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LOGICIELS DE TRAITEMENT RAW - Le GRAND COMPARATIF
Canon EOS 1DS Mk2, EF 2.8/24-70, 200ISO, RAW converti vers Jpeg

Quand vous utilisez votre appareil numérique pour produire des photos en format Jpeg, vous transformez l’information brute en noir et blanc en fichier couleur. Des paramètres comme l’espace couleur, le contraste, la saturation des couleurs, la courbe de tons et le renforcement sont implémentés dans l’image finale qui n’a guère d’intérêt de subir une post production lourde de conséquences.
Le RAW, souvent mystifié par les techniciens et photographes numérique, ne fait rien d’autre que de subordonner cette transformation à un logiciel externe de conversion qui effectuera les mêmes opérations mais d’une façon transparente et réversible. En plus du fichier Jpeg ou Tiff ainsi généré il est possible de conserver l’information d’origine à l’intérieur d’un fichier brut, nommé fichier « RAW ». Celui-ci peut servir pour régénérer une nouvelle interprétation de la photo sans qu’il soit jamais altéré.
Le RAW, souvent défini comme une sorte de négatif numérique, ressemble plutôt à une « image latente », pas encore rentrée en contact avec le révélateur, disposant encore d’un large éventail d’options de traitement. Les logiciels de traitement RAW assurent la conversion des fichiers bruts vers un format graphique « universel » et proposent pour certains d’entre eux des possibilités de post production très importantes. Généralement les fabricants des appareils photo numériques fournissent au moins un logiciel simple ou un « Plug-in « Photoshop pour pouvoir traiter les fichiers bruts issus de l’appareils. Celui-ci ne satisfait pas obligatoirement un photographe en quête d’efficacité et qualité car le fait d’être fourni gratuitement par le fabricant signifie souvent une qualité de réalisation médiocre. Depuis quelques années, plusieurs éditeurs de logiciel indépendants compensent le manque de convivialité de certaines applications « maison » par des solutions originales, pratiques et qualitatives.

Cependant le cahier de charges pour un logiciel de conversion performant est assez strict. Il doit être capable d’effectuer les taches suivantes :
• Dématriçage et interpolation de la matrice Bayer. La mission est délicate puisque au départ un capteur numérique recueille qu’une information monochrome qui doit être interprété correctement pour produire un fichier couleur fidèle. Les algorithmes ne doivent pas seulement générer des couleurs justes, ils doivent également minimiser des artefacts d’interpolation et le bruit, monochromatique et coloré.
• Correction du Gamma. Les captures RAW disposent d’un gamma de 1.0, produisant une image sombre et terne. Le logiciel doit appliquer une courbe de tons pour ramener les valeurs à ceux perçus par l’œil ou le film photographique.
• Balance des blancs. Bien que stockée dans un fichier annexe lors de la capture en RAW, la balance des blancs se doit d’être précise et refléter l’ambiance lumineuse lors de la prise de vue.
• Renforcement. Un fichier de capture (scan, prise de vue numérique) dispose toujours d’une netteté perfectible. Le renforcement sert à restituer l'impact visuel de l’image.

Aujourd’hui la plupart des logiciels de conversion maîtrisent les taches décrites ci-dessus. Mais les algorithmes utilisés et les priorités différentes déterminées par l’éditeur produisent des fichiers assez différents qui varient notamment pour le rendu des couleurs, la suppression du bruit et la netteté visuelle des résultats. Cet article tente de donner une première réponse à la question que se posent beaucoup de photographes :

« Quel est le meilleur logiciel ? »

On constate ces jours-ci une prolifération de logiciels compatible avec les fichiers bruts de nombreux appareils. Avec le succès des appareils numériques, sollicités par des photographes professionnels et des amateurs avertis, on témoigne en effet d’une véritable course pour optimiser la qualité des photos et dans ce contexte, les logiciels RAW jouent un rôle important. Il est naturellement impossible de tester tous les logiciels du marché, leur nombre est bien trop important et en croissance constante…Mon choix s’est porté sur les logiciels les plus importants du marché qui sont :

Nikon Capture 4 (NC4) Bibble 4.2.2 ( Bib)
Canon EOS Viewer Utility ( EVU)1.2 Phase One C1PRO 3.6 (C1)
Canon Digital Photo Professional (DPP )1.5 Helicon Filter Pro 2.03 (HF)

