui diminuera fortement le nombre de vues sur une carte, mais permet de récupérer en prime un fichier directement exploitable.
La connectique USB2 semble devenir un standard au détriment du Firewire et le D200 dispose d’une prise Hi-Speed, « vraiment » rapide. Cette connectique est fort bien protégée derrière des caches en caoutchouc.  Je n’étais que moyennement conquis par l’accu EN-EL 3e, d’une capacité de 1500 mAh. Ce nouvel accu remplace les anciens EN-EL 3, qui ne sont plus compatibles avec l’appareil. Malgré les données fournies par Nikon, je n’ai pu faire que 150 vues par charge d’accu (avec le 2.8/17-55 et l’écran de visualisation allumé). Je soupçonne donc un accu défectueux, même si je doute fort des chiffres de Nikon qui avance plusieurs centaines, voire plus que mille vues, un capteur CCD consomme bien davantage….
Alternativement, et pour avoir pus d’autonomie  vous pouvez utiliser le MB-D200 qui peut accueillir 2 accus EN-EL3e ou 6 piles de taille AA/LR6.
Le Nikon D200 peut enregistrer ses photos sur une carte Compactflash du type I et II ainsi que sur des minidisques durs  de type Microdrive. Le support des deux standards FAT 16 et FAT 32 permet d’utiliser en toute tranquillité des cartes d’une capacité supérieure à 2Go, bien utile, vu le poids des images de l’appareil. Le compartiment de carte de l’appareil s’ouvre à l’aide d’un levier bien « dynamique » ce qui procure une impression que la trappe «explose» dans la main – pas très agréable, j'en préfère largement la trappe de l’EOS 5D…..

L'emplacement pour carte CompactFlash, à gauche et à droite la connectique S-Video, alimentation secteur, puis USB 2.0 de l'appareil.

Comme j’ai mentionné plus haut, le capteur de taille APS-C possède une résolution de 10 mégapixels. Cependant il ne faut pas uniquement s’accrocher à la résolution d’un capteur pour évoluer sa « valeur d’usage ». Certes, le nouveau capteur apporte un plus par rapport à l’ancien capteur Sony de seulement 6 Mpix. Mais sachez que ces petits fichiers,  bien exposés et bien traités, puissent donner satisfaction à un photographe, même professionnel, dès lors qu’il se contente d’une reproduction en taille A3….Les dix mégapixels d’un D200 vous procurent une petite marge de sécurité pour aller au-delà ou pour pouvoir recadrer vos fichiers. Vu sous cet angle, la course aux pixels perd un peu de son élan…. Mais n’empêche, le nouveau Nikon est capable de fournir une très belle qualité des fichiers et offre surtout enfin une sensibilité « native » de 100 ISO. Les photographes de studio seront donc de nouveau réconciliés avec leurs flashs de studio….. 

Nikon D200, AF-S DX 2.8/17-55, ISO 100

La sensibilité s’étend  jusqu’à 1600 ISO, puis jusqu’à 3200 ISO via un réglage particulier. Comme on peut s’y attendre, les résultats sont très bons jusqu’à 400 ISO, puis se dégradent graduellement tout en offrant un niveau de bruit sensiblement supérieur à celui de l’EOS 5D – qui est lui avantagé par ses grands pixels et son capteur CMOS, moins sujet à l’échauffement et donc au bruit. Mais de là à prétendre que l’appareil est inutilisable serait une exagération « criminelle ». Rares sont en effet  les photographes qui travaillent régulièrement à des sensibilités élevées et plus rares encore ceux qui s’attendent à zéro bruit à 1600 ISO – la granulation d’un film est bien plus gênant que le bruit du D200 !

Nikon D200, AF-S DX 2.8/17-55, ISO 1600

L'appareil permet d'ailleurs un paramétrage très fin pour les paramètres de prise de vue.pour les espaces couleur, Adobe RVB 1998 et sRVB ainsi que les fameux modes de couleur (numérotés I, II et III ..) qui permettent une modification du rendu pour les portraits ou les paysages (avec notamment un look du style Velvia). Si vous travaillez en format RAW, ces paramètres apparaissent dans les menus de Nikon Capture avec toutefois la possibilité de les modifier à votre guise, et sont ignorés par les autres logiciels. De toute façon, en RAW, seul le profil génerique ou non du logiciel de conversion, détermine les couleurs !

Pour les couleurs, méfiez-vous des "spécialistes" des forums photo, toujours prêts à casser un produit. L'affirmation que le D200 disposerait de tons chair peu esthétiques s'avère évidemment faux : la reproduction des teintes est très fidèle tout comme celle de tous les autres appareils reflex que j'ai pu tester ces derniers mois !

