SONY DSC-T1

Encore à l’école, je suis tombé un jour sur des gravures d’un illustre artiste du siècle précédent (à ma grande honte, j’ai oublié son nom), dont j’ai dû faire les reproductions du livre, qui représentait des scènes d’Egypte autour des pyramides et autres temples, avec des lumières des plus sublimes. Certes, les compositions étaient des plus arrangées, ce qui est l’avantage des peintres, mais, à jamais je fusse marqué par ces images et je crois que le sens du mot « lumière » m’est apparu ce jour là. Mais voilà, le temps avance et les techniques aussi. Nous sommes à l’ère numérique et aujourd’hui il est très facile de « faire » une image d’un simple déclenchement. Sans débattre, il me semble (pour le type de matériel analysés dans ces lignes) que la simplicité domine au détriment de l’image. Combien penseront retravailler leurs images chez eux.

Dès la première prise en main, une fois encore, on est séduit par le côté bijoux de l’appareil. Le boîtier est extra plat, ce qui a été rendu possible par l’utilisation du principe périscopique de l’objectif. Ainsi, l’objectif zoom ne sort pas du boîtier et un très élégant cache métallique vient se glisser devant pour le protéger lorsque l’appareil est au repos. Un superbe étui à cigare ouvert que l’on vous proposera dans une soirée mondaine n’aurait pas autant de classe que cet appareil dans votre main. D’ailleurs puisque l’on parle de main, il faut savoir que le Sony T1 ne possède pas de viseur optique (une des autres raisons qui le rendent si plat), mais un écran géant (je pèse mes mots) sur la face arrière. Cet écran est rétro éclairé, ce qui en rend la lecture confortable même en cas de soleil dans le dos. Mais il est obligé pour tout utilisateur de prendre ses images à bout de bras, ce qui s’avère impossible après un cent mètres ! Je vous l’accorde, on est probablement peu nombreux à courir cette distance l’appareil à la main, et Sony n’a jamais destiné cette beauté à un usage sportif ! Toutefois, un entraînement, notamment dans la position des bras sur le corps, s’impose pour éviter les flous de bougé.

Le panneau de commande à l’arrière du boîtier est assez convivial, et l’accès aux différents menus reste simple. Heureusement pour ce genre de matériel, plutôt destiné au grand public qu’aux professionnels (même si nous pouvons très bien imaginer ce très discret modèle aux fond d’un fourre-tout comme bloc-notes). L’absence de fichiers RAW parmi les types de fichiers proposés est grisant pour celui qui souhaite de manière « laborifique » travailler ses images, mais SONY n’a pas vraisemblablement pas voulu viser ce genre de « photopixelomaniacodépressifnonpro » (cette appellation n’est pas contrôlée).

Me voilà parti dans la nature avec mon bijou sous le bras, ou plutôt dans la main, convaincu de séduire tout ce que mon quartier compte de stars et starlettes. Mais personne ne l’a remarqué. Tout de suite, je me libère du mode « auto », ne supportant pas qu’un matériel ne fasse des choix à ma place. Sensibilité au minimum (pour éviter le bruit), zone de mise au point centrale (au moins pour savoir où on le fait !), flash off.

Tous les résultats sont convaincants pour ce genre de boîtier. Pour ce modèle 5 Mpix., qui permet un tirage A3 sans difficulté, il est possible de choisir, par exemple, mode N/B :

Il est toutefois préférable de réduire une image couleur vers une image N/B via Photoshop (voir l’article de mon ami et collègue Volker Gilbert ).

Auto-Portrait de l'auteur

Données techniques :

Capteur 5 million de pixels ; objectif Carl Zeiss Vario Tessar 6,7-20,1 mm (38-114mm en format 135) f/ 3,5-4,4 ; exposition auto, plus 8 modes scène ; balance des blancs auto, lumière du jour, nuageux, fluo, tungstène, flash ; enregistrement format JPEG ; écran TFT 6,2 cm !; taille, 47x30x80mm pour 170g !

De nombreuses options sont proposées : outre l’exposition auto, il est possible d’opter pour l’exposition « Program », qui permet de se libérer des automatismes imposés par la machine, ce qui n’est pas plus mal. En effet, rien n’est plus désagréable que de voir son matériel décider pour vous la zone de mise au point, la sensibilité ISO, déclencher le flash, et j’en passe (dans un autre article j’ai déjà dit cela). Mais par chance, tout est paramétrable.

(Les photos representées n'ont pas été retravaillées .)