Adobe Photoshop CS Camera Raw (ACR)2.4

Pixmantec Raw Shooter Essentials (RSE) 1.1.1
Breeze Browser Pro (BBP)1.1  


Malheureusement il ne suffit pas de tester les convertisseurs de fichiers bruts avec un seul type de fichier RAW. Les logiciels utilisent souvent un mélange d’algorithmes de dématriçage selon l’origine du fichier brut et la qualité des profiles ICC d’entrée peut varier d’une manière spectaculaire. J’ai donc multiplié le nombre d’appareils utilisés pour le comparatif afin d’obtenir des données plus fiables. J’ai analysé la compétence des logiciels avec les fichiers bruts des appareils suivants : Canon EOS 10D, 20D, 1DS, 1DS Mk2, Nikon D100, D1X D2H, Fuji S3 Pro et Pentax *ist D.



Restitution des couleurs
Canon D60, EF1.4/50, 100ISO, RAW converti vers Jpeg
Les formats RAW favorisent une bonne restitution des couleurs puisqu’on peut peaufiner la balance des blancs après la prise de vue. Mais la reproduction des couleurs dépend principalement de la qualité des algorithmes de conversion et du profil ICC d’entrée créé pour chaque appareil. Les réglages par défaut de chaque logiciel sont différents et dépendent de la cible utilisateur (photographes de reportage ou de studio) et de la philosophie de l’éditeur. Il est évident que la perception des couleurs dépend aussi des références culturelles de l’utilisateur. J’en ai pris conscience lors de mon passage à Taiwan ou j’ai exercé le travail de photographe de mode et « people ». Les films Kodak Ektachrome de l’époque dont la hideuse famille « Panther », étaient inutilisables en Extrême Orient à cause d’une dominante jaune catastrophique pour les « peaux asiatiques « . C’est ainsi que j’ai découvert la gamme « Fujichrome », beaucoup plus rouge, plus flatteur pour les Chinois.Plus subtiles, les différences entre une perception des couleurs « nordique » (neutre-limite froid) et la chaleur d’une ambiance « méditerranéenne » préférée dans les pays de l’Europe du sud. La qualité de reproduction des couleurs dépend des deux facteurs 1. La saturation des couleurs et 2. La fidélité de restitution.
Il est de toute façon préférable d’afficher une saturation des couleurs moyenne proche de 100% et de pouvoir l’accroître ensuite. J’ai constaté que j’ai souvent besoin d’effectuer une modification locale, et non pas globale, de la saturation, opération qui se fait mieux à partir d’une image pas trop saturée. Pour la fidélité des couleurs, il y a moins d’ambiguïté. Le but est de restituer les couleurs réelles d’une scène avec un maximum de précision, autant plus important lors des prises de vues publicitaires. Les capteurs ont souvent tendance à saturer les rouges et les jaunes ce qui peut générer ensuite des zones posterisées et sans détail. Pour explorer les différences des logiciels de conversion, je me suis servi de l’excellent logiciel d’analyse de Norman Koren, « Imatest » qui permet une analyse poussée de la reproduction des couleurs d’une mire « Colorchecker » de Gretag Macbeth. Il est ainsi possible de quantifier la saturation des couleurs et les écarts dans la restitution des couleurs, exprimés en « Delta E ». J’ai analysé uniquement des fichiers convertis au préalable dans un espace de travail Adobe RVB 1998, bonne base de départ pour un photographe souhaitant modifier ses photos dans Photoshop.
Une illustration du module Colorchecker d'Imatest qui montre les résultats pour la restitution des couleurs d'un EOS 20D sous ACR 2.4. On déchiffre la saturation moyenne (106.1%), une très bonne valeur et l'erreur moyen pour la couleur qui est de delta-E = 4.39, également excellent...

 

Saturation et fidelité des couleurs

Exemple D60

Exemple D60

En analysant les résultats obtenus à l’aide du logiciel "IMATEST" et de son module "Colorcheck", il était possible de détecter des différences notables entre les logiciels de conversion. J’ai laissé tous les réglages des logiciels sur les réglages par défaut, le but étant de découvrir quel outil permet le meilleur résultat sans se perdre dans les fonctions sophistiquées de chaque logiciel.

La valeur idéale pour la saturation des couleurs étant 100 %, j’ai interprété les écarts pour établir mon classement. L’erreur en delta-E doit être le plus réduit possible pour assurer une correspondance des couleurs satisfaisante. Je considère qu’un écart important de la valeur delta-E est bien plus grave qu’une saturation perfectible et j’ai ainsi donné deux fois plus d’importance à cette dernière valeur.