Nikon D200, Micro Nikkor Ai 3.5/55, ISO 400

Mesures avec Imatest

Imatest, logiciel d'analyse pour les fichiers numériques issus d'APN ou scanners, est idéal pour décortiquer les performances d'un appareil photo numérique. Je me suis ici contenté d'examiner le bruit numérique ainsi que la restitution des couleurs via une charte Colorchecker photographiée avec le Nikon D200. Je vous montre ici les résultats pour des fichiers JPEG produits dans l'appareils, les performances en format RAW sont largement tributaire du logiciel de conversion utilisé.

Bruit

Comme j’ai mentionné plus haut, le niveau de bruit de l’appareil est bien plus élevé que celui de l’EOS 5D. Pour lisser le bruit aussi bien,  la firme rivale bénéficie de deux avantages de taille. Un, Canon emploie des capteurs CMOS, beaucoup moins affecté par un échauffement pendant l’exposition et par conséquence moins génératrice de bruit. Et deux, les capteurs Fullframe, disposent  d’éléments photosensibles  plus grands donc plus sensibles.  Bien que le D200 exhibe du  bruit visible au-delà de 400 ISO, ce dernier  possède une apparence très « photographique » et peu gênante. Nikon a réussi à ajuster les canaux R, V, B et Y (pour la luminosité) afin de donner au bruit une texture uniforme, ressemblant au grain d’un film, sans trop faire sortir des pixels colorés. Ce bruit de luminance affecte davantage les basses lumières et devient assez visible dans les ombres. Nous disposons aujourd’hui de moyens pour lisser ce bruit (bien que nous ne pouvons pas le faire disparaître), Nikon Capture, DxO (Noise Engine) et Bibble (avec Noise Ninja) disposent d’algorithmes efficaces, sans trop détruire le piqué de nos photos. Ajoutons à cela que les capteurs riches en pixels arrivent à mieux dissimuler le bruit, puisque vous êtes moins souvent obligé à trop agrandir l’image…..

La graphique démontre la maîtrise de Nikon pour l'homogéneité du bruit des "quatre couches". Bien que le niveau de bruit est assez élévé, seul le bruit de luminance, présent dans les basses lumières, devient gênant.

 

Avec la reduction du bruit automatique activée, cette dernière agit dès 100 ISO, la courbe visible sous Noise Spectrum en témoigne. Cette réduction du bruit est habituellement responsable de la destruction des fins détails d'une image, bien que celle-ci reste peu visible sur un tirage....

 

Restitution des couleurs


Les appareils anciens livraient habituellement une restitution des couleurs assez médiocre. Cependant les fabricants n’ont aujourd’hui aucun mal à optimiser les boîtiers sur ce point. On trouve toujours des râleurs déplorant les couleurs que restitue tel ou tel boîtier (la photo  est, hélas,  un des terrains de jeu  préféré de ce type de personne qu’on appelle «troll »). Mais il faut surtout se poser la question si les couleurs « vraies » ont vraiment la côte auprès des photographes. Dans la photo argentique on a toujours fait la distinction entre des films professionnels et amateur, entre « true color » et « vivid color », et il est clair que bien que la Fuji Velvia et l’Ektachrome 64 soient tous les deux des films "Pro", leurs restitution des couleurs est bien divergente. Le D200 délivre des couleurs neutres et justes, sans exagération des teintes lorsque vous l’utiliser en configuration par défaut (espaces sRVB et Adobe RVB, optimisation d’image Normal). Mais il est bien évidemment possible d’obtenir un rendu plus »Astia» (Portrait), plus « Velvia » (Vivid, More vivid) est même noir et blanc (Black and white). Il est néanmoins important de préciser que le rendu Normal convient parfaitement pour la plupart des sujets et permet toujours une intervention sur la saturation de certaines teintes (dans votre logiciel de conversion RAW ou dans Photoshop).

La photographie d'une charte Gretag Macbeth Colorchecker et son analyse au sein d'Imatest (à partir d'un fichier JPEG, optimisation Normal) revèle une restitution très juste. La saturation de 102% prouve bien que le D200 a été conçu pour les photographes professionnels, les appareils plus grand public s'efforcent à obtenir une saturation immédiatement exploitable pour le tirage (entre 120 et 125%). Avec un Delta E moyen (sans correction de la saturation) de 6.2, l'appareil se place parmi les plus fidèles, les dérives ne sont que peu perceptibles (bleus plus saturés, jaune moins saturé).

Les couleurs en format RAW


Si vous travaillez en format RAW, les résultats peuvent varier selon le logiciel de conversion utilisé. Chaque logiciel utilise ses propres algorithmes pour l’interpolation des couleurs (dématriçage) et utilise un profil ICC propriétaire pour caractériser chaque appareil pris en charge. L'exemple suivant démontre qu'un appareil reflex numérique est capable de capturer bien plus que les couleurs de l'espace sRVB. Le gamut du profil "Nikon D200 generic", utilisé par Capture One en est la preuve....