1. Adobe Camera Raw 2.4
2. Pixmantec Raw Shooter Essentials 1.1.1
3. Nikon Capture 4.0 et Phase One C1Pro 3.6
4. Canon Eos Viewer Utility 1.2
5. Canon DPP 1.5 et Bibble 4.2.2
6. Helicon Filter 2.03
7. Breeze Browser Pro 1.1
Vous pouvez consulter les résultats en détail ici

 

Conclusion
C‘est le Plug-in « Adobe Camera Raw »2.4 de Photoshop CS qui remporte ici la victoire avec des couleurs précises et une saturation des couleurs toujours très justes. Son moteur est partagé par le Photoshop du « pauvre », Elements 3, allégé juste de quelques fonctionnalités plus sophistiquées comme la correction des aberrations chromatiques, du vignettage et l’onglet « Calibrate » qui permet de personnaliser les profiles ICC intégrés. La deuxième place est occupée par « Raw Shooter Essentials », « Newcomer » qui vient de faire ses premiers pas et qui éblouit avec ses performances solides. Ce n’est pas étonnant, vu son pedigree. Son éditeur, la société « Pixmantec »a été fondé par deux anciens de Phase One, dont le chef du développement PC. Mais Phase one n‘est pourtant pas autant distancée par son rival, puisque le logiciel « Capture One « suit dans le classement avec « Nikon Capture 4 », tous les deux dotés d’une bonne capacité à restituer les couleurs d’origine. « EOS Viewer Utility » 1.2 et « Canon DPP » 1.5 suivent derrière avec des couleurs encore fidèles, avec toutefois (bizarrement) un petit avantage pour EVU, moins professionnel que son grand frère plus récent et plus complet.
« Bibble 4.2 » n’est pas loin derrière avec un rendu moins «Velvia » que les versions précédentes et un nouveau moteur pour a balance des couleurs. Il en gagne enfin sa qualification pour les prises de vues publicitaires qui nécessitent une bonne précision pour la reproduction des couleurs. La saturation reste néanmoins toujours un peu élevée. «Helicon Filter»2.03 et «Breeze Browser Pro» 1.1 ferment la marche avec des résultats plus disparates. « Helicon Filter » est une application qui n’offre à ce jour aucun système de gestion des couleurs complet et dispose d’une orientation plus grand public que ses confrères. « Breeze Browser Pro » mérite à peine son appellation « Pro » pour la restitution des couleurs. Ses performances sont à peu près correctes pour les fichiers Canon, Canon SDK et profiles « Digicam » obliges, mais laissent à désirer pour les autres boîtiers comme le Pentax *IST D…

 

Bruit
Le bruit d’image fait partie des obsessions des photographes numériques. Et ils n’ont certainement pas tort puisque le phénomène était et reste encore très répandu à haute sensibilité et sur les petits capteurs qui équipent les appareils compacts numériques, souvent appelles « photoscopes » comme pour souligner leur non appartenance à la famille des appareils photo. Il est véritablement inadmissible que les fabricants d’appareils numériques s’efforcent à bourrer leurs capteurs de pixels sans pour autant augmenter leur taille physique. Il est en effet moins cher de fabriquer de petits capteurs puisqu’on peut en placer d’avantage sur un " wafer". Par ce souci d’économie les constructeurs se voient contraints d’adopter des algorithmes de réduction de bruit de plus en plus raffinés. Les processeurs internes des boîtiers sont de plus en plus puissants et souvent multi tâches pour optimiser ‘image lors de la conversion interne vers le format Jpeg. Mais comment gérer le bruit lorsqu’on travaille en Raw et effectue le traitement de conversion sur son ordinateur. Dans ce cas c’est primordial que le logiciel intègre lui-même ces algorithmes pour lutter contre le bruit d’image.
Celui-ci est d’autant plus important que la sensibilité augmente. Un capteur possède une seule et unique sensibilité et toute augmentation de sensibilité désavantage le rapport signal/bruit. Le bruit augmente et génère un semblant de « grain » qui peut garder un aspect agréable (on se souvient du grain d’une Tri-X, important, mais bien dessiné..) ou devenir visuellement gênant. Cela dépend de l’importance du bruit et de sa nature. Le bruit « monochromatique « (luminance) est beaucoup moins perturbant puisqu’il ressemble au grain d’une pellicule noir et blanc. Sa diminution entraîne une perte de « piqué » ! Le bruit coloré perturbe davantage et se « nettoie » beaucoup moins bien. Généralement un appareil photo numérique produit un mélange des deux, le but d’un bon traitement de bruit est d’atténuer le bruit de chrominance en homogénéisant le bruit des trois couches, habituellement le plus fort pour la couche bleue et le plus faible pour la couche verte. Sur ce point on aperçoit de grandes différences parmi les logiciels de conversion et mon test tente de quantifier ces différences.

 

La partie de la mire Kodak Q-13 servant comme base de travail
J’ai entrepris mes mesures du bruit à partir des prises de vue d’une charte Kodak Q-13, analysées ensuite à l’aide du logiciel « Imatest »et sa fonction « Stepchart » qui permet de quantifier le nombre de pixels à la dérive par rapport aux fonds uniformes des patches gris. Il ne suffit pas seulement d’obtenir de bonnes notes pour le pourcentage de pixels altérés, mais de disposer d’une bonne homogénéité des résultats afin de produire un grain le plus uniforme possible. Les photographes le savent : Le bruit n’est, comme le grain d’une pellicule, pas gênant, lorsqu’il forme une texture uniforme pour se dissimuler dans l‘image. Un niveau de bruit légèrement supérieur ne signifie donc pas « la fin du monde » si le fabricant parvient à « linéariser » les courbes des trois couches RVB et de la couche luminosité (Y).
Cette discipline n’est pas maîtrisée par tous les logiciels et certains parmi eux se remarquent par un ajustement quasi parfait entre les couches. Ces mesures ont été prises avec tous les outils de réduction de bruit remis à zéro. Sachons qu’il existe quelques logiciels qui tâchent à réduire le niveau de bruit en interne et ceci avec toutes les fonctions de suppression de bruit désactivées. Nikon Capture, Capture One, Adobe Camera Raw et RSE en font partie. Il est donc impossible de décommander cette option, mais qui voudra, vu les résultats de cette politique d’éditeur…. Découvrez les résultats en détail ici
EOS 1DS Mk2/ACR 2.4
EOS 1DS Mk2/Helicon Filter 2.4
Exemple qui illustre deux cas typiques : Un niveau de bruit assez élevé en moyenne, mais homogène côté gauche et un bruit plus réduit mais finalement moins homogène et donc plus gênant côté droit. Il est évident que l’idéal se trouve …..à gauche !!!
Une synthèse des résultats
Toutes les mesures ont été établies à la sensibilité minimale de l'appareil hors réglages personnalisés et avec les réglages pour la suppression du bruit des logiciels désactivés ou réduits au minimum si la désactivation est interdit par le logiciel !

Canon 1DS
ACR
C1Pro
RSE
DPP
Bibble
Canon EVU
Helicon Filter Pro
Breezebrowser Pro

 

Canon 1DS Mk2
C1Pro
ACR
Breeze Browser Pro
Bibble
Helicon Filter
RSE
Canon EVU
Canon DPP

 

Canon 20D
RSE
C1Pro
ACR
DPP
Bibble
Helicon Filter
Canon EVU
Breezebrowser Pro

 

Nikon D1X
C1Pro
Nikon Capture4
Helicon Filter
ACR
Bibble
Breeze Browser Pro

 

Nikon D100
RSE
Nikon Capture 4
C1Pro
ACR
Helicon Filter
Bibble
Breeze Browser Pro

 

Nikon D2H
Nikon Capture4
RSE
C1Pro
Helicon Filter
ACR
Bibble
Breeze Browser Pro

 

Fuji S3
ACR
C1Pro

 

Pentax *IST D
RSE
ACR
C1Pro
Bibble
Breezebrowser Pro
Helicon Filter

 

1. Nikon Capture 4 et Phase One C1 Pro 3.6
2. Pixmantec Raw Shooter Essentials 1.1.1
3. Adobe Camera RAW 2.4
4. Bibble 4.2.2
5. Helicon Filter 2.03
6. Canon DPP 1.5
7. Breezebrowser Pro 1.1 et Canon EVU 1.2

 


 