Comparaison des gamuts de l'espace sRVB et du profil "RAW natif" du Nikon D200. Illustration obtenue avec Gamutvision Bêta 1.0.11 de Norman Koren

 

Nikon D200, Micro Nikkor Ai 3.5/55, ISO 100

Sur le terrain

Utiliser cet appareil fut un vrai plaisir bien que j’avais pour seul objectif muni d’un microprocésseur l’excellent AF-DX 2.8/17-55 (équivalent à un 26 x 82 mm en 24x36) de la marque qui rend de fiers services. Hormis des aberrations chromatiques dans la périphérie de l’image, ses performances sont tout à fait à l’hauteur de l’appareil. Ce que je ne peux pas affirmer pour tous les  trois Ai Nikkor encore dans ma possession.  Je les utilise de temps en temps avec un préhistorique Nikon F de 1973 et moyennant un adaptateur,  sur mon Canon  EOS 1Ds. Le 2/35 mm, objectif très réputé en argentique, livre des résultats piqués au centre et mous aux bords de l’image, fermer le diaphragme n’y change rien. Ce comportement est d’ailleurs identique sur le D200 (capteur APS) et sur l’1Ds (capteur plein format). Bizarre, résidu de coma ou incompatibilité ave le numérique ? Je n’en sais rien…Les deux autres objectifs, un 2/85 et surtout le 3.5/55 Micro Nikkor, sont tout bonnement excellents sur le D200 (et sur l’1DS) ! Les photos fourmillent de détails et les aberrations sont très limitées. Il faut donc vérifier au cas par cas si telle et telle optique fonctionne bien avec le boîtier, les focales supérieures à 50 mm posent vraisemblablement que peu de problèmes.
La qualité des fichiers JPEG est très satisfaisante, beaucoup de  chemin a été parcouru depuis le Nikon D100 ! Veillez simplement à désactiver la suppression du bruit logicielle de l’appareil lorsque vous travaillez à des sensibilités entre 100 et 400 ISO, la netteté de vos photos en bénéficie. Heureusement, le D200 délivre des résultats au piqué doux et d’un contraste et d’une saturation idéale pour la postproduction, un manque de piqué se corrige donc facilement par la suite. Certains utilisateurs ont soulevé une tendance de l’appareil à produire un flou de bougé à des vitesses encore peu sensibles et inculpent la cinématique du miroir et la petite taille des éléments photosensibles. Pendant ma période de prêt je n’ai pas pu faire des photos pour y arriver à une conclusion, mais il n’est pas impossible que le miroir soit créateur de vibrations, l’appareil atteint quand même avec 5 i/s une sacré vélocité en rafale….
Quoi qu’il en soit, cet appareil est très réussi  et dispose de caractéristiques plus professionnelles que le Canon 30D, concurrent direct dans ce secteur du marché. Ce dernier est théoriquement inférieur car il ne dispose que 8 Mpix., mais cet argument n’est pas recevable. Ce qui différencie les deux, est la meilleure construction du D 200, ses paramétrages plus fins et son excellent viseur avec quadrillage.

Logiciels de traitement

J'ai ignoré (peut-être injustement) les logiciels fournis avec l'appareil puisque j'avais déjà mieux sur le disque dur. I View Media Pro est en outre bien plus intéressant que Picture Project et Cie., et Nikon Capture se trouvait déjà installé, pour mon livre. Nikon Capture est un magnifique logiciel, richement doté en outils pour optimiser vos fichiers RAW. Cependant je vous conseille Nikon Capture NX, prévu pour Juillet 2006 ou pourquoi pas un des logiciels tiers comme Camera Raw, Capture One, Bibble, Raw Shooter , Silkypix ou Iridient Raw Developer , Nikon Capture dans sa forme actuelle est une "usine à gaz" lourde et un véritable glouton de ressources qui alourdit et ralentit inutilement votre flux de travail....

Pour conclure


Les appareils reflex numériques ont aujourd’hui atteint leur maturité  et le D200 en est un excellent exemple. Cet appareil est passionnant. Bien équipé et performant, il peut convenir à une utilisation professionnelle, même si le D2x  avec son capteur CMOS 12 Mpix.  ainsi que de sa construction encore plus sérieuse et sa tropicalisation  restera le  premier choix d’un photographe professionnel à la recherche d’un maximum de qualité. Mais l’appareil possède de nombreux atouts : réactivité (au démarrage, pour le buffer,  l’AF, la motorisation et l’écriture sur la carte), précision (système d’exposition et de mise au point) et ergonomie (boîtier, menus de l’appareil) et confort (afficheur LCD, viseur), tout y est. Ses seuls défauts sont le bruit à haute sensibilité, son accentuation par défaut trop faible et…Nikon Capture, vraiment pas à la hauteur de l’appareil. Entre 1500 et 2000 € le D200 rencontre aucune concurrence sérieuse – le 30 D est plus « léger » et le 5D plus cher…