Conclusion
Les résultats pour le bruit ne sont guère étonnants. Ce sont toujours les ténors au niveau de la restitution des couleurs qui délivrent les meilleurs résultats. Les logiciels Adobe Camera Raw, C1Pro, RSE et Nikon Capture intègrent des algorithmes de traitement de bruit qui agissent même sans votre autorisation et qui parviennent à minimiser le bruit chromatique tout en conservant un niveau de détail suffisant. Nikon Capture 4 est un des meilleurs choix pour les boîtiers Nikon avec une réduction du bruit notable et une très bonne homogénéité entre es quatre couches (R, V, B, Y), garantissant ainsi des images très propres, nécessaires, vu que la marque emploie jusqu’à peu de temps des CCD et prône un rendu un peu plus « rugueux » que son concurrent, Canon. Celui-ci propose toujours des logiciels qui ne se situent pas parmi les meilleurs outils pour traiter les fichiers bruts de a marque. Il reste du chemin à faire pour la marque et elle devrait s’associer à un vrai spécialiste comme Phase One ou Pixmantec. Ces deux sociétés, la deuxième fondée par deux anciens de Phase One, imposent la suprématie danoise sur le marché des logiciels RAW. Leurs algorithmes de traitement font des merveilles ave les fichiers RAW de la plupart des marques, le nouveau dernier dépassant parfois son grand rival. Le logiciel Capture One ne donne pas le meilleur de lui-même en association avec les fichiers « RAF » du Fuji S3, signe d‘une intégration un peu hâtive de ce boîtier dans son « pool » d’appareils compatibles. Le logiciel « Adobe Camera Raw », module de « Photoshop CS », suit avec de très bons résultats. « Bibble 4.2.2 », logiciel doté d’un flux de travail vraiment performant et des outils astucieux, souffre d’un niveau de bruit chromatique (« chroma noise ») mal corrigé, mais offre comme les autres logiciels performants des outils pour le combattre…. »Helicon Filter »se bat honorablement et dispose en prime des algorithmes de traitement de bruit parmi les plus performants du marché, prêt à diminuer le bruit non réduit lors de la conversion RAW, « powered by DCRaw ». « Breeze Browser Pro » reste un des derniers, malgré son dispositif « SmNR », applicable à posteriori. Je suis déçu par les logiciels Canon qui ne font pas d’effort particulier pour optimiser les performances des appareils de la marque et laissent le champ libre aux autres !
Exemple pratique à 800 ISO

 

Canon D60, EF 1.4/50, F8, 1/500 s, ISO 800, RAW

Exemple D60

 

 

 

Découvrez les résultats en détails ici

 

Mesures réalisées avec

 

"Pique visuel"et Aberrations chromatiques
Chaque logiciel gère les paramètres de l'accentuation différemment. L'accentuation fait,tout comme la réduction des aberrations chromatiques, partie des algorithmes de dématriçage et ne peut quasiment jamais être désactivé. Mais certains logiciels vont pus loin que d’autres ce qui peut devenir gênant pour la post production si ce renforcement crée des artefacts imprévus. Ceci n’est le cas avec aucun des logiciels en position « renforcement par défaut », rassurez-vous. Au moins, je n’ai rien vu de tel lors de mon test avec l’EOS 10D. Ici, seul EVU de chez Canon offre une position ou aucun renforcement n’est appliqué, tous les autres logiciels renforcent toujours un peu, malgré l’option désactivée ! Certains logiciels permettent une meilleure exploitation de la netteté puisque la gestion du bruit est si finement dosée qu’on puisse aller loin (c’est notamment le cas avec C1Pro, ACR 2.3+ et RSE).
Les aberrations chromatiques dépendent de l’objectif employé, du sujet (zone de contraste élevé et la position dans le cadre (ils deviennent plus fortes dès qu’on s’éloigne du centre optique). Une partie des logiciels de conversion intègrent des algorithmes qui minimisent l’ampleur des franges chromatiques sans dégrader la résolution optique. «C1Pro», «RSE» et « Helicon Pro» brillent ici par une diminution visible des aberrations chromatiques et ceci avant d’avoir utilisé des outils spécifiques (« Helicon Pro 2.4» propose dorénavant un outil très performant pour corriger ce défaut optique. ACR 2.4, Bibble 4.2 proposent également des outils dédiés, mais je me suis abstenu de tester cette option, mon but étant de comparer les logiciels dans leur «état brut».
Exemple Mesures Canon EOS 10D

 

 
Résolution en LW/PH
Aberration chromatique (CA) en pixels
ACR
831
0.20
Bibble
710
0.21
C1Pro
873
0.09
DPP
879
0.20
EVU
648
0.15
RSE
1236
0.09
Helicon Pro
1171
0.08

 

Interface et Ergonomie
« Raw Shooter Essentials », un logiciel très récent puisque apparu qu’il y a quelques mois, est devenu un concurrent direct de C1Pro dans le monde PC. Cette application offre tout ce qu’il faut au niveau des outils d’édition tout en restant gratuit dans cette « Edition Essentielle ». Il est pourtant prévu une version payante qui offre de fonctionnalités supplémentaires pour satisfaire même le professionnel le plus exigeant. Force est de dire que RSE brille par la justesse de ses profiles ICC, la puissance de ses outils de renforcement et traitement de bruit et par son interface dépouillée, mais riche en possibilités. Au lieu de proposer le duo "classique" Courbes/Niveaux, ce logiciel propose d’autres outils capables d’effectuer le même travail, en plus simple. La commande "Fill Light" pour déboucher les ombres et les commandes "Highlight Contrast " et " Shadow Contrast" permettent de modifier les valeurs, aidés par un histogramme qui s’adapte en temps réel. Une function diaporama (« Slide Show ») permet de faire un tri et de classer les images en trois groupes (1,2 et 3) selon affinité. La commande du traitement par lot permet, tout comme C1Pro, d’attribuer des paramètres individuels à chaque image. La vitesse de traitement lui procure une place parmi les plus productifs. Globalement, RSE produit une excellente qualité tout en préservant une simplicité et rapidité de conversion. « Bibble 4.2 », la dernière mouture du logiciel de Bibblelabs, est un logiciel avec de fonctionnalités complètes, rivalisant avec C1Pro de Phase One. Cette application est disponible pour trois systèmes d’exploitation, Windows 2000/XP, Mac OS X et Linux, compatibilité unique pour ce genre de logiciel.
Son interface utilisateur n’est pas seulement riche en outils, mais peut s’adapter à sa façon de travailler. Il est possible d’exécuter différentes « batch queues « afin de traiter ses photos par lots multiples dotés de leur propres paramètres de conversion. L’impression directe est également proposée ce qui facilite l’impression d’un tirage de lecture directement à partir du fichier RAW. L’application est entièrement piloté par un système de gestion des couleurs ICC (moniteur / profile d’entrée / espace de travail/profile d’impression). Les profiles ICC d’origine peuvent être complétés par des profiles tiers. Un excellentissime outil Courbes/Niveaux ainsi qu’une panoplie complète d’outil pour ajuster la balance des blancs, la netteté, corriger les couleurs, le bruit et l’aberration chromatique ont été conçus par l’éditeur. La fonction « Highlight Recovery » permet de récupérer de l’information dans les hautes lumières. La rapidité d’exécution n’est pas en reste. « Bibble » est le lièvre par excellence parmi les convertisseurs de fichiers bruts. Aucun concurrent ne peut se mesurer avec lui sur ce point, même s’il faut préciser que « Bibble » privilégie la rapidité au détriment de la qualité finale des résultats. Mais la qualité obtenue n’est pas du tout ridicule, des différences notables avec les meilleurs du genre (C1Pro, RSE, ACR) sont uniquement détectable sous un regard très (trop) critique. Une description plus précise du logiciel se trouve ici.
RSE 1.1.2
ACR 2.4
Bibble 4.2.3
« Helicon Filter Pro » est à la base un logiciel traitant le bruit, un peu comme « Noise Ninja »et « Neat Iimage », mais se révèle très séduisant comme logiciel de conversion RAW. Il intègre les algorithmes « dcraw »de Dave Coffin ce qui lui procure une compatibilité avec une multitude d’appareils. L’interface utilisateur et le « flux de travail » résultant nécessitent un peu d’adaptation mais s’avèrent bientôt conviviales et pratiques. Le flux de travail suit en fait l’arrangement de différents onglets de gauche à droite : Réduction du bruit, suppression yeux rouges, luminosité, couleurs, aberrations chromatiques, renforcement, recadrage interpolation, rien lui manque, les outils sont puissants et complets. Tout juste on pourrait reprocher à «Helicon» d’avoir employé des outils jusqu’à maintenant inédits parmi les logiciels photo, des chartes (maps) et égalisateurs (equalizers)... Mais tout cela fonctionne plutôt bien, malgré un support ICC quasi inexistant. On cherche en vain un navigateur de fichiers qui facilite le tri et l’ouverture des fichiers mais apprécie spécialement le traitement par lot qui permet d’accélérer le rythme de travail. Un article plus exhaustif sur « Helicon Filter Pro » se trouve ici.
«Adobe Camera Raw 2.4»est vraisemblablement la dernière version du module d’Adobe qui sera compatible avec Photoshop CS, la version 3.0 annoncée sera exclusivement utilisable ave la version CS 2 prochaine. Dommage, d’autant que l’éditeur a créé un module RAW vraiment pratique, performant et convivial, qui s’intègre dans l’interface générale de Photoshop CS. Voilà, j’ai mentionné un des points forts du logiciel : ici, point de nécessité d’apprendre l’utilisation d’un logiciel tiers pour traiter le RAW. Les fichiers bruts s’affiche en forme d’aperçu dans le navigateur de Photoshop et il est même possible de lancer un traitement par lot à partir du navigateur de fichiers, sous condition d’avoir préalablement établi un script. Camera Raw fonctionne avec des profiles ICC génériques déjà très précises qui peuvent être «customisés»à l’aide des outils de l’onglet «Calibrer». Et quels outils, tout y est. Les outils classiques pour modifier les couleurs, le point blanc , le contraste et la luminosité à part, on trouve des spécialités tels les outils pour corriger le vignettage, le bruit et les aberrations chromatiques. Des algorithmes très sophistiqués pour l’interpolation de taille délivrent une qualité supérieure aux algorithmes « bicubiques » de Photoshop. Vous trouvez des informations concernant "Adobe Camera Raw" ici.
 
C1Pro 3.6
Canon DPP 1.6.1
« Canon Eos Viewer Utility » (EVU) est le successeur de l’ancien navigateur de fichiers RAW, File Viewer Utility. Bien qu’offrant quelques améliorations par rapport à l’ancienne version, EVU partage encore ses lacunes, notamment sa lenteur et la pauvreté de ses outils de retouche. Depuis que DPP est compatible avec la quasi-totalité des fichiers RAW de la marque( v.1.6.1), il ne reste plus aucun argument à EVU, qui ne permet même pas de choisir un profil écran pour homogénéiser l’affichage avec des applications ayant adopté la gestion des couleurs ICC.
"Nikon Capture" est un « must » pour chaque utilisateur d’appareil Nikon, souvent le meilleur moyen d’améliorer la qualité des images un peu faible en Jpeg. NC4 est une application très riche en outils, qui permet de décrypter toutes les metadonnées incrustées dans un fichier NEF. Nikon Capture souffre néanmoins un peu au niveau de la vitesse de conversion et de son interface. Celle-ci est constituée de plusieurs barres d’outils qui encombrent le bureau et cachent l’image à traiter. C1Pro et RSE offrent une interface plus agréable, un traitement plus véloce et surtout la possibilité d’utiliser des paramètres de développement différents pour chaque image.
Canon « Digital Photo Professional » (DPP) est la première tentative de Canon pour proposer un logiciel de conversion. La marque a enfin établie un flux de travail digne de ce nom. »DPP », bien que moins complet et performant que les ténors du marché, offre une intégration dans la gestion des couleurs ICC et une vitesse de conversion accrue. L’interface principale montre les images d’un dossier en mode planche-contact. Il suffit d’effectuer un double-clic sur une image pour l’afficher en grand ainsi que les outils d’édition proposés. On peut trouver notamment des fonctionnalités pour corriger la densité (EV), la balance des blancs (pipette, température de couleurs, préréglages) et Courbes ainsi que des curseurs pour ajuster la teinte et la saturation des couleurs. Au début, on cherche sans succès l’outil renforcement : Il est caché dans la fenêtre « Enregistrer sous » !! Les fichiers sont convertis un par un ou par lot, la commande traitement par lot ne permet pas la prise en compte de paramètres individuels pour chaque image. DPP est néanmoins beaucoup moins performant que RSE, comme lui gratuit..... Un article détaillant DPP v.1.0 se trouve ici.
« Breeze Browser Pro », souvent « lanterne rouge » dans mon comparatif de qualité de conversion, est davantage navigateur de fichiers universel que logiciel de conversion. Le module RAW est un peu pauvre en possibilités et les options dépendent du modèle et de la marque de l’appareil, BBP utilise les algorithmes Canon SDK et dcraw pour les autres. Malgré l’adoption de la gestion des couleurs, les profiles ICC d’entrée sont souvent d’une qualité inégale et l’interface n’est pas très explicite et claire. « Breeze Browser Pro » est donc idéal pour a visualisation rapide, le tri et la sauvegarde des données EXIF de ses fichiers RAW, pour la conversion il existe des concurrents offrant une qualité bien meilleure. Dommage, car « Breeze Browser Pro » offre des outils et fonctionnalités intéressants comme la SmNR (suppression de bruit) et la « Combined Conversion » (combinaison de deux développements, linéaire et standard). Si vous souhaitez apprendre davantage sur BBP, vous pouvez consulter mon article ici.
"Capture One" de l’éditeur danois Phase One est un de mes logiciels « fétiche », au point de lui confier le gros de ma production. Il est probable que cette familiarité vient de l’époque ou j’ai découvert les dos Phase One « Lightphase » et le logiciel les accompagnant. Capture One, le successeur du logiciel Lightphase, a été conçu pour les photographes. Il obéit à une logique photographe et non pas scannériste ou professionnel du secteur pré presse. Son flux de travail est un modèle du genre, malgré une version Mac OS X légèrement mois convivial et ergonomique. C1Pro, son deuxième nom, est le premier logiciel de conversion qui permet d’effectuer un traitement par lot permettant de déterminer des paramètres de conversion différents pour chaque fichier image. Ceci permet de travailler un grand nombre de photos une après l’autre en tâche de fond. Vous n’êtes donc plus bloqué par un seul traitement et ceci permet de gagner un temps considérable, temps qui manque toujours au photographe désirant se concentrer sur l’essentiel, la prise de vue et le démarchage de nouveaux clients. Capture One est un « full service converter » qui permet, le dépoussiérage à part, de finaliser le fichier pour l’impression. Pour permettre ceci il offre une multitude d’outils, différemment riches selon la version du logiciel. Il en existe trois, les distributions LE, SE et Pro, qui diffèrent par les fonctions mises à disposition et non pas sur la qualité de conversion, parmi les meilleures disponibles. Phase One annonce l’abandon de la version SE et laisse donc encore les versions LE et Pro dans le programme, la première étant une version « light » qui limite la file d’attente du traitement par lot à 20 fichiers et qui est seulement compatible avec les formats RAW des appareils semi professionnels. Capture One se voit concurrencé sur sa version PC par « Raw Shooter Essentials » de Pixmantec, fondé par deux déserteurs de Phase One et qui est, en surcroît, proposé gratuitement…. Trouvez des informations plus pointues ici (Tutorial C1Pro) et là.

 

 

Tableau Comparatif

 

Fonctions

Nikon

Capture 4

Canon

EVU 1.2

Canon

DPP 1.5

Adobe

ACR 2.4

Breeze Browser Pro 1.1

Bibblelabs

Bibble 4.2.2

Helicon

Filter Pro 2.4

Phase One

C1 Pro 3.6

Pixmantec

RSE 1.1.1

OS
Mac/PC
Mac/PC
Mac/PC
Mac/PC
PC
Mac/PC/Linux
PC
Mac/PC
PC
Appareils compatibles
Nikon
Canon
Canon
beaucoup
beaucoup
beaucoup
beaucoup
beaucoup
beaucoup
Profils ICC génériques / Personalisés
G
G
G
G
G+P
G+P
G
G+P
G+P

Gestion des Couleurs Image/Moniteur

I/M
I
I/M
I/M
I/M
I/M
*
I/M
I/M
 Navigateur de fichiers
 Nikon View
 O
 O
 Photoshop
 O
 O
 N
 O
 O
 Pipette Balance
 O
 O
 O
 O
 O
 O
 O
 O
 O
 Courbes
 O
 N
 O
 Photoshop
 N
 O
 O
 O
 N
 Niveaux
 O
 N
 O
 O
 O
 O
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 Température de couleur
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 Fill Flash
 Digital DEE
 N
 N
 O(PS)
 N
 Highlight Recovery
 N
 N
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 Recadrage/Interpolation
 O/O
 N/N
 N/N
 O(PS)/O
 N/N
 O/O
 O/O
 O/O
 N/N
Vignettage
 N
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 N
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 N
 N
AberrationChromatique
 N
 N
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 N
Traitement par lot/ paramètres individuels
 O/N
 O/N
 O/N
 O(PS)/N
 O/N
 O/O
 O/N
 O/O
 O/O
 Traitement du bruit
 N
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 Sortie 16 bits /couche
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 Prix
200 € 
Gratuit 
Gratuit 
Photoshop CS 
 59.95$
129 $ 
 19.95 ou 49.95$
 499 €
Gratuit
 Site